Périple en Asie : Le Népal

Notre collègue Sébastien Haineault de FADOQ – Région Laval parle en images et en mots de son périple en Asie…

Voyage au Népal : L’expérience des montagnes himalayennes

Le Népal offre les plus beaux paysages sur terre. Lorsque vous aurez vu les photos, je n’aurai pas à vous convaincre ! Ce qui est le plus merveilleux avec la région de l’Himalaya, c’est que le seul moyen de s’y rendre est la marche. Ça nous assure une sécurité sur les sentiers et nous permet aussi de rencontrer beaucoup de gens passionnés de plein air.

Je ne vous cacherai pas que pour pouvoir admirer ces supers décors, j’ai dû passer par l’épreuve la plus dure de ma vie, physiquement et mentalement, mais ô combien motivante lorsqu’on se levait le matin et qu’on voyait nos montagnes. Nous étions un groupe québécois de dix personnes accompagnées d’un guide québécois, d’un guide local et de dix autres porteurs pour nos équipements plus lourds. Notre but : gravir la montagne vers le camp de base de l’Everest, plus de 3000 mètres de montée puisque le départ était à une altitude d’environ 2000 mètres.

Nous étions bien préparés, environ six mois de lecture et d’adoption d’un mode de vie sain. Cette préparation allait garantir notre réussite, car lorsque nous sommes arrivés à la montagne, on s’est rendu compte que les gens ne se sont pas informés sur celle-ci ! À vrai dire, le problème est que les voyageurs montent en altitude trop vite. Plusieurs tentent de se rendre au camp de base en quatre ou cinq jours sans prendre le temps de s’adapter à l’altitude. Chaque 1000 m d’ascension doit être inévitablement suivi d’une journée de repos. Donc, deux jours au moins à la même altitude. C’est donc devant cette réalité méconnue ou ignorée par la plupart des randonneurs que je me suis buté à beaucoup de gens malades. Les gens ont de gros maux de tête et ils doivent absolument descendre à un niveau plus bas. Beaucoup perdaient le sourire et mettaient leur santé en danger. J’étais content d’être bien préparé par mon guide avant de partir. Au Népal au mois de mars (en montagne), il peut faire facilement moins de 0° Celsius. Le chauffage est absent, il faut donc avoir de bons équipements avant le départ. La nourriture est toutefois excellente et en grande quantité. Les prix sont toujours bien. Un peu plus de 5$ par repas et de plus en plus chers en montant en altitude.

De mon côté, c’est plutôt le manque d’oxygène (près de 50% moins) qui m’a posé problème. Je n’arrivais pas à récupérer au niveau de mes mollets qui étaient toujours endoloris. J’ai dû faire la croix sur plusieurs sommets de montagnes alternatifs. C’est donc la combinaison du froid, du manque d’oxygène, des longues heures de marche quotidienne et du décalage horaire qui, je crois, ont fait en sorte que j’ai dû prendre plus mon temps que prévu. J’ai dû parfois même, bien malgré moi, quitter le groupe (et le retrouver plus tard) pour aller plus lentement, à mon rythme. Marcher en montée à une telle altitude doit être fait à une vitesse très lente (4 fois plus lente que la descente dans mon cas). Je crois que si j’avais été plus vite, comme les voyageurs malades que j’ai rencontrés, je n’y serais jamais arrivé.

Malgré tout, je vous confirme tout de même que j’ai atteint mon rêve de faire un trek à plus de 5000 mètres d’altitude. Moi et ma copine avons investi 18 jours de marche, dont deux jours de repos (jours d’acclimatation), 13 jours de montée et trois jours pour redescendre. La descente a été pour moi très facile. Retrouver de meilleurs taux d’oxygène m’a permis de descendre à une bonne vitesse. L’Académie Haute Montagne  m’a aussi donné de précieux conseils sur la randonnée en plein air. Les courtes capsules vidéos de ce site Web m’ont aussi permis de réussir et je les recommande à toutes personnes qui entreprennent des randonnées. Avec de bons conseils, une bonne santé et un rythme de marche qui nous convient, peu importe le projet de marche ou projet de plein air, je crois qu’il est possible de le réussir.

En ce qui a trait aux Népalais, ils sont tellement fiers de recevoir autant de touristes (car « oui » à mon étonnement la région de l’Everest est très populaire) qu’ils les accueillent avec le sourire et les gâtent beaucoup. En plus de porter nos bagages (avec une corde autour de la tête), ils nous aident à monter et nous servent les repas ! Ils souhaitent être les meilleurs en ce qui a trait au tourisme d’aventure, ce sont des gens très fiers. Pour eux, toutes demandes sont et tous trajets bien tracés sont possibles. Fait cocasse, une journée que j’avais plus de difficulté, un de nos porteurs a transporté mes bouteilles d’eau et mon sac et est finalement venu me border. Vous dire comment j’étais surpris !

Ce que je retiens de ce super pays : les superbes soirées à jaser autour du feu, les bons repas dans des chalets en bois, les longs fous rires causés par la fatigue, les belles discussions avec les locaux généreux de leur temps et la découverte de la culture asiatique et bouddhiste !

En conclusion, le mélange d’autant de difficultés surmontées et de plaisir à regarder les plus belles montagnes du monde me rend l’homme le plus fier au monde. D’abord, j’allais en Himalaya pour me dépasser physiquement, mais j’ai finalement beaucoup plus appris sur mes limites mentales et sur moi-même. Les nombreuses heures à penser en marchant en montagne ou autour du feu nous permettent de réaliser où nous en sommes dans notre vie. Les montagnes nous amènent dans un autre monde là où la nature est maître, là où c’est à nous de nous adapter. L’Himalaya m’aura offert l’environnement pour me permettre de grandir. En bref, le plein air nous permet de nous retrouver avec nous-mêmes !

Salutations des plus sincères,

Source: Sébastien Haineault | FADOQ -Région Laval