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  • 02-12-2016 Quand les seniors deviennent tendance

    Senioractu.com

    Dans sa dernière newsletter de tendances, l’agence NellyRodi, très influente dans le domaine de la mode, fait une analyse très intéressante de la présence de plus en plus récurrente des seniors et des personnes âgées dans l’univers de la mode et du luxe.

    Cela fait déjà quelques années que nous avions souligné sur Senioractu.com, par le biais de plusieurs articles, la présence de plus en plus importante des seniors et des personnes âgées dans l’univers de la mode et du luxe. 

    Une manière pour les marques de montrer à cette clientèle souvent dotée d’un fort pouvoir d’achat qu’elles ne les oublient pas et que leurs produits ne sont pas réservés aux jeunes… qui de toute façon n’ont pas forcément les moyens de se les offrir ! 
      
    Récemment l’agence française NellyRodi, très influente dans l’univers de la mode et faiseuse de tendance, a mis en avant la présence de plus en plus récurrente des personnes âgées dans les campagnes de communication des grandes marques de vêtements et/ou de luxe. 
      
    « Véritables sources d’inspiration pour les marques de luxe – Céline, Prada, Marc Jacobs ou L’Oréal – certaines personnalités à l’image de Joan Didion, de Carmen Dell’Orefice ou plus récemment de l’américaine arty Iris Apfel se muent en icônes de style » indique l’agence NellyRodi. 
      
    Et de rappeler une donnée fondamentale qui explique en grande partie cette nouvelle manière de communiquer de la part des grandes marques : « en matière de pouvoir d’achat, 65% revendiquent adorer les produits de luxe et 62% ont voyagé au cours des douze derniers mois : une véritable opportunité pour les marques de luxe désireuses d’entrer en conversation avec ces futurs clients on ne peut plus captifs ». 
      
    Cette génération silver, active sur les blogs comme sur les réseaux sociaux, adopte désormais les codes des plus jeunes générations. Figure du phénomène, Helen Ruth Elam Van Winkle (aka Baddie Winkle) est une star d’Internet et d’Instagram. Cette américaine âgée de 88 ans (l’une des plus âgée du réseau social) compte 2,5 millions d’abonnés et multiplie les campagnes et les collaborations avec de grandes marques. 
      
    Et l’agence NellyRodi de conclure : « si la génération Silver ne cesse de conquérir le cœur des marques depuis près de dix ans, c’est un tout autre phénomène que l’on observe désormais. Au-delà, de l’aspect économique évident, les Silver sont aujourd’hui une source d’inspiration pour les marques, notamment premium et luxe, mais aussi pour les jeunes générations séduit par ces aînés qui ont su, à leur époque, remettre en question les codes de la société ». 
      
    Et de poursuivre : « il n’est plus question de choc des générations, mais véritablement de communication intergénérationnelle où les ainés, décomplexés et plus que jamais désireux de s’exprimer et de consommer différemment, se réinventent auprès des plus jeunes, allant jusqu’à reprendre leurs codes sociaux, leurs attitudes et leurs marques. Aujourd’hui, seul leur âge et le pouvoir d’achat opposeraient finalement les Millennials à leurs aînés. Le Silver n’a jamais été aussi sexy ! »

  • 28-11-2016 Devenir proche aidant au péril de sa santé

    Louis Gagné - ici.radio-canada.ca

    La presque totalité des proches aidants qui s'occupent d'une personne aînée au Québec admettent que leurs responsabilités ont une incidence sur leur propre santé.

    C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) pour le compte de l’Appui, un organisme qui vient en aide aux proches aidants, et dont les résultats ont été publiés plus tôt ce mois-ci.

    Le document révèle que 99 % des répondants reconnaissent que les soins qu’ils apportent à un aîné ont eu un impact sur leur santé. Ces effets se manifestent principalement sous la forme d’inquiétude ou d’angoisse (37 %), de fatigue (32 %) et de problèmes de sommeil (22 %). De nombreux proches aidants admettent également se sentir débordés (22 %), mécontents (19 %), en colère (19 %) ou déprimés (15 %).

    Ces données sont tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2012 sur les soins donnés et reçus. Avant la rédaction de ce document, les statistiques les plus à jour sur les proches aidants d’aînés remontaient au recensement de 2006.

    Description d’un proche aidant d’aîné

    « Il s’agit d’une personne âgée de 15 ans et plus, ayant fourni, au cours des 12 derniers mois, au moins une heure d’aide par semaine à une personne de 65 ans et plus en raison d’un problème de santé de longue durée, d’une incapacité physique ou mentale, ou de problèmes liés au vieillissement. »

    Impacts financiers

    En plus d’avoir des répercussions sur leur santé, les répondants soutiennent dans une proportion de 68 % que leur rôle de proche aidant a un impact sur leur situation financière. Les dépenses encourues par la prise en charge d'un aîné sont principalement liées au transport, aux déplacements ou à l’hébergement.

    L’enquête de l’ISQ révèle également qu’un répondant sur trois (34 %) a dû réduire son temps consacré aux activités sociales ou aux passe-temps. Une proportion presque identique (33 %) a affirmé avoir réduit le temps consacré à la détente et à soi-même.

    Une majorité de proches aidants prenant soin d’un aîné (57 %) occupaient un emploi en 2012. Parmi eux, plus de 64 % disaient n’avoir aucune flexibilité dans leur horaire de travail.

    Services de répit

    Même si le fait de prendre soin d’un aîné se ressent sur leur santé, leurs finances personnelles et leur vie familiale, les proches aidants sont très peu nombreux à avoir fait appel aux services de répit qui leur sont offerts. Ainsi, 94 % des répondants ont indiqué n’avoir eu recours à aucun de ces services.

    Les proches aidants d’aînés au Québec : faits saillants

    - Plus d’un million de Québécois ont offert, sans rémunération, des soins ou de l’aide à domicile à une personne aînée en 2012

    - 30 % des proches aidants étaient âgés de 45 à 54 ans

    - 58 % étaient des femmes

    - 57 % occupaient un emploi

    - 42 % affirmaient ressentir du stress en rapport avec leurs responsabilités

    Source : Portrait statistique des proches aidants de personnes 65 ans et plus au Québec 2012 

    Description d’un proche aidant d’aîné

    « Il s’agit d’une personne âgée de 15 ans et plus, ayant fourni, au cours des 12 derniers mois, au moins une heure d’aide par semaine à une personne de 65 ans et plus en raison d’un problème de santé de longue durée, d’une incapacité physique ou mentale, ou de problèmes liés au vieillissement. »

    Source : Portrait statistique des proches aidants de personnes de 65 ans et plus au Québec, 2012

  • 25-11-2016 Japon : conducteurs âgés, votre permis contre des nouilles

    Voici une initiative pour le moins étonnante ! Elle nous vient du Japon. En effet, la police nationale vient de lancer une action qui propose aux conducteurs/trices âgé(es) d’échanger leur permis de conduire contre des plats de nouilles à prix réduits.

    La conduite des seniors et plus précisément, celle des personnes âgées est un sujet toujours délicat… En effet, avec le vieillissement des populations, de plus en plus d’ainés se retrouvent sur les routes derrière un volant. 
      
    Pour ces seniors, conduite rime souvent avec autonomie et liberté d’action. Notamment en province et à la campagne où les transports en commun sont moins développés que dans les grandes villes. Ce qui est vrai en France et en Europe, l’est également dans d’autres parties du globe. Et notamment au Japon, pays le « plus vieux du monde ». 
      
    Une récente initiative -parmi d’autres- de la police nationale aborde ce problème d’une manière pour le moins originale. En effet, elle propose aux conducteurs âgés de rendre leur permis de conduire et d’obtenir en échange des pâtes alimentaires (les fameux ramen, base de l’alimentation nippone) à tarifs réduits (-15%) dans l'ensemble des établissements de la chaîne de restaurants Sugakiya. Ces bons donnent aussi droit à une ration de riz et de salade. 
      
    L’idée est naturellement d’inciter les ainés, quelque peu récalcitrants à l’idée d’arrêter de conduire, à laisser leur voiture définitivement au garage afin d’assurer leur sécurité mais également celle des autres usagers de la route. Les autorités espèrent ainsi réduire les accidents de la route liés aux conducteurs âgés…

  • 24-11-2016 Introduction à la cybersécurité : une nouvelle formation à l’intention des aînés offerte en bibliothèque et en ligne

    Source - SERENE-RISC

    Le Réseau intégré sur la cybersécurité de l’Université de Montréal (SERENE-RISC) lance Cybersec 101, un tout nouveau programme d’introduction à la cybersécurité. Conçue spécialement pour les aînés qui sont de plus en plus nombreux à adopter les nouvelles technologies ou à les utiliser pour la première fois. Cette formation bilingue est offerte gratuitement en ligne sur le site cybersec101.ca<http://cybersec101.ca/> et en personne grâce à des partenariats avec des dizaines de bibliothèques publiques de partout au pays.

    Basé sur les plus récents résultats de la recherche scientifique, Cybersec 101 : Introduction à la cybersécurité est un programme unique au pays qui offre aux Canadiens des moyens de prendre le contrôle de leur cybersécurité en leur apprenant à identifier les risques et en proposant des solutions concrètes à mettre en pratique. Au cours des prochains mois, SERENE-RISC formera des dizaines de bibliothécaires de partout au pays afin de les outiller pour qu’ils puissent offrir eux-mêmes la formation dans leur communauté. Les bibliothèques qui souhaiteraient se joindre au projet sont toujours les bienvenues.

    Sur son nouveau site web, cybersec101.ca<http://cybersec101.ca/>, SERENE-RISC offre gratuitement au grand public des vidéos éducatives, des jeux-questionnaires ainsi que des ressources imprimables. Les bibliothèques publiques et les centres communautaires qui souhaitent offrir la formation dans leur milieu sont invités à télécharger les guides du formateur ainsi que le matériel de cours disponibles sans frais sur le site web afin d’implanter la formation dans leur communauté ou pour bonifier leurs activités existantes.

    À propos de SERENE-RISC

    Le Réseau intégré sur la cybersécurité (SERENE-RISC) est un réseau de mobilisation des connaissances créé pour sensibiliser la population à l’égard des menaces informatiques et minimiser celles-ci grâce à la diffusion des connaissances.

    SERENE-RISC réunit des universitaires issus des domaines de l’informatique et des sciences sociales, de même que des partenaires des secteurs public et privé, pour mobiliser le savoir grandissant concernant les risques en ligne, promouvoir les stratégies les plus efficaces et minimiser les conséquences des cyberattaques.

    Les partenaires de SERENE-RISC comprennent 35 universitaires provenant de 21 établissements à travers le Canada, des membres des secteurs public et privé ainsi que des organismes à but non lucratif. Le Réseau est financé par les Réseaux de centres d’excellence au Canada (RCE), et est hébergé à l’Université de Montréal.

  • 21-11-2016 Sucre et Diabète : tout ce que vous devez savoir

    Par Sanofi et Diabète Québec - L’actualité

    Novembre est le mois de la sensibilisation au diabète, et bien que la plupart des gens connaissent la maladie, pour beaucoup, il s’agit encore d’une préoccupation plutôt abstraite. Le diabète est souvent attribué à la génétique, jugé inévitable, ou tout simplement considéré comme une maladie qui ne touche que les personnes âgées ou en surpoids. Force est d’admettre que tout cela est bien loin de la réalité.

    Nous avons discuté avec Dr Jean-Marie Ekoé, endocrinologue, épidémiologiste et Président du Conseil Professionnel de Diabète Québec, afin de mieux comprendre comment cette maladie se développe et ce que nous pouvons faire pour l’éviter ou la contrôler.

    Type 1. Type 2. Qu’est-ce qui est quoi?

    Les deux principaux types de diabète sont de type 1 et 2. « En bref, le type 1 est une maladie auto-immune, tandis que le type 2 est une maladie fortement génétique associée et au style de vie, explique le Dr Ekoé. La différence se situe au niveau de l’insuline, une hormone produite par le pancréas qui prend du sucre du sang et le stocke comme glucose dans le foie, les muscles et les cellules graisseuses. »

    Le diabète de type 1 affecte généralement les jeunes et ne représente que 5 à 10 % de la population. Avec le type 1, le pancréas est incapable de produire de l’insuline, alors que le type 2 est une maladie causée par une résistance à l’insuline. Il y a trop d’insuline dans le corps au départ. Ces taux élevés d’insuline n’arrivent cependant pas à diminuer le taux de sucre (glycémie) élevé dans le sang. A la longue, on aura non seulement une résistance à l’insuline mais aussi une incapacité du pancréas à produire de l’insuline. Il y a donc deux défauts dans le diabète de type 2 : une résistance à l’insuline et une incapacité de production de l’insuline en quantité suffisante pour diminuer la glycémie à des valeurs normales.

    « Dans le cas du diabète de type 2, il est beaucoup plus fréquent que le type 1 et apparaît habituellement à l’âge adulte (après 40 ans). Cela dit, il peut également être découvert dans l’enfance et l’adolescence depuis quelques années, principalement à cause de son association avec l’obésité due à la sédentarité et l’hyperalimentation » précise le Dr Ekoé.

    Nourrir la maladie

    Lorsque les gens mangent des régimes riches en glucides raffinés, ils remplissent essentiellement leur sang avec du sucre puisque ces aliments se décomposent rapidement en sucre une fois à l’intérieur du corps. Le corps répond en produisant de l’insuline pour diminuer le sucre du sang en le stockant. Lorsque nos cellules, surtout celles de la graisse, sont bombardées d’insuline jour après jour, on prend du poids (obésité) elles finissent par devenir désensibilisées à sa présence, ou résistantes à l’insuline. Ce faisant, le taux de sucre dans le sang reste constamment élevé.

    Trop de sucre dans le sang

    Une glycémie élevée de façon chronique peut causer des dommages irréversibles et dévastateurs aux reins, au cœur, aux nerfs et aux yeux, et est en partie responsable des maladies cardiovasculaires, l’obésité, l’ostéoporose, les maladies auto-immunes, le cancer, et même le vieillissement accéléré lui-même.

    Selon le Dr Ekoé, « Pour les diabètes de type 1 et de type 2 un niveau de sucre sanguin trop élevé pendant des années conduit malheureusement à long terme à des complications bien connues comme la cécité (le diabète en est la première cause) ou l’insuffisance rénale aboutissant à la dialyse. »

    Est-ce que ça peut affecter tout le monde?

    Selon notre expert, oui. Toute personne qui consomme un régime déséquilibré trop riche en sucre et/ou en glucides raffinés et est inactive physiquement est à risque de développer cette condition. « Il existe une longue liste de facteurs de risque pour le diabète les principaux étant : l’histoire familiale, l’embonpoint et l’obésité, l’âge, la sédentarité, le pré-diabète, le diabète gestationnel, les immigrants d’origine africaine, asiatique et hispanique, et les populations autochtones. » ajoute le Dr Ekoé.

    On estime qu’un Canadien sur trois est soit diabétique ou pré-diabétique. Approximativement 800,000 personnes sont diagnostiquées diabétiques au Québec et probablement 200,000 le sont sans le savoir.

    Donnez la parole au diabète

    On estime que 3,7 millions de Canadiens, dont près de 1 million au Québec, vivent avec le diabète, une condition sérieuse trop souvent prise à la légère, mais qui, en l’absence de traitement, peut engendrer des complications graves, parfois même fatales.

    Afin de sensibiliser les Québécois sur cet enjeu important, l’initiative « Levez la main pour le diabète » a été mise sur pied. Cette campagne unique en son genre vise à bâtir une communauté engagée, à donner la parole au diabète et à rassembler tous ceux qui désirent enrichir la conversation pour tous les Québécois atteints de la maladie.

    Que vous soyez atteint du diabète, un ami ou un membre de la famille d’une personne atteinte ou même un professionnel de la santé, visitez le site web www.levezlamainpourlediabete.ca pour y trouver des informations pratiques sur la gestion du diabète et les ressources disponibles. Et surtout, partagez votre histoire via une image ou une citation. Donnez la parole au diabète!

    Comment prévenir?

    «C’est en s’attaquant aux facteurs de risque qu’on peut prévenir le diabète. Garder un poids santé et pratiquer de l’exercice physique constituent les bases simples de la prévention du diabète, affirme Dr Ekoé. Manger comme un bûcheron et faire un travail de bureau donnent une équation calorique trop positive…l’obésité et le diabète ne sont pas loin. »

    Bonne nouvelle pour les fans de Pokemon Go! Les chercheurs britanniques du centre de Leicester, spécialisé en recherche internationale sur le diabète voient en l’application mobile une arme fatale contre la sédentarité et l’obésité. L’une des premières recommandations pour prévenir et contrôler le diabète est de pratiquer une activité physique régulière d’au moins 2 h 30 par semaine.

    Comment avoir le contrôle sur son diabète?

    Notre expert reste ferme sur ce point. « Activité physique régulière et saine alimentation sont les bases de tout traitement du diabète dans le but de mieux contrôler le taux de sucre. Ces deux mesures doivent souvent être associées à un traitement par des médicaments qu’on prendra par voie orale ou alors à des injections d’insuline. »

    « Toute personne atteinte de diabète est unique en son genre et le traitement doit être personnalisé. Le traitement du diabète repose ainsi sur la combinaison de plusieurs médicaments avec ou sans injections d’insuline. La période actuelle est d’ailleurs assez faste pour les personnes atteintes de diabète, car de nouveaux médicaments dotés d’une bonne efficacité et d’une bonne sécurité pour le cœur et les vaisseaux font actuellement leur apparition. »

    Quel rôle joue l’accompagnement ou le soutien par les proches et les professionnels de la santé?

    Vivre avec le diabète pose un stress émotionnel, physique et financier énorme, non seulement sur le patient, mais également sur ses proches. Heureusement, des ressources sont à la portée de tous afin d’amortir l’impact de la maladie.

    « Le rôle principal revient au patient et il est impératif qu’il sache rapidement ce que c’est que le diabète et les caractéristiques de son diabète. Connaitre sa maladie, c’est acquérir la première arme qui aidera à la contrôler. L’existence d’un organisme de support structuré comme Diabète Québec est essentielle pour les personnes atteintes de diabète. Lieu de rencontre par excellence, source inépuisable de renseignements sur tout ce qui concerne le diabète, la personne démunie y trouvera réponse quasiment à tout. »

    Malheureusement, la route vers le diabète de type 2 est pavée de délicieuses tentations. Mais si la prévention semble moins sucrée, ce qui est rassurant, c’est que cette maladie potentiellement mortelle n’est ni inévitable ni irréversible. Si vous prenez soin de votre corps dès maintenant, vous y gagnerez au change. Vous pourriez même commencer à vous sentir mieux dès aujourd’hui. Gratification instantanée? On aime!

  • 17-11-2016 «C'est le début du changement dans les CHSLD» - Barrette

    Agence QMI

    MONTRÉAL - Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, promet que des changements seront mis en place dès la fin de semaine dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée du Québec (CHSLD).

    «À partir de samedi matin, c'est le début du changement dans les CHSLD pour tous les aspects», a-t-il dit en entrevue à TVA Nouvelles.

    Le ministre, qui participait ce jeudi au Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD, réagissait notamment à la situation vécue dans un établissement de Beauport où une infirmière avait administré une surdose de médicament mortelle à un patient en fin de vie.

    La soignante, qui s'occupait de 175 patients ce soir-là, n'a pas été blâmée par la coroner chargée d'enquêter sur son cas, la responsable de l'enquête pointant plutôt la surcharge de travail.

    «On ne peut pas avoir un réseau de CHSLD qui opère avec ce ratio-là, ça n'a pas de sens (...) On ne peut pas tolérer ça. Ça n'a pas été toléré d'ailleurs», a fait savoir M. Barrette.

    Il a ajouté que cette situation avait eu lieu en 2015 et que les choses avaient déjà été corrigées.

    «Ça n'existe plus, mais il y a encore des situations qui sont discutables dans le réseau, a-t-il ajouté. C'est pour ça qu'on a fait le forum (...) Je n'accepterai plus, comme je n'ai pas accepté dans d'autres domaines, qu'on fonctionne de la façon dont on fonctionne.»

    Gaétan Barrette a aussi indiqué que le monde des CHSLD était complexe et que les pratiques pouvaient être très différentes selon les établissements.

    «Les directeurs doivent sortir du forum avec des évidences de bonnes pratiques à mettre en application dans leur milieu. Des gens sont venus nous montrer qu'avec les budgets et les ratios d'aujourd'hui [...], on pouvait donner des services d'une qualité absolument parfaite», a-t-il expliqué.

  • 16-11-2016 Femmes de 50 à 69 ans : n'oubliez pas votre mammographie

    ICI Radio-Canada

    La Société canadienne du cancer lance sa campagne annuelle Mémo-Mamo pour rappeler aux femmes âgées de 50 à 69 ans l'importance de passer une mammographie tous les 2 ans.

    Selon la Société canadienne du cancer, quelque 25 700 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer du sein cette année, ce qui représente le quart de tous les nouveaux cas de cancer chez la femme. Environ 4900 Canadiennes mourront des suites de la maladie en 2016.

    « La majorité des cancers du sein sont sporadiques. Ils vont se présenter sans qu'on ait d'antécédents familiaux. C'est quand même une femme sur neuf qui aura un cancer du sein dans sa vie, et la majorité des cancers vont se développer après 50 ans », indique la Dre Marie-Josée Lachance, qui pratique à la Clinique des maladies du sein dans l'arrondissement Jonquière.

    Même si certaines femmes ont encore des craintes de passer une mammographie, « avec toutes les mesures de sensibilisation, on arrive à avoir plus de femmes qui vont passer leur mammographie de dépistage », ajoute la Dre Patricia Voyer, également omnipraticienne à la Clinique des maladies du sein.

    Le porte-clés illustre l'importance de la mammographie. Photo : CBC / Radio-Canada / Société canadienne du cancer

    Dans le cadre de la campagne de sensibilisation Mémo-Mamo, des porte-clés sont en vente dans les pharmacies Jean Coutu du 17 novembre au 9 janvier. Les profits seront remis à la Société canadienne du cancer.

    Toutes les femmes de 50 à 69 ans reçoivent une lettre du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS), qui sert d'ordonnance pour passer une mammographie. Pour obtenir des informations à ce sujet, vous pouvez communiquer avec l'un des centres de dépistage désignés de la région.

  • 15-11-2016 La consommation d'alcool des aînés a augmenté depuis 15 ans

    Les Québécois de 65 ans et plus boivent plus d'alcool qu'avant, au cours d'une même occasion, et ils sont moins nombreux à s'abstenir complètement d'en boire, indique Éduc'alcool.

    La proportion d'abstinents dans cette catégorie d'âge est passée de 31 % en 2001 à 24 % en 2014, précise l'organisme, dans une étude qu'il vient de publier.

    De même, de 2000 à 2013, la quantité consommée par les gens de 65 ans et plus au cours d'une même occasion a légèrement augmenté, étant passée de 1,5 à 1,7 verre.

    La plupart d'entre eux sont tout simplement des gens qui buvaient de l'alcool avant 65 ans et qui ont continué dans la même veine rendus à cet âge, a expliqué au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool.

    «C'est venu tranquillement, avec l'arrivée à la retraite des baby-boomers. Ces gens-là ont eu beaucoup plus d'argent que leurs parents et ont vécu dans un univers où tu n'étais plus obligé de te cacher quand tu allais à la SAQ pour acheter ta bouteille de gin, que tu cachais dans un sac brun et dont tu avais honte. Donc, ils ont développé des habitudes de consommation ouvertes, pas nécessairement excessives. Ils ont développé une relation beaucoup plus amicale et conviviale avec l'alcool. Ils sont arrivés à l'âge de 65 ans, à la retraite, en continuant leur consommation d'alcool de la même manière», a décrit M. Sacy.

    Il reste qu'un petit pourcentage des gens de 65 ans et plus a commencé à boire davantage rendu à cet âge, soit par inactivité, soit par ennui, soit parce que le réseau social était uniquement tissé autour du travail et que, quand l'âge de la retraite est arrivé, ces gens se sont retrouvés seuls, a avancé M. Sacy.

    La proportion de buveurs dits abusifs diminue cependant avec l'âge. Une enquête canadienne citée par Éduc'alcool précise que 28 % des buveurs québécois âgés de 45 à 64 ans disent avoir dépassé les limites d'une consommation à faible risque. Dans la catégorie des 65 ans et plus, ils sont 24 %.

    De même, 22 % des buveurs âgés de 45 à 64 ans ont déclaré avoir bu cinq verres d'alcool pour les hommes, ou quatre pour une femme, au cours d'une même occasion, au moins une fois par mois, dans la dernière année. Dans la catégorie des 65 ans et plus, ils ne sont plus que 9 %.

    La consommation d'alcool varie aussi selon le sexe du buveur. Les hommes de 65 ans et plus sont deux fois plus nombreux que les femmes du même groupe d'âge à trop consommer d'alcool.

    Ce sont ainsi 10 % des aînés masculins québécois qui rapportent avoir consommé plus de cinq verres au cours d'une même occasion, au moins une fois par mois, dans la dernière année, contre 4,5 % des femmes du même âge (pour quatre verres dans leur cas).

    M. Sacy adresse également un message aux personnes de 65 ans et plus qui consomment des médicaments en plus de l'alcool. «Quand vous dépassez 65 ans, limitez davantage votre consommation; écoutez-vous, vérifiez avec votre médecin, votre pharmacien, lorsque vous prenez une médication»

  • 14-11-2016 Québec a perdu le contrôle des piluliers

    ÉRIC YVAN LEMAY - Journal de Montréal

    Québec semble avoir perdu le contrôle des piluliers, dont les coûts ont explosé depuis 10 ans pour atteindre la somme record de 495 millions $ en 2015, soit 35 % de l’ensemble du régime public d’assurance médicaments.

    Selon les plus récentes données, plus de 150 000 Québécois de 75 ans et plus ont recours au pilulier. Le pourcentage du coût des piluliers sur l’ensemble des services du régime public est neuf fois plus élevé qu’en 2001 (voir tableau). La hausse de leur utilisation est beaucoup plus rapide que le vieillissement de la population.

    Ces petits boîtiers en plastique sont utilisés pour répartir les médicaments selon le jour et l’heure d’utilisation. Les pharmaciens facturent environ deux fois plus cher par mois que pour les ordonnances exécutées en pharmacie.

    En juin 2015, le ministère de la Santé et l’Association des pharmaciens propriétaires s’étaient entendus sur le fait qu’au-delà de 25 % le coût des piluliers était plus haut que la tendance historique et qu’il fallait s’y attaquer.

    Pas de solution concrète

    Pourtant, aucune solution concrète n’a encore été soumise par le comité formé par le ministère et l’AQPP. Ce comité s’est réuni à quatre reprises depuis 2015 pour trouver les causes de cette hausse.

    Selon l’AQPP, elle est en partie due à l’organisation des soins de santé. Les gens restent moins longtemps à l’hôpital et sont transférés dans des ressources intermédiaires, des unités transitoires ou reçoivent des soins à domicile. «Le modèle pour la gestion du risque, c’est le pilulier», indique le pharmacien Benoît Morin.

    Ce dernier dit également que les aînés en résidence vont souvent l’utiliser, particulièrement ceux nécessitant des soins infirmiers. Il y a un mois, notre Bureau d’enquête avait révélé les pratiques controversées de certains pharmaciens pour vendre des piluliers dans les résidences.

    Des économies pour le réseau ?

    Selon le président de l’AQPP, Jean Thiffault, le recours au pilulier permet d’éviter des coûts au système de santé, notamment en permettant aux gens de recevoir des soins à domicile.

    «Il faut trouver des solutions, mais le chiffre de 25 % (fixé dans l’entente avec Québec) est totalement arbitraire. Ça ne se base pas sur le vieillissement de la population et le changement des règles d’affaires.»

    Au Ministère, on se contente de dire que le comité va poursuivre son travail sans donner d’échéancier. On insiste aussi pour dire que la hausse de l’an dernier n’a été que de 5,6 %, comparativement à 10,2 % l’année précédente.

    L’an dernier, le ministre a imposé des ponctions dans les honoraires des pharmaciens, notamment pour les piluliers.

    Une dame de Candiac dénonce le fait qu’on ait voulu forcer son mari à recevoir ses médicaments en pilulier, alors qu’il a toute sa tête et qu’il n’était pas intéressé.

    «Ils ont ri de moi quand je leur ai dit qu’on n’en voulait pas», lance Thérèse Bellot, dont le mari prend plusieurs médicaments par jour.

    Elle raconte que, dans au moins deux pharmacies, on a tenté de les convaincre de prendre le pilulier plutôt que les flacons de médicaments qui lui étaient prescrits. En début d’année, ils ont accepté de l’essayer pour un mois, mais ils n’ont pas aimé l’expérience, notamment parce qu’il y avait une erreur dans une des petites cases. De plus, les piluliers prenaient beaucoup plus d’espace dans les armoires.

    Après avoir argumenté avec le pharmacien, ils ont préféré changer de professionnel. Depuis, son mari a recommencé à recevoir ses médicaments en flacons tous les mois. Il fait lui-même sa préparation de pilulier chaque semaine.

    Payant pour le pharmacien

    Cette dernière croit que les pharmaciens préfèrent les piluliers parce que c’est plus payant. De plus, comme les piluliers sont renouvelables tous les 28 jours, le pharmacien reçoit des honoraires pour l’équivalent de 13 mois plutôt que 12 pour les renouvellements d’ordonnances mensuels.

    «Le pharmacien fait de l’argent avec ça puisque c’est renouvelé aux 28 jours plutôt que 30 ou 31», dit-elle en se disant préoccupée par les coûts du régime public d’assurance médicaments.

    Pour le pharmacien Benoît Morin, il faut être prudent. Selon lui, le pilulier n’est pas prescrit sans raison. «Il y a une résistance naturelle du client au pilulier», dit-il en précisant que les pharmaciens qui demandent de prendre le pilulier le font pour des raisons de sécurité et doivent remplir un formulaire justifiant ce choix.

  • 11-11-2016 Kenya : des femmes seniors apprennent le karaté pour lutter contre les viols

    senioractu.com

    Afin de lutter contre les viols, des Kenyanes seniors apprennent à se défendre grâce aux arts martiaux. En effet, dans ce pays d’Afrique de l’est, les femmes âgées sont la cible de violeurs qui estiment que ces proies sans défense sont également moins touchées par le sida.

    En Europe, les viols de personnes âgées existent mais restent relativement faibles, il faut bien le dire. En revanche, ce n’est pas le cas en Afrique où d’une manière générale, les viols sont plus fréquents et nettement moins sanctionnés. 
      
    Depuis 2010, c'est le viol des femmes âgées qui se développent au Kenya, grand pays d’Afrique de l’est. Non pas parce que les violeurs les trouvent plus attirantes, non ! Ils choisissent ces proies, d’une part parce qu’elles sont sans défense, et d’autres part, car ces femmes sont moins touchées par l’épidémie de sida !  
      
    Dans ce contexte, et afin de pouvoir se défendre, ces femmes ont décidé de prendre « le taureau par les cornes ». En effet, elles ont décidé de prendre des cours d’autodéfense et plus précisément de karaté. Ainsi, une vingtaine de femmes -dont la plus âgée aurait 85 ans- s’entrainent désormais quotidiennement dans la banlieue de Nairobi. 
      
    En Europe, notamment en France ou en Belgique, ce sont les seniors des deux sexes qui apprennent le karaté, ce, afin de faire face aux agressions en tout genre dont sont victimes les personnes âgées au quotidien ; dans la rue, à la sortie de leur banque, dans les transports en commun… Confrontés à la dure réalité, les seniors se rebiffent. 
      
    Par exemple, à Charleroi en Belgique, un karatéka âgé de 71 ans donne des cours d’auto-défense aux ainés afin de leur apprendre à parer une attaque ou à se débarrasser d’un agresseur. Deux fois par mois, les plus de soixante ans se retrouvent donc afin d’apprendre à se défendre.

  • 11-11-2016 L’aide à mourir crée de l’inconfort

    Isabelle Paré - Le Devoir

    Une première étude réalisée auprès de médecins en soins palliatifs, depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’aide à mourir, révèle que certains d’entre eux sont « affligés »quand leurs propres patients formulent ces demandes. D’autres préfèrent ne pas aviser leurs supérieurs s’ils estiment ces requêtes « déraisonnables » ou faites par des « patients inaptes ».

    C’est notamment ce qui émane de la toute première étude qualitative, réalisée entre janvier et août derniers, par des chercheurs québécois et ontariens auprès de médecins oeuvrant dans deux unités de soins palliatifs dans la région de Montréal. Ce premier coup de sonde, dont les résultats n’ont pas encore été publiés, démontre que bien des zones grises subsistent dans la manière de traiter les demandes d’aide à mourir.

    « Je ne vais pas appeler le directeur des services professionnels et le déranger si la demande n’est pas raisonnable ou si le patient est en délirium », confie un des quinze médecins interrogés sur le rôle de ces derniers dans le « processus décisionnel sur l’euthanasie ».

    Des refus troublants

    Selon la chercheuse Emmanuelle Bélanger, de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM), plusieurs des médecins interrogés ne sont pas à l’aise d’être impliqués dans le traitement des demandes d’aide à mourir, surtout lorsqu’il s’agit de patients traités dans leur propre unité de soins.

    « Quand la demande est survenue, j’offrais d’explorer les raisons, la détresse existentielle et spirituelle […], ce qui est une partie de mon travail. Le patient m’a en quelque sorte fait taire et ne voulait pas explorer cette avenue. Il ne voulait pas explorer ce qui le poussait à demander l’euthanasie. Nous avons été affligés par cela », soutient un médecin interrogé dans le cadre de cette recherche.

    Les entrevues réalisées démontrent que certains médecins qui refusent de dispenser l’aide à mourir se retrouvent impliqués à divers degrés, et parfois malgré eux, dans l’évaluation de ces demandes. « Même s’ils ne veulent pas être impliqués dans l’aide à mourir, certains sont appelés à évaluer l’état du patient quand une demande est faite, car l’avis du médecin traitant aide à valider la demande », explique-t-elle.

    Objection de conscience

    À l’opposé, des médecins disent avoir refusé d’emblée les demandes d’aide à mourir provenant de patients qu’ils jugeaient non raisonnables ou inaptes à consentir. Selon la chercheuse, cela laisse penser que le nombre des refus pourrait être plus élevé que le nombre des refus officiels recensés depuis l’entrée en vigueur de la loi.

    Cette observation est aussi confirmée par des sources dans le milieu hospitalier, qui remarquent que des « médecins, avant d’accueillir une demande, croient que le patient doit être admissible. Il y a parfois une mauvaise compréhension du processus de demande d’aide à mourir », indique cette source.

    Selon la chercheuse, peu des médecins interrogés qui sont non favorables à l’aide à mourir évoquent des raisons religieuses. Ils ont plutôt la conviction que l’accès à de bons soins palliatifs pourrait remédier aux souffrances des patients qui optent pour l’aide à mourir. Plusieurs craignent qu’offrir l’aide à mourir dans leur unité mette en péril la tranquillité d’esprit des autres patients. « Il y a beaucoup de patients qui ne veulent pas l’aide médicale à mourir. Ils veulent vivre le plus longtemps possible et le plus paisiblement possible. Si cela est menacé par ce qu’ils croient être en train de se produire dans la chambre à côté… », soulève un des médecins interrogés.

    Il n’y a à l’heure actuelle aucune façon de connaître le nombre de médecins qui ont évoqué l’objection de conscience pour refuser de dispenser l’aide à mourir, puisque cette donnée n’est consignée nulle part. La loi actuelle ne permet pas non plus de savoir avec précision la raison des demandes refusées ni d’évaluer le bien-fondé de ces refus.

    Une enquête de santé réalisée en Belgique auprès de quelque 10 000 patients révèle que seulement 4,4 % d’entre eux ont eu des discussions sur les soins de fin de vie avec leur médecin. Dans ce pays, qui a introduit en 2002 une loi sur l’euthanasie, pas moins de 20 000 personnes avaient fait enregistrer en 2013 une demande anticipée d’euthanasie à la mairie, soit 1,8 % de la population. Une nouvelle charte des droits des patients permet de consigner des demandes anticipées d’aide à mourir, mais en cas de coma irréversible seulement. Selon une étude publiée dans BMC Palliative Care, seulement 12 % des gens de 75 ans ou plus ont discuté des soins de fin de vie avec leur médecin. « Il y a de plus en plus d’intérêt face à l’euthanasie, mais il n’y a jamais eu de véritables campagnes publiques d’information sur les soins de fin de vie en général. Cela manque et entraîne une méconnaissance du public », affirme l’auteure principale de l’étude, Aline de Vleminck, du Centre de recherche sur les soins de fin de vie de l’Université de Ghent et de l’Université libre de Bruxelles. Les femmes et les personnes veuves sont plus susceptibles d’avoir fait une demande d’aide à mourir anticipée en cas de coma.

    Aux Pays-Bas, où l’euthanasie a été décriminalisée en 2001, 13 % de la population a déjà discuté de soins de fin de vie avec son médecin. « En Belgique, affirme la chercheuse, il reste beaucoup à faire pour faire en sorte que toutes les options possibles soient connues. Les gens n’aiment pas parler de cela et, souvent, ils doivent prendre des décisions quand ils ne sont pas préparés. »

  • 03-11-2016 Le Réseau FADOQ réclame un gel des tarifs d’électricité et un rabais pour les plus vulnérables

    Le Réseau FADOQ exhorte la Régie de l’énergie à décréter un gel des tarifs d’électricité et à consentir un rabais à la clientèle la plus vulnérable. Le Réseau insiste également pour que la notion de pauvreté énergétique, qui affecte plusieurs aînés, soit considérée dans les décisions de la Régie. Lire le communiqué

  • 02-11-2016 Le guide de survie du liquidateur

     

    Jean-Benoit Nadeau - L’actualité

    À la fois détective, administrateur, arbitre et psychologue, le liquidateur est le personnage central de la succession. «C’est une tâche difficile, qui fait appel à beaucoup de notions de droit, de finance et de fiscalité, que je ne connaissais pas à 35 ans», raconte Jean-François, qui a accepté la charge il y a quelques années, au décès subit de sa mère. «D’autant que le deuil nous place dans le pire état psychologique pour assumer une telle responsabilité.»

    Le règlement d’une succession est un long chemin de croix, qui se termine habituellement entre 12 et 18 mois après le décès. Pour les successions complexes, avec une foule de biens non liquides — des immeubles, des entreprises —, il faut compter 36 mois, voire plus. Et ça, c’est quand tout va bien, sans poursuite. Le liquidateur (jadis appelé l’«exécuteur testamentaire»), qui agit le plus souvent seul, doit également essuyer les critiques des autres héritiers, qui trouvent qu’il traîne, qu’il prend des libertés, qu’il devrait faire les choses autrement.

    L’erreur la plus courante des liquidateurs est de croire qu’ils sont obligés d’accepter cette mission, par loyauté envers le défunt. Le liquidateur peut toujours refuser — à ses cohéritiers d’en nommer un nouveau, pas nécessairement parmi eux. Une seule exception, le liquidateur qui est héritier unique: celui-là ne peut se désister, sauf en cas de force majeure. Les testaments bien préparés prévoient d’ailleurs un substitut. «Ma mère m’avait nommé liquidateur parce que je suis l’aîné, une décision qui a heurté ma sœur, qui aurait vraiment aimé que notre mère la désigne, raconte Jean-François. J’aurais sans doute passé le bâton à ma sœur si j’avais pu réfléchir en gardant la tête froide.»

    Un des avantages de faire un testament, c’est justement de pouvoir décider du liquidateur, ou d’en changer. Même les successions les mieux préparées sont trop souvent compliquées par la désignation d’un liquidateur brouillon, véreux, profiteur, en conflit avec les héritiers, incompétent ou tout simplement parti à l’étranger. Bon nombre de notaires recommandent au testateur de demander au candidat s’il acceptera la charge le moment venu, s’il se sent prêt à l’assumer. Le testateur avisé va également s’assurer que, malgré les années, la personne choisie possède toujours les qualités qu’il lui trouvait au moment de la rédaction du testament. S’il change d’idée, nul besoin de tout réécrire ni de s’excuser: un simple amendement suffit pour désigner un nouveau liquidateur.

    «Mieux vaut prévenir que guérir», dit Monica, 46 ans, qui a vécu une situation très difficile en 2012, au décès de son père. Celui-ci avait désigné sa femme, la mère de Monica, comme liquidatrice — tâche qu’elle ne pouvait refuser, étant l’unique héritière. Or, le mari aurait dû voir que sa femme risquait d’être incapable de mener cette tâche à bien, elle qui montrait les premiers signes de la sénilité. La mère de Monica ne pouvait ni accomplir les démarches ni en saisir la logique. «J’ai dû faire toutes les démarches pour ma mère, mais je devais tout faire en sa compagnie. C’était l’enfer. Ça a ruiné notre relation.»

    Le liquidateur devrait toujours consulter un professionnel avant de commencer — les frais seront remboursés par la succession —, ne serait-ce que pour se faire expliquer en détail les 22 étapes de la liquidation.

    Entre autres tâches, le liquidateur doit recueillir tous les papiers du défunt pour recenser tous les actifs et toutes les dettes, et tous les héritiers possibles. Un vrai travail de détective, surtout en l’absence d’un bilan patrimonial clair. Pour les comptes bancaires, il suffit de s’adresser aux institutions financières. Mais pour percer les mots de passe de l’ordinateur du défunt et accéder à ses divers autres comptes en ligne (notamment les sites Web qu’il administrait), le liquidateur devra jouer les pirates informatiques — ou en embaucher un.

    Le liquidateur doit par ailleurs recueillir les documents nécessaires pour remplir les déclarations de revenus du défunt et ensuite celles de la succession. Puis, il doit rédiger l’inventaire légal, qui fait le total des biens et des créances, et le publier dans un journal local et au Registre des droits personnels et réels mobiliers. «Liquider une succession, c’est plus que de simplement transférer les comptes en banque!» dit Gérard Guay, président de la Chambre des notaires du Québec, qui aimerait voir l’État modifier le Code civil en matière de liquidation, notamment pour ce qui concerne les successions sans testament, où même la simple nomination d’un liquidateur peut poser problème.

    Alors qu’il est souvent juge et partie, à titre de cohéritier, le liquidateur devra sans doute arbitrer au moins une querelle d’héritiers, qui porte souvent sur la valeur des biens. Combien vaut un chalet? Un coffre à outils? Un cheval de course? Souvent, ces chicanes d’héritiers portent sur… rien. Jean-François a encore du mal à croire ce qui s’est passé à la liquidation de la succession de sa mère: «Entre ma famille et moi, le partage s’était bien passé sur les biens importants, mais tout a dérapé sur des broutilles. C’était grotesque, raconte-t-il. Vider l’appartement est très émotif, et ça l’est encore plus quand on a des attentes déraisonnables sur la valeur des biens. Le partage a provoqué une dispute inouïe, alors qu’on s’entendait très bien avant. On a fini par mettre de l’eau dans notre vin, mais c’était la galère pendant trois ou quatre mois.»

    Le liquidateur doit également résister à la tentation du «power trip» ou à celle d’en «passer une vite» aux héritiers, selon Suzanne Hotte, notaire et spécialiste en médiation successorale au cabinet Hotte & associés, qui a vu plus d’un liquidateur perdre les pédales. «Le fait d’avoir les “pleins pouvoirs” n’autorise nullement à distribuer les chèques sans rendre de comptes. Le pouvoir de vendre la maison, c’est aussi l’obligation d’informer. J’en ai vu qui essayaient de s’attribuer la part du lion parce qu’ils s’étaient occupés de leur mère, alors que le testament dictait le partage en parts égales.»

    Le liquidateur doit aussi tolérer la pression, car il est personnellement responsable de ses erreurs devant la loi. Il doit donc fouiller — en profondeur — dans les affaires parfois intimes du défunt pour s’assurer que ce dernier ne menait pas une double vie, encombrée de dettes de jeu, d’emprunts secrets, d’activités douteuses. «C’est hyper-paradoxal. Ça nous force à mettre en doute la personne qu’on a aimée. J’ai trouvé ça dur à vivre», dit Monica.

    Les 22 étapes de la liquidation

    1. Rechercher les héritiers.
    2. S’inscrire comme liquidateur au Registre des droits personnels et réels mobiliers du Québec (RDPRM).
    3. Protéger les biens du défunt (s’assurer que la maison est chauffée en hiver, par exemple).
    4. Recenser les biens et les dettes du défunt. S’il a tenu à jour un inventaire de ses biens, votre tâche sera grandement facilitée.
    5. Ouvrir le compte bancaire de la succession.
    6. Fermer les comptes bancaires du défunt.
    7. Fermer ses cartes de crédit.
    8. Fermer ses comptes et abonnements non essentiels à la protection des biens (abonnement au journal, par exemple), mettre fin au bail.
    9. Aviser les organismes et agences versant ses rentes, allocations et prestations.
    10. Remplacer ses placements risqués par des placements sûrs.
    11. Récupérer les sommes dues au défunt.
    12. Régler les droits du conjoint légal (patrimoine familial, régime matrimonial).
    13. Régler les prestations des créanciers d’aliments.
    14. Établir l’inventaire, effectuer la clôture légale au RDPRM et publier l’avis.
    15. Établir qui accepte et qui refuse la succession.
    16. Préparer les déclarations de revenus du défunt et de sa succession.
    17. Obtenir les quittances des autorités fiscales.
    18. Payer les dettes du défunt.
    19. Remettre les legs particuliers.
    20. Faire la reddition de comptes finale aux héritiers.
    21. Publier le compte final au RDPRM.
    22. Partager les biens entre héritiers.
    … 23. Prendre des vacances bien méritées!

    Sources: Guide pratique: Succession (Protégez-Vous) et Que faire lors d’un décès (Publications du Québec).

     

    La tentation d’aller vite est d’autant plus grande que la banque et les créanciers poussent le liquidateur à se dépêcher, tout comme les héritiers, pressés de toucher l’héritage. «Comment être sûr à 100 % que ma mère n’avait pas une dette quelque part? demande Jean-François. Les autres voulaient aller vite, et j’ai dû leur dire: “O.K., mais alors vous me signez une décharge.” Il a fallu que je leur montre les articles du Code civil. Ça les a calmés.»

    Même si le liquidateur veut aller plus vite, c’est souvent impossible, raconte Sylvianne, 59 ans, deux fois liquidatrice — à la mort de son ex, en 2011, puis de sa mère, trois ans plus tard. «Pour pouvoir remplir la déclaration de revenus de ma mère, j’ai dû attendre presque un an les feuillets de l’État, qui sont délivrés habituellement à date fixe», dit-elle. Une expérience d’autant plus frustrante qu’elle savait, pour avoir embauché un cabinet comptable dans le dossier très complexe de son ex, que les documents peuvent vous être remis très vite — en quelques semaines dans le cas de la succession de son ex. «Je suppose que ça aide de dépenser 10 000 dollars en frais de comptable!»

    La reddition de comptes et la distribution des biens — ce moment tant attendu des héritiers — sont les dernières des 22 étapes de la liquidation. Elles ne peuvent avoir lieu qu’après la publication de l’inventaire légal, et surtout après avoir obtenu quittance de tous les créanciers, à commencer par les deux paliers du fisc. Malheureusement, c’est souvent à ce stade que les liquidateurs les moins rigoureux commettent les pires erreurs.

    «L’article 14 de la loi sur l’administration fiscale statue que le liquidateur est responsable de l’impôt du défunt et de sa succession», dit Me Michel Beauchamp, notaire au cabinet Beauchamp et Gilbert et auteur de nombreux livres, dont La liquidation des successions, 2e édition. «Il ne faut surtout pas brûler d’étapes», dit-il, citant en exemple ce cas vécu au printemps 2016: son client, un liquidateur, avait reçu une réclamation de 248 000 dollars du ministère du Revenu du Québec. Il avait distribué les biens en tenant pour acquis, à tort, que feu papa n’avait pas de dettes et qu’il était en règle avec le fisc. «Heureusement, les héritiers ont accepté de payer.»

    Même une poursuite pour vice caché concernant une maison vendue 15 ans plus tôt peut engager le liquidateur et les héritiers, selon Michel Beauchamp. C’est pourquoi un liquidateur ne doit pas omettre de publier l’inventaire légal, qui limite la responsabilité des cohéritiers à la valeur de la succession. Un liquidateur qui néglige cette étape expose les héritiers et lui-même à devoir rembourser beaucoup plus — même pour un vice caché qui remonte à 15 ans. «Il y a une raison pour chaque étape, dit le notaire. C’est pour éviter que les dernières volontés du défunt ne deviennent un cadeau empoisonné.»

    (L’actualité a accepté de taire l’identité des personnes qui témoignent de leur expérience dans ce reportage pour protéger la vie privée ou la réputation des proches.)

  • 02-11-2016 Rich Wilson, 66 ans, doyen du Vendée Globe 2016

    Senioractu.com

    La 8ème édition du Vendée Globe partira le 6 novembre prochain des Sables-d’Olonne en Vendée. En tout, 29 bateaux sont annoncés pour le départ. Et parmi les skippers, l’Américain Rich Wilson qui, a 66 ans, est le doyen de cette course folle en solitaire à la voile au tour du monde. Portrait de ce Bostonien qui considère que la voile véhicule des valeurs positives auprès des plus jeunes.

    « J’ai 8 ans de plus que lors de ma dernière participation. Je ne peux pas être aussi fort physiquement. Mon entraîneur me dit que j’ai perdu 5% de mes forces, mais c’est normal avec l’âge », confie Rich Wilson. « Ayant déjà bouclé le parcours, j’éprouve moins de peur et d’appréhension. Mais la course est longue. Cela semble interminable parfois. Nous avons une forte ambition avec notre projet pour les jeunes. Quand les conditions deviendront difficiles, je me motiverai en pensant à eux. » 
      
    Haut diplômé de mathématiques à Harvard et de science interdisciplinaire au MIT à Boston, sa ville d’origine, Rich Wilson est un homme brillant qui a exercé des métiers variés : professeur de mathématiques à Boston, analyste défense à Washington ou encore consultant désalinisation en Arabie Saoudite – entre autres. 
      
    Rich Wilson est également un navigateur émérite qui s’est fait connaître en 1980 en remportant l’épreuve Newport-Les Bermudes. A partir de 1990, il décide de se servir de la voile comme support éducatif auprès des enfants. Alors qu’il tente de battre le record San Francisco-Boston en double à bord de Great American, un trimaran de 60 pieds, il est victime d’un chavirage au large du cap Horn puis est récupéré par un cargo. 
      
    Cet épisode marquant est suivi par de nombreux écoliers. Rich Wilson retente sa chance sur ce même parcours trois ans plus tard. Ce deuxième essai est un succès ; il est alors suivi par 300.000 enfants aux Etats-Unis mais aussi des millions d’adultes puisque ses chroniques quotidiennes sont reprises par des grands journaux. A bord de Great American 2, il décroche deux nouveaux records sur les routes New York-Melbourne et Hong Kong-New York, puis termine 2e de la Transat anglaise en 2004. 
      
    A 58 ans, il est le doyen du Vendée Globe 2008/2009. A bord d’un monocoque ancien, mis à l’eau dix ans plus tôt, il se bat comme un lion pour surmonter coups de chiens et avaries multiples. Il rallie les Sables d’Olonne après 121 jours de mer, non sans avoir une nouvelle fois partagé sa course avec le plus grand nombre. S’il souhaite revenir en 2016, c’est pour être plus rapide mais surtout pour développer ses programmes pédagogiques. 
      
    Convaincu que la voile est un outil intéressant pour véhiculer des valeurs positives auprès des jeunes, Rich Wilson portera ses messages aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Il espère également que sa participation permettra de développer la renommée du tour du monde en solo aux Etats-Unis et contribuera à booster la participation américaine lors des prochaines éditions. On le voit, Rich Wilson est un formidable ambassadeur du Vendée Globe. Il sera à 66 ans, le doyen de l’édition 2016-2017. 
      
    Rappelons que le Vendée Globe est une course légendaire. Pour ses exploits sportifs, pour ses histoires de marins, pour ses épreuves et ses dépassements de soi, pour ses sauvetages et pour ses fantastiques victoires. Bref, cette course en solitaire autour du globe est tout simplement mythique. Elle compte cette année, pour cette 8ème édition, 29 bateaux et elle réunit des marins de 23 à 66 ans en provenance de dix nations différentes. Le départ sera donné le 6 novembre prochain. Bon vent ! 

  • 02-11-2016 Le boum des héritages

    Jean-Benoit Nadeau - L’actualité

    Le Québec vieillit. Le nombre d’héritages et leur valeur sont en pleine explosion. Les Québécois sont-ils bien préparés pour gérer le plus grand transfert de richesse de leur histoire?

    Le chanteur pop Prince, mort subitement à 57 ans en avril 2016, lègue une fortune estimée à 250 millions de dollars américains… sans testament! Qui sont ses héritiers? Sa sœur, deux demi-sœurs, un demi-frère, une nièce et une petite-nièce se disputent le pactole devant un tribunal du Minnesota. Le juge a déjà rejeté 29 autres prétendus héritiers.

    Les chicanes d’héritiers aussi homériques sont rarissimes au Canada, mais le Québec se prépare néanmoins à une vague d’héritages record. La génération née entre 1920 et 1940, réputée très économe, arrive en fin de vie. Déjà, de 2007 à 2012, quelque 20 milliards de dollars ont ainsi changé de main, selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec. Valeur moyenne des héritages: 82 100 dollars en 2012 — un chiffre qui augmente d’année en année. Et le nombre de familles québécoises qui hériteront ira aussi croissant: 17 % des familles ont hérité en 2007. En 2012, on en était à 28 %!

    On assiste en fait à un formidable rattrapage patrimonial, selon Marc-André Gauthier, analyste à l’Institut de la statistique du Québec et auteur de l’étude Les transferts interfamiliaux au Québec: Héritages et transferts volontaires. Alors que les Québécois de 65 ans et plus avaient toujours été nettement moins riches que la moyenne des Canadiens de leur âge, voilà qu’ils les ont rejoints. De 1999 à 2012, leur actif familial moyen est passé de 275 000 à 565 000 dollars. «Et encore, l’enquête sous-estime la valeur des patrimoines transmis, parce qu’elle porte seulement sur la valeur en argent, et pas sur la valeur marchande des biens hérités, comme la maison, l’automobile, les meubles», dit Marc-André Gauthier.

    Les cas de triplex achetés 30 000 dollars et revendus 10 fois plus cher 30 ans plus tard se multiplient, et les aînés possèdent donc plus de patrimoine que jamais. «Il y a 50 ans, quand la grand-mère mourait, la famille se cotisait pour payer les funérailles. Maintenant, c’est différent. Il y a du capital», dit Me Michel Beauchamp, associé au cabinet Beauchamp & Gilbert, qui constate par ailleurs une enflure des litiges successoraux.

    Le gros lot… ou pas

    Au Québec, l’héritage moyen était de 82 100 dollars en 2012. Ce chiffre masque non seulement de très grandes inégalités, mais des inégalités qui se transmettent de génération en génération, selon l’étude Les transferts interfamiliaux au Québec: Héritages et transferts volontaires, de l’Institut de la statistique du Québec. Dans les faits, 60 % des héritiers touchent moins de 30 000 dollars. Seulement 14,5 % des familles les moins riches héritent. À l’inverse, 42 % des familles les plus riches ont déjà hérité, d’une somme moyenne de 157 500 dollars. Comme quoi les riches ont trois fois plus de chances d’hériter que les pauvres, et ils vont hériter d’une somme cinq fois plus importante.

    Les planificateurs financiers préviennent pourtant leurs clients de ne jamais compter sur un héritage pour leur propre planification financière. «Certains insistent», dit Yannick Paquin, planificateur financier au Groupe financier Savard & associés. «Je refuse de considérer un héritage anticipé dans les revenus futurs. Il y a trop d’incertitudes. On ne sait ni quand les parents mourront, ni s’il y aura toujours de l’argent, ni si on sera toujours héritier…»

    Seulement un Québécois sur quatre assure que l’héritage qu’il espère toucher un jour fait partie de sa planification financière, selon un sondage CROP-L’actualité. Reste que l’héritage suscite presque toujours des espoirs irréalistes. Dans une étude produite par Decima Research en 2006, les répondants, qui avaient reçu 56 000 dollars en moyenne cette année-là, affirmaient s’être attendus à… trois fois plus!

    Depuis quelques années, de nombreuses études claironnent que 1 000 milliards de dollars de patrimoine changeront de main au Canada d’ici 20 ans sous forme d’héritages. C’est très optimiste: oui, d’ici 10 ans, la plupart des membres de la génération la plus économe auront disparu et donc légué les économies d’une vie, mais il n’est pas acquis que leurs baby-boomers d’enfants seront aussi frugaux. «Les gens sont plus riches au moment de la retraite, oui, mais ils vivent plus vieux et ils sont plus dépensiers. Il y a de plus en plus de successions déficitaires», dit Gérard Guay, président de la Chambre des notaires du Québec.

    L’importance des héritages dépend directement de la manière dont vivent les retraités. «Le principal risque financier des retraités, c’est de vivre trop vieux et de survivre à leur épargne», dit Pierre-Carl Michaud, professeur titulaire au Département d’économie appliquée et spécialiste de l’économie du vieillissement à HEC Montréal. Les institutions financières déploient de plus en plus d’outils financiers visant à améliorer la sécurité financière des retraités, comme l’achat d’une rente viagère (un revenu mensuel garanti pour le reste de votre vie, moyennant le versement, en une seule fois, d’une somme puisée à même vos épargnes) ou les hypothèques inversées (qui consistent à tirer un revenu mensuel à partir de la valeur de la maison). «Ces outils se paient à même les actifs des personnes âgées, qui diminuent d’autant, dit Pierre-Carl Michaud. C’est encore une raison de rester conservateurs quant à l’importance des héritages à venir.»

    Les Québécois sont-ils mieux préparés que ne l’était le chanteur Prince en matière successorale? Oui et non.

    Seulement 48 % des adultes québécois ont un testament, selon le sondage CROP-L’actualité. Cette proportion grimpe à 75 % chez les plus de 55 ans. Comme quoi l’approche de la mort fait réfléchir! D’autres données révèlent cependant un fort niveau de non-préparation: selon un sondage Ipsos Descarie mené pour la Chambre des notaires du Québec en 2008, seulement 47 % des parents d’enfants mineurs ont désigné un tuteur pour leur progéniture, et moins de la moitié des testateurs ont informé leurs héritiers de l’endroit où se trouve le document!

    «Outre les gens prévoyants, la plupart pensent au testament une fois, quand ils vont voir le notaire pour leur maison, dit Gérard Guay, de la Chambre des notaires du Québec. Les mieux préparés ont souvent été témoins d’une succession catastrophique ou ont vécu un cas de succession après la perte d’un être cher. Ils ont vu comment ça pouvait être compliqué.»

    Bien préparés?

    81 % des Québécois affirment qu’à leur décès ils laisseront quelque chose à leur conjoint ou à leurs enfants.

    48 % seulement des Québécois ont fait leur testament (75 % chez les 55 ans et plus).

    59 % des Québécois ont déjà discuté de leurs dernières volontés avec leur entourage. Les femmes sont un peu plus prévoyantes que les hommes à cet égard.

    24 % des Québécois disent que l’héritage qu’ils pourraient recevoir un jour fait partie de leur planification financière.

    (SOURCE : Sondage CROP-L’actualité mené du 12 au 17 octobre 2016 par l’intermédiaire du Web auprès de 1 000 répondants.)

    L’héritage demeure un sujet de discussion difficile en famille, parce qu’il est à la jonction de deux tabous: l’argent et la mort. Ainsi, 41 % des Québécois n’ont jamais abordé le sujet avec leur entourage, selon le sondage CROP-L’actualité. Ce qui donne des testaments mal faits, dépassés, irréalistes, incohérents, qui réservent souvent de mauvaises surprises aux héritiers et des nuits blanches aux liquidateurs.

    Chaque succession, chaque testament sont des cas uniques, mais tous les notaires, planificateurs financiers, héritiers et liquidateurs interviewés pour ce dossier ou qui ont écrit sur la question s’accordent sur un point: une bonne préparation est essentielle. Tester, c’est prévoir, et cela ne se fait pas en criant lapin. «Il y a des gens très bien préparés et d’autres qui ne le sont pas du tout. C’est très inégal», dit Martin Dupras, planificateur financier et président fondateur du cabinet-conseil ConFor financiers.

    Une succession, même simple, fait appel à des considérations juridiques, fiscales et financières parfois complexes. Bien des mythes et des légendes urbaines viennent tout compliquer. Et ce que vous avez vu à la télé américaine ou française a de grandes chances de ne pas s’appliquer dans le droit québécois! Avant de rédiger, il faut donc consulter. Le notaire, tout comme le planificateur financier, doit être informé du bilan financier et patrimonial de son client, de sa situation familiale, de ses intentions de legs particuliers, de son plan de retraite. Les plus consciencieux voudront même connaître le climat entre les héritiers: est-ce que les enfants s’entendent entre eux, avec les conjoints et le liquidateur?

    «Je veux bien croire que les enfants ou les ex s’entendent bien. Mais je demande souvent à mes clients de fermer les yeux et d’imaginer comment ce sera quand ils ne seront plus là», dit Suzanne Hotte, notaire et médiatrice successorale au cabinet Hotte & associés. «Heureusement, il existe toutes sortes de solutions pour prévenir les conflits.» À condition de connaître la situation… et de la reconnaître!