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  • 17-08-2016 Vous somnolez le jour? C’est peut-être dû à l’apnée du sommeil…

    Alain Vadeboncoeur - L’actualité

    L’apnée du sommeil est un mal sournois, souvent insoupçonné, qui peut causer bien des dommages et même abréger vos jours! Voici de quoi il retourne et comment la traiter.

    Par une belle soirée d’été, tandis que l’oncle Gaston s’endort lentement sur sa chaise près du feu qui crépite, la famille discute autour, de tout et de rien. L’air venant du lac est bon, les moustiques ont apparemment fait la grève ce soir et une musique douce provient du chalet.

    Soudain, un grognement effroyable saisit tout le monde! On se retourne pour apercevoir la bête que personne n’a vue venir, mais on ne voit rien surgir de l’ombre.

    Votre oncle ouvre alors vaguement les yeux, respire profondément, puis retombe endormi, toujours assis, la tête renversée en arrière. C’était donc lui, le grognement. Tante Hélène, gênée, murmure: «Excusez-le, il ronfle un peu. Et il fait de l’apnée du sommeil, aussi. On a découvert ça l’an dernier.»

    Tandis que les conversations reprennent, vous observez votre oncle, qui s’enfonce dans les profondeurs du rêve. Il respire plus calmement et a l’air tout à fait détendu, comme si rien ne s’était passé.

    À un moment donné, toutefois, vous remarquez que les mouvements respiratoires semblent plus laborieux. Vous portez plus attention, en vous déplaçant vers lui avec inquiétude.

    Aucun doute, il dort toujours, son thorax monte et descend, mais l’air bloque! Rien ne passe! On dirait qu’il bute contre un obstacle dans l’arrière-gorge.

    «Gaston s’est étouffé!»

    Votre cri perce la nuit! Tout le monde se lève d’un coup et s’approche. Votre oncle dort toujours profondément, les mouvements de son thorax sont de plus en plus intenses, il est peut-être dans le coma!

    «Tassez-vous, je vais lui faire un Hemlich!»

    Affolé, vous vous placez derrière lui, ce qui n’est pas commode vu sa corpulence, et tandis que vous peinez à joindre vos mains à l’avant de son estomac… le même rugissement incroyable, siphon d’air englouti dans la panse, s’élève de sa bouche grande ouverte! Le monstre va même parler.

    «Qu’est-ce qui…»

    Votre oncle tourne un peu la tête, vous fixe d’un regard absent.

    «C’est toi que… Qu’est-ce que tu fais là?
    – Tu ne respirais plus et…
    – Ben voyons. Qu’est-ce que vous avez, tout le monde?»

    Gaston observe d’un air éberlué ceux qui l’entourent. Hélène s’approche de lui.

    «Viens, Gaston, on va aller se coucher. Faites-vous-en pas, il fait juste un peu d’apnée du sommeil. On va te mettre ton appareil. Bonne nuit, tout le monde.
    – Bonne nuit.»

    Et vous regardez s’éloigner la frêle Hélène et l’énorme Gaston, qui titube un peu dans la nuit.

    Les causes de l’apnée

    L’apnée obstructive du sommeil (aussi appelée syndrome d’apnée-hypopnée obstructive du sommeil) dont souffre votre oncle Gaston est une maladie respiratoire sérieuse qui interrompt fréquemment le repos, entraîne une fatigue importante et cause une foule de problèmes de santé.

    Elle touche au moins une personne sur 20, les hommes davantage que les femmes. En plus d’avoir le don d’inquiéter beaucoup les proches, notamment les conjoints, qui partagent ces nuits agitées.

    La maladie porte bien son nom, puisque «apnée» signifie «suspension volontaire ou non, plus ou moins prolongée, de la respiration» (source: Antidote). Dans ce cas, la suspension de la respiration n’est évidemment pas volontaire, alors que le mécanisme le plus fréquent est une vraie obstruction, qui bloque temporairement le passage de l’air vers les poumons.

    On remarque chez les patients en observation de véritables arrêts respiratoires, variables en fréquence et en durée et survenant exclusivement pendant le sommeil. Des pauses de 10 à 30 secondes, parfois plus. Les personnes peuvent les vivre des dizaines ou même des centaines de fois chaque nuit. Le tout s’accompagne souvent d’une baisse de l’oxygène, mesurée par un capteur (saturomètre) placé au bout du doigt.

    L’apnée du sommeil comporte un certain nombre de facteurs de risque, notamment le surpoids, comme chez l’oncle Gaston. Un cou large (plus de 17 pouces de circonférence chez l’homme; plus de 16 chez la femme) semble aussi prédisposer à cette maladie. Tout comme la présence de celle-ci dans la famille.

    Ceux qui fument, boivent régulièrement de l’alcool ou prennent des médicaments favorisant la somnolence sont plus exposés. Les plus de 40 ans de même que les ronfleurs forment par ailleurs une cible de prédilection. Enfin, les allergies respiratoires constituent également un facteur de risque.

    De multiples problèmes de santé affectent ceux qui souffrent de l’apnée du sommeil. D’abord, les malades non traités doivent lutter contre la somnolence de jour, ils ont sept fois plus de risques d’accident de la route ou de travail, sans parler des troubles de concentration.

    Mais c’est aussi et surtout un facteur de risque reconnu pour l’hypertension, le syndrome métabolique, la dépression et même les crises cardiaques. L’apnée du sommeil réduit donc l’espérance de vie. Dans les cas les plus sévères, on parle de plusieurs années en moins. Ce n’est pas rien!

    Diagnostic et traitement

    Si la majorité des personnes qui en souffrent ne sont pas au courant de leur état, elles peuvent déjà avoir des doutes si elles présentent des facteurs de risque, ronflent abondamment, si le conjoint observe des pauses respiratoires ou que la somnolence gâche les journées.

    On peut d’ailleurs en évaluer l’intensité sur l’échelle suivante, proposée par l’Association pulmonaire du Québec:

    Test d’évaluation de la somnolence diurne.
    (Source: Association pulmonaire du Québec.)

    Le diagnostic s’effectue, sur prescription médicale, en laboratoire de sommeil ou plus simplement à domicile, avec un appareil appelé polysomnographe, qui mesure votre respiration ainsi que vos paramètres vitaux.

    Cet appareil prend en compte plusieurs paramètres biologiques, dont la respiration, le pouls et les mouvements, de même que la quantité d’oxygène dans le sang, ce qui permet de dresser un tableau complet de l’incidence d’éventuelles pauses respiratoires sur les paramètres vitaux. Cette échelle classifie la gravité de l’apnée du sommeil:

    • Légère: 5 à 15 anomalies respiratoires/heure
    • Modérée: 15 à 30 anomalies respiratoires/heure
    • Sévère: + de 30 anomalies respiratoires/heure

    En ce qui concerne les traitements, une perte de poids pourrait aider, de même que des habitudes favorisant le sommeil, par exemple travailler selon un horaire régulier. Faire de l’exercice, éviter le tabac et réduire sa consommation d’alcool sont toutes de bonnes idées. Dormir sur le côté peut également améliorer le sommeil et ainsi diminuer la sévérité de l’apnée.

    Du point de vue technique, l’appareil d’avancement mandibulaire peut aussi aider certaines personnes souffrant d’apnée: la langue étant attachée à la mandibule, cet avancement permet d’éviter une obstruction.

    Une opération sera requise dans de rares cas pour lever certains obstacles sur le passage de l’air.

    Mais le meilleur traitement, c’est l’appareil de ventilation à pression positive continue (mieux connu sous le nom de CPAP), indiqué pour l’apnée obstructive importante. Le principe est de maintenir constamment cette pression, qui agit en ouvrant les voies respiratoires, ce qui empêche le blocage de l’air par les parois.

    L’adaptation (au port du masque nasal, à la position de sommeil, au bruit) est parfois longue, souvent de quatre à six semaines, mais l’appareil améliore ensuite tellement la qualité de vie que les «apnéistes» ne peuvent plus s’en passer.

    Comme l’oncle Gaston, qui a recommencé à aller pêcher et à faire de la marche rapide depuis qu’il porte le CPAP la nuit.

    Soyez donc vigilants!

    Et pour en savoir plus, je vous recommande l’excellent site de l’Association pulmonaire du Québec, en particulier la section touchant l’apnée du sommeil.

  • 15-08-2016 Soeur Madonna Buder participe à un Ironman à 86 ans !

    Senioractu.com

    Dans le cadre de sa campagne de communication estivale « Unlimited Youth », l’équipementier sportif américain Nike vient de présenter le portrait de Sœur Madonna Buder, qui à l’âge de 86 ans, a participé à un triathlon qui s’est déroulé à Hawaii. Une formidable athlète !

    Avant d’évoquer la prouesse de Sœur Madonna Buder, rappelons qu’un Ironman* est une course particulièrement éprouvante qui réunit trois épreuves d’endurance : une course en mer, une course à vélo et une course à pied pour finir. En tout, 226 km. La course ultime. Bref, ce type d’épreuve n’est clairement par à la portée du premier venu et nécessite une forme olympique et un entrainement particulièrement intense. 
      
    Dans le cadre d’une belle campagne de communication baptisée « Unlimited Youth » (« jeunesse sans limite en français), Nike a donc réalisé le portrait de cette nonne de 86 ans, qui malgré son âge a participé à cette éprouvante épreuve qui s’est déroulée à Hawaii (Etats-Unis). Hawaii étant le berceau de cette « course de fer » !    
      
    Elle a commencé ce genre de course en 1985 à 55 ans. Comme quoi il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. A 82 ans, elle fut la femme la plus âgée au monde à venir à bout d’un Ironman ! Elle a aussi battu le record de sa catégorie (80/84 ans) avec un chrono de 16 heures et 32 minutes ! Un record qui tient toujours d’ailleurs… 

    Aujourd’hui, à l’âge de 86 ans, elle en est à son 45e Ironman ! C’est tout simplement incroyable. A tel point qu’on la surnomme désormais Iron Nun (la nonne de fer). Naturellement, au cours de sa « carrière sportive », elle a connu quelques déconvenues, mais peu importe : « Le seul échec est de ne pas essayer. Car le seul fait d’essayer est déjà un succès en soi » a-t-elle l’habitude de dire. Quant à son endurance, elle l’attribue au fait de savoir « écouter son corps » et « à son esprit toujours positif ». 
      
    Incontestablement, une bien belle athlète. Sans forcément aller jusqu’à l’Ironman, un exemple à suivre. 
      
    *3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon de 42,195 km

  • 15-08-2016 LE RÉSEAU FADOQ DÉNONCE L’ÂGISME À L’ENDROIT DE WINSTON MCQUADE

    Réseau : Le Réseau FADOQ

    MONTRÉAL, le 15 août 2016 – Le Réseau FADOQ déplore le plus récent cas d’âgisme à faire surface dans la sphère médiatique et en appelle à une plus grande inclusion des aînés dans notre société vieillissante. Lire le communiqué

  • 13-08-2016 Quand la misère s'ajoute à la maladie

    Mélanie Noël - La Presse

    Roland, 63 ans, est atteint d'une dégénérescence corticobasale (DCB), une maladie neurodégénérative progressive rare qui, au fil du temps, provoque la détérioration du cerveau. En raison de cette détérioration, les personnes atteintes de la DCB éprouvent des difficultés accrues de coordination, de mouvement, de raisonnement et d'élocution. Le diagnostic est tombé en 2011. Mais la maladie faisait des ravages depuis déjà cinq ans. Et pendant ces cinq années, l'homme d'affaires qu'il était a tout perdu.

    « Avant qu'on sache pour la maladie, Roland a fait faillite, car il n'était plus capable de travailler, il oubliait tout », confie sa femme Diane*.

    De 2010 à mars 2016, Diane et son fils ont pris soin jour et nuit de Roland. « Notre fils restait avec son père le jour, pendant que je travaillais à temps plein. Un minimum de 40 heures semaine plus un 10 heures de transport. Je devais l'habiller, le faire manger, faire sa toilette et le surveiller, car il chutait. Et les nuits, j'étais toujours aux aguets », raconte Diane.

    Pour le fils, son père devient un job à temps plein non rémunéré. « Il recevait l'aide sociale minimum et n'avait pas droit au supplément pour aidant naturel, car on nous a dit que mon mari n'était pas assez âgé », précise Diane.

    Au fil des jours, son état se détériore. Errance, grande difficulté à marcher, perte de mémoire, trouble de langage.

    Le 6 mars, Roland a été placé en CHSLD. « Ce n'était pas la volonté de ma tante de placer son mari, mais ça n'avait plus de bon sens. Même le CLSC trouvait que ça n'avait pas de sens, il avait besoin de trop de soins », souligne la nièce de Diane, Karine, qui l'aide dans ses démarches.

    Depuis cet hiver, Roland vit donc dans un CHSLD d'une petite municipalité d'Arthabaska, dans une chambre à deux lits. Coût de la facture : 1514 $ par mois. Si on considère uniquement la Régie des rentes pour invalidité que reçoit Roland depuis 2011, soit environ 800 $ mensuellement, il y a un manque à gagner de plus de 700 $ par mois.

    Diane ne peut même plus piger dans les économies du couple pour combler la différence. Parce que, avant le diagnostic, la maladie a vidé les poches du couple qui ne détient plus aucun REER, placement ou économie. Le seul bien que détient Diane est la maison. Une maison dont elle a dû racheter la moitié appartenant à son mari lorsque ce dernier a fait faillite.

    « Déjà, les dépenses ne sont plus divisées par deux, le 800 $ de rente ne sert plus à payer les dépenses communes et en plus, je dois payer pour le CHSLD. J'ai même tenté de vendre la maison, mais comme on vit dans une petite municipalité éloignée et en décroissance, le prix annoncé couvrait tout juste mon hypothèque et je n'ai eu aucune offre », explique Diane.

    « Et si elle perd la maison, elle doit quand même payer un loyer », précise Karine.

    Et toutes ses dépenses, Diane doit les assumer avec les 60 pour cent de son salaire reçu de ses assurances, car depuis mars elle est en arrêt de travail. Au bout du rouleau. Voire en dépression.

    « En ce moment, on met plus qu'une vie en danger. Ça pis une corde, c'est presque pareil. Diane n'en peut plus », indique la mère de Karine, également présente lors de la rencontre, ajoutant que Diane songe par moment à abandonner l'idée de retourner travailler pour se tourner vers l'aide social, elle qui à 55 ans a travaillé toute sa vie.

    « Roland et Diane ont travaillé toute leur vie. Roland était un homme d'affaires intelligent. Le couple faisait partie de la classe moyenne. Aujourd'hui, dans les moments où Roland est conscient, il est très inquiet pour sa famille », note encore la mère de Karine.

    « Quand je le visitais au CHSLD, parfois il ne voulait pas manger, car il pensait que ça me coûterait plus cher et qu'il empirerait notre situation financière. Je lui ai dit : mange, c'est gratuit », lance Diane entre deux sanglots.

    *Afin de protéger l'identité du patient, nous avons utilisé des prénoms fictifs pour ce reportage.

    Longue réflexion, mais pas de conclusions

    En 2012, le ministre de la Santé de l'époque, Réjean Hébert, avait parlé de modifier la Loi sur les services de santé et les services sociaux à la suite d'un reportage de La Facture sur le triste sort d'une jeune femme de 32 ans et de son conjoint. Le jeune couple, dont la femme avait dû être placée en CHSLD, risquait de plonger dans la pauvreté à cause de règles de la RAMQ concernant les tarifs des CHSLD.

    Le ministre Hébert avait demandé une révision significative de la contribution réclamée aux Québécois. La Tribune a contacté l'ancien ministre pour avoir son opinion sur le sujet et savoir où en était rendu le dossier lors de la fin de son mandat.

    « Les règles concernant la contribution du résident hébergé n'ont pas été modifiées depuis plus de 30 ans. Les montants maximum pour ceux qui ont les moyens, ce qui est de plus en plus le cas, n'ont pas été ajustés

    de sorte que le Québec est la province qui demande le moins aux mieux nantis. Le montant ne couvre même pas le gîte et le couvert, ce qui est injuste pour ceux qui vivent à domicile et doivent assumer ces frais. Par contre, dans d'autres cas, les règles sont inappropriées, particulièrement pour les adultes plus jeunes qui doivent bien souvent assumer aussi le maintien de la résidence familiale », note le Dr Hébert.

    « Lorsque j'étais ministre, j'avais demandé à un groupe de travail d'examiner toute la tarification. Ils ont fait le travail, mais on attendait la mise en place de l'assurance autonomie pour mettre en application les nouvelles règles. Comme vous le savez, l'assurance autonomie est morte au feuilleton. Je ne sais pas ce qui est advenu du dossier depuis mon départ », ajoute l'ancien ministre de la Santé.

    La question préoccupe également le cabinet du ministre Gaétan Barrette qui est d'accord avec le fait que la contribution de l'usager doit être revue dans son ensemble.

    « La réflexion est amorcée, elle prendra un certain temps, mais nous ne sommes pas rendus aux conclusions. On espère faire cela dans la prochaine session parlementaire », a déclaré le ministre Barette en entrevue.

    D'ici là, les règles existantes seront appliquées et le ministre Barrette n'ouvre pas la porte aux exceptions.

    Aussi, le ministre de la Santé est au courant qu'un comité de travail avait été créé par son prédécesseur. « Mais je n'ai aucune indication que ce comité a mené à des conclusions. La différence entre nous et le Parti québécois est que nous irons au bout de l'exercice et que ça ne prendra pas une éternité », conclut le ministre Barrette.

    Dans la dernière année, la RAMQ a traité près de 8000 dossiers de demandes d'exonération concernant la contribution financière des adultes hébergés, un bond de 60 % en 5 ans.

    « Par ailleurs, l'augmentation du nombre de demandes d'exonération s'explique par le fait qu'avant le 1er avril 2012, la RAMQ comptabilisait seulement les décisions rendues en réponse à la réception d'un formulaire de demande d'exonération. Depuis le 1er avril 2012, tous les avis de décision émis lors des recalculs de la demande initiale sont comptés. C'est ce qui explique l'augmentation du nombre traité en 2012-2013 par rapport à 2011-2012 », indique le porte-parole de la RAMQ Marc Lortie.

    Le nombre de demandes d'exonération était de 4882 pour l'exercice se terminant en 2012, 6926 en 2013, 7641 en 2014, 7518 en 2015 et 7929 en 2016.

  • 10-08-2016 Cancer de la prostate: dépister ou non?

    PAR CATHERINE CRÉPEAU - Protégez-vous 

    Le taux de survie au cancer de la prostate atteint 96?% si la maladie est traitée précocement. Alors, pourquoi le dépistage systématique n’est-il pas recommandé??? Le point sur la question.

    Cette année, quelque 4 600 Québécois recevront un diagnostic de cancer de la prostate, et environ 890 mourront de cette maladie, ce qui représente 10 % de tous les décès par cancer chez l’homme, selon la Société canadienne du cancer. Il s’agit de la troisième cause de mortalité masculine par cancer, après ceux du poumon et du côlon. Bonne nouvelle cependant : détectée tôt, la maladie se traite bien. Par contre, une fois que la tumeur s’est développée et que des métastases se sont propagées à d’autres parties du corps, notamment les os, l’issue est fatale pour les deux tiers des hommes.

    À première vue, le dépistage systématique pour les hommes à partir de 65 ans – âge moyen auquel le cancer de la prostate est détecté – serait donc une bonne chose. Il pourrait même profiter, de manière préventive, à tous les hommes de plus de 50 ans. Mais tout n’est pas aussi simple : le dépistage à l’aide du test sanguin de l’APS (pour antigène prostatique spécifique) comporte des inconvénients, voire des risques pour la santé. Des études révèlent que des milliers d’hommes auraient subi des examens inutiles ou reçu des traitements agressifs pour des cancers qui se développent lentement et qui ne les auraient peut-être jamais tués.

    Au cours des cinq dernières années, les organismes canadiens et américains qui se spécialisent dans les questions de dépistage ont donc recommandé, chacun leur tour, de ne pas dépister le cancer de la prostate par le test de l’APS. Le débat semblait réglé. Mais depuis peu, des études tendent à montrer que les cas de cancer décelés à des stades avancés sont plus nombreux. 

    Que faire ? Subir un test pour détecter un cancer potentiel le plus tôt possible, sans être certain qu’il sera mortel ? Ou ne pas le faire et courir le risque de se retrouver à l’hôpital avec un diagnostic de cancer avancé ? Avant de prendre une décision, vous devez comprendre les bénéfices et les inconvénients du dépistage pour vous, selon votre âge et vos antécédents familiaux. 

    Qu’est-ce que le cancer de la prostate??

    Ce cancer survient lorsque les cellules de la prostate, une glande située sous la vessie, croissent de façon anormale. Le risque augmente avec l’âge, soit autour de la cinquantaine, mais on le diagnostique le plus souvent chez les hommes de plus de 65 ans. 

    La plupart des cancers de la prostate évoluent lentement – il faut en moyenne entre 10 et 15 ans avant que les symptômes apparaissent – et la majorité des hommes atteints mourront d’une autre cause. Le taux de survie, cinq ans après le diagnostic, est de 96 % pour les cancers traités de façon précoce et de 31 % pour ceux qui sont détectés aux stades avancés. 

    Les causes exactes du cancer de la prostate ne sont pas connues, mais on sait que les risques augmentent avec l’âge, et que les hommes dont le père ou un frère ont eu un cancer de la prostate avant l’âge de 65 ans, ceux qui ont une alimentation riche en viande rouge ou transformée (bacon, saucisses fumées, etc.) et en graisse animale, ainsi que les hommes de race noire présentent un risque plus élevé que les autres. À l’inverse, le taux est plus faible chez les hommes d’origine asiatique. Les médecins ne s’expliquent pas encore la cause de ces différences ethniques.

    Les symptômes 

    Le cancer de la prostate est souvent asymptomatique aux premiers stades de la maladie. La Société canadienne du cancer conseille de consulter votre médecin si vous avez :

    • besoin d’uriner souvent ;
    • un besoin pressant d’uriner ;
    • de la difficulté à commencer ou à cesser d’uriner ;
    • un jet d’urine qui s’interrompt ;
    • une incapacité d’uriner ;
    • du sang dans l’urine ou le sperme ;
    • des éjaculations douloureuses.

    Le dépistage du cancer de la prostate comporte aussi des risques

    Les bénéfices du dépistage du cancer de la prostate ne sont pas si évidents. 

    Par définition, le dépistage vise à déceler une maladie avant que des symptômes ne se manifestent, dans l’espoir de la traiter rapidement et d’en prévenir l’aggravation. Le but : améliorer la santé de la personne, prolonger sa vie ou lui donner une meilleure qualité de vie. Or, pour le cancer de la prostate, ces bénéfices ne sont pas évidents. « Le dépistage permet de détecter davantage de cas, à un stade plus précoce. Les traiter à ce stade donne de meilleurs résultats, mais ne sauve pas nécessairement plus de vies, puisque plusieurs cancers se développent lentement et n’entraînent ni la maladie ni la mort », souligne le Dr?Thierry Lebeau, chirurgien-urologue à l’Hôpital­ Maisonneuve-Rosemont et professeur adjoint de clinique à l’Université de Montréal. 

    La réduction de la mortalité attribuable au cancer ne serait que de 0,1 % chez les hommes de 55 à 69 ans. De 6 pour 1 000 chez les patients qui n’ont pas eu de test de dépistage, les décès passent à 5 pour 1 000 chez ceux qui l’ont subi de façon régulière. Une différence qui s’est manifestée après 13 ans de suivi, précise le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP), mis sur pied par l’Agence de la santé publique du Canada. 

    Le GECSSP souligne que les études menées jusqu’à présent n’ont pas prouvé que le dépistage par test de l’APS réduit la mortalité chez les hommes de moins de 55 ans et de plus de 70 ans, tandis que plusieurs études confirment les inconvénients du test (voyez « Les limites du test de l’APS », ci-dessous). Il recommande donc fortement de ne pas l’utiliser. Même son de cloche aux États-Unis, où la US Preventive Services Task Force (USPSTF) conseille de retirer le dépistage par dosage de l’APS des tests de routine chez les hommes en bonne santé, peu importe leur âge.

    Le Collège des médecins du Québec est plus nuancé : il prescrit au médecin de discuter avec son patient des avantages et des inconvénients du dépistage, qui devrait être envisagé chez les hommes de 55 à 69 ans ayant une espérance de vie de plus de 10 ans – c’est-à-dire qui n’ont pas de maladie grave menaçant leur vie à court terme – ainsi que chez les plus jeunes qui sont plus à risque en raison, par exemple, de leurs antécédents familiaux. Une position proche de celle de l’American Urological Association, qui propose le dépistage en fonction du risque du patient, mais ne le recommande pas après 70 ans. 

    «?Chaque année, 24?000 Canadiens reçoivent un diagnostic, et plus de 4?000 en meurent. Pour la plupart de ces derniers, leur cancer a été diagnostiqué trop tard. Est-ce qu’on les aurait tous “attrapés” avec le dépistage?? C’est la question qui se pose.?» 

    Les limites du test de l’APS

    Ces recommandations mettent en évidence les lacunes du test de l’APS, le plus souvent utilisé pour dépister le cancer de la prostate. Ce test sanguin mesure le niveau d’antigène prostatique spécifique (APS), une protéine fabriquée par la prostate. Voici les trois principales limites de ce test.

    Imprécision. Une quantité anormalement élevée d’APS dans le sang peut indiquer la présence d’un cancer ou d’un autre problème de santé lié à la prostate comme un grossissement (hyperplasie bénigne), une infection ou une inflammation de la prostate (prostatite). Comme le taux d’APS a aussi tendance à augmenter avec l’âge, l’interprétation des résultats peut porter à confusion. « Ce test peut conduire à manquer un diagnostic de cancer alors qu’il est présent [faux négatif] ou à l’attribuer à des patients en bonne santé [faux positif] », explique le Dr?Fred Saad, urologue, oncologue et chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal. 

    Environ 18 % des hommes âgés de 55 à 69 ans qui ont subi un dépistage au moins une fois ont reçu un résultat faux positif, soit un diagnostic de cancer qui s’est révélé négatif lors de la biopsie de confirmation.

    Effets secondaires. « Un taux anormal d’APS amène à faire beaucoup de tests supplémentaires pour confirmer la présence de cancer, avec tous les effets secondaires que ça entraîne. Une biopsie, ce n’est pas anodin. On peut en mourir, même si c’est rare », souligne l’urologue Thierry Lebeau. La procédure peut, en effet, provoquer des infections ou réveiller des maladies sous-jacentes comme l’insuffisance cardiaque ou des troubles respiratoires. Un tiers des hommes qui ont subi une biopsie ont souffert d’une complication, comme des douleurs, de la fièvre, des difficultés urinaires passagères, du sang dans le sperme ou dans l’urine. Et 1 % a été hospitalisé à cause d’une complication.

    Surdiagnostics. Autre inconvénient du test de l’APS : il ne permet pas de distinguer les cancers qui évolueront de ceux qui se développent si lentement que le patient n’en ressentira jamais les symptômes. D’après les données disponibles, environ 40 % des cancers dépistés (de 23 à 58 %, selon les études) sont de cet ordre. Ces surdiagnostics entraînent des milliers de traitements inutiles : retrait de la prostate (prostatectomie radicale), radiothérapie ou autre. Selon les données compilées par le GECSSP, parmi les hommes traités :

    • de 11 à 21 % auront des complications à court terme (infections, chirurgies additionnelles, transfusions sanguines) ;
    • de 13 à 44 % souffriront de dysfonction érectile à long terme ; 
    • 18 % souffriront d’incontinence urinaire ;
    • de 0,4 à 0,5 % mourront des suites des complications de leur chirurgie.

    Distinguer dépistage et traitement

    Malgré ces limites, le test de l’APS reste l’outil le plus efficace pour détecter le cancer de la prostate, selon le Dr?Fred Saad. « Si on avait l’équivalent pour le cancer du sein, du poumon ou du côlon, ce serait extraordinaire. Il est plus précis que la mammographie. Un APS élevé signale un cancer dans 40 % des cas, alors que seulement 10 % des anomalies détectées par la mammographie révèlent des cancers », explique-t-il. 

    Pour le chercheur et clinicien, il ne faut pas cesser le dépistage, mais le « faire de façon intelligente », c’est-à-dire « recentrer le débat et séparer le dépistage du traitement. Ce n’est pas parce qu’on découvre un cancer qu’il faut le traiter ». C’est pourquoi les urologues québécois privilégient depuis quelques années la surveillance active. Les patients sont suivis de près à l’aide de touchers rectaux, de tests de l’APS ou de biopsies, mais ne reçoivent un traitement (le plus souvent de la radiothérapie ou l’ablation de la prostate) que si la tumeur grossit. « En se limitant ainsi au traitement des cancers agressifs, on augmente les bénéfices du dépistage, sans nuire à la survie à long terme », souligne le Dr?Saad.

    La survie à long terme des patients pourrait cependant être menacée si on cesse de dépister le cancer de la prostate. Les urologues rencontrés craignent que les patients se présentent avec des cancers avancés, plus difficiles à traiter. « Depuis qu’on a abandonné le dépistage, on a l’impression de voir plus de cancers avancés ou métastasiques. Est-ce que des cas nous échappent parce qu’ils nous arrivent trop tard ? Oui. Combien ? C’est à voir. Aux États-Unis, ils sont en train de documenter le sujet », souligne le Dr?Lebeau. 

    Des études présentées au congrès de l’European Association of Urology, en avril?2016, semblent lui donner raison. Dans l’une d’elles, des chercheurs de l’Henry Ford Hospital de Detroit, aux États-Unis, ont mis en évidence un bond de 14 % du risque de cancer grave de la prostate chez les hommes de plus de 75 ans depuis la recommandation de l’USPSTF, en 2008, de cesser le dépistage pour ce groupe d’âge. Ils s’attendent maintenant à observer un phénomène similaire chez les hommes plus jeunes, en raison de la recommandation de 2011 de cesser le dépistage systématique, peu importe l’âge. 

    11 Canadiens meurent en moyenne chaque jour d’un cancer de la prostate.
    Source : Socie?te? canadienne du cancer. 

    Améliorer le dépistage

    La réponse au débat sur la pertinence du dépistage réside dans l’amélioration du test de l’APS pour le rendre plus spécifique. Les recherches portent principalement sur l’identification de biomarqueurs dans le sang, l’urine et le sperme, ainsi que des gènes qui influent sur le développement de la maladie. « L’objectif n’est pas de remplacer le test, mais de l’améliorer pour éviter des examens invasifs inutiles », indique la Dre?Jenna Fong, directrice de la recherche à Cancer de la Prostate Canada, une fondation vouée à l’éradication de la maladie par la recherche, l’éducation, le soutien et la sensibilisation.

    Les chercheurs travaillent aussi à des tests permettant d’évaluer l’agressivité des cancers afin d’aider les médecins à déterminer quels patients profiteraient de la surveillance active et lesquels bénéficieraient d’un traitement dans les cas de cancers précoces ou intermédiaires, explique le Dr?Saad. Ce dernier attend aussi beaucoup des développements de l’imagerie par résonance magnétique pour détecter les tumeurs cancéreuses. 

    L’odorat canin pourrait également être mis à profit. Des chercheurs britanniques, français et italiens ont montré que des chiens spécialement entraînés sont capables de détecter le cancer de la prostate avec succès en reniflant un échantillon d’urine. Bien qu’encourageants, ces résultats restent anecdotiques, car un test canin utilisable dans les hôpitaux serait difficile à standardiser, commente le Dr?Lebeau.

    «?En améliorant les méthodes de dépistage, on cherche à déterminer quel patient va profiter des traitements, à quel moment et avec quelles chances de succès.?»
    Dre?Jenna Fong, directrice de la recherche à Cancer de la Prostate Canada

    De nouveaux traitements à l’étude

    En plus de tenter de mettre au point des tests de dépistage plus précis, les chercheurs planchent sur de nouveaux médicaments. « Depuis 10 ans, on a doublé la durée de vie des patients atteints de cancers avancés, la faisant passer de 18 à 36 mois, mais il y a encore du chemin à faire », souligne le Dr?Saad, qui met présentement à l’essai dans 196 hôpitaux dans le monde une combinaison de deux médicaments qui pourrait prolonger la vie et diminuer la souffrance des patients. Les premiers essais sont encourageants, mais il faudra attendre au moins trois ans avant de connaître les résultats de l’étude. 

    Un autre Québécois, Robert Day, chercheur à l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke, a développé un médicament qui interrompt la croissance des tumeurs cancéreuses en bloquant une enzyme nommée PACE4. Les résultats obtenus chez les souris sont de bon augure. « Maintenant, il faut voir comment on peut appliquer nos travaux aux humains, mais ça pourrait déboucher sur des résultats qui amélioreront directement la santé des patients », croit le chercheur, qui prévoit commencer ses essais cliniques à l’automne 2017.

    Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et du Vancouver Coastal Health Research Institute ont conçu pour leur part un traitement des cancers avancés qui résistent aux traitements actuels, ceux qu’on appelle hormonorésistants. Le médicament vise à empêcher la tumeur de grossir en neutralisant le récepteur d’androgène, qui, lui, en favorise la croissance.

    Des travaux se poursuivent également pour améliorer les traitements existants : de nouvelles méthodes de radiothérapie seraient en préparation, tout comme un procédé utilisant la robotique lors  de l’ablation de la prostate.

  • 09-08-2016 Une rançon pour vos photos?

    Geneviève Lajeunesse - L’actualité

    Les attaques de type rançongiciel font de plus en plus de victimes chez les particuliers. Des trucs pour se protéger.

    À première vue, le courriel ne détonne pas. Une connaissance vous envoie un message comprenant une présentation PowerPoint, à en juger par le nom du fichier. Un diaporama de photos de voyage, peut-être. Vous tentez de l’ouvrir, mais ça ne fonctionne pas. Puis soudain…

    Sur votre écran, un message pour le moins hostile s’affiche, qui ne vient manifestement pas de votre connaissance: vos fichiers importants ont été cryptés ou, pire encore, vous ne pouvez plus accéder au contenu de votre appareil. Vous êtes victime d’une attaque de type rançongiciel!

    Si vous ne payez pas la rançon demandée — de 300 à 1 000 dollars, voire plus — dans le délai prescrit, vous perdrez définitivement accès à tout: vos photos, vos courriels, votre budget… Magnanime, le cyberassaillant vous offrira l’aide, par un clavardage sécurisé, du «service à la clientèle» (rapide et courtois, à faire pâlir d’envie certaines entreprises qui font des affaires en ligne) pour vous guider dans le versement de la rançon.

    Le phénomène est encore relativement marginal, avec un peu moins de 1 % des cyberattaques répertoriées aux États-Unis en 2015. Mais il a ceci de particulier qu’il cible Monsieur et Madame Tout-le-monde, pas seulement les entreprises, gouvernements et autres grandes organisations.

    Et c’est payant. Une majorité de gens sont très attachés à leurs fichiers personnels — vos photos de famille ne sont-elles pas inestimables? En jouant sur l’émotion, voire en ajoutant une pointe de menace («nous divulguerons à votre employeur que vous avez téléchargé des contenus interdits», par exemple), ces arnaqueurs sont très efficaces pour extorquer quelques centaines de dollars, avec un minimum d’effort, à des gens qui ne sont pas prémunis contre ce type d’attaque.

    Les rançongiciels sont le plus souvent déployés par l’intermédiaire d’un courriel malveillant, mais pas toujours. On peut entre autres se faire infecter en téléchargeant une application dont les fonctionnalités légitimes ont été doublées de cette mauvaise surprise, ou simplement en affichant une bannière publicitaire infectée.

    Si cela vous arrive et que vous n’avez pas de copie de sauvegarde de vos fichiers, votre principal recours sera leCentre antifraude du Canada, où l’on vous aiguillera pour la suite des choses.

    Le conseil principal demeure de redoubler de prudence avant de cliquer sur des liens ou d’ouvrir des pièces jointes aux courriels. Il peut aussi être utile de se munir d’un antivirus, même si ce type de logiciel n’est pas infaillible. Au-delà de ces évidences, quelques conseils supplémentaires sont de mise:

    1. Ne supposez pas qu’un courriel est légitime parce qu’il provient d’un contact connu. Certains escrocs prendront le temps de dresser votre portrait détaillé avant de tenter de vous piéger. Réfléchissez à votre présence en ligne: que pourrait-on apprendre de vous en consultant votre profil Facebook, LinkedIn, le site Web de votre entreprise, etc.? Comment cette information pourrait-elle être utilisée pour gagner votre confiance?

    2. Faites preuve de diligence avec vos copies de sécurité («backups»). Une copie de secours sur un lecteur réseau ne suffit pas à vous protéger contre les rançongiciels: certains ont la capacité de s’étendre à tout votre réseau. Conservez vos données sur un disque dur externe, par exemple, que vous ne laisserez pas branché à votre ordinateur. Et effectuez des sauvegardes fréquemment. Pourquoi ne pas en faire un rendez-vous hebdomadaire? Avec une copie de sécurité de vos précieux fichiers, vous ne donnerez aucune prise aux escrocs.

    3. Si vous utilisez un ordinateur pour les loisirs et le travail, réservez un compte à chaque usage. Configurez-les de façon à ce qu’ils ne puissent installer automatiquement des programmes. Réservez ces opérations à un troisième compte, qui ne servira qu’à ça.

    La rançon moyenne exigée a beau ne pas être astronomique (surtout comparée à celle demandée aux organisations), prendre quelques moments pour se rendre moins vulnérable aux attaques est toujours du temps bien investi.

  • 09-08-2016 Survivrez-vous à vos économies ?

    Fabien Major - Le Journal de Montréal

    La hantise des administrateurs de fonds de publics, c’est le vieillissement de la population. Environ 2 millions de Canadiens ont plus de 80 ans. Statistique Canada estime que 35 400 Canadiens seront centenaires en 2046.

    En général, l’âge de la retraite se situe toujours autour des 65 ans, mais il est souvent proche de 60 ans pour ceux qui bénéficient d’un bon fonds de pension. Avec les avancées scientifiques, on pourra passer plus d’années à la retraite qu’à travailler. On se présente au travail de 23 ans jusqu’à 60 ans, puis on vit de ses rentes de 61 à 100 ans! Mais comment pourrons-nous financer ça? C’est le défi.

    Quelle est votre date d’expiration ?

    Récemment, un client me demandait de lui faire une projection de retraite qui cessera à 75 ans. «Si j’en ai assez pour me rendre là, je vais être ben content!» Malheureusement, on ne choisit pas sa date de décès. Même si on ne vit pas très vieux dans votre famille, on ne peut rien présager. En préparant une stratégie de décaissement de vos économies, il faut se rendre au moins à l’espérance de vie.

    Mais ce chiffre n’est qu’une donnée statistique. L’espérance de vie est la durée de vie moyenne d’une population et indique, en fin de compte, que 50 % des citoyens peuvent «espérer vivre jusqu’à cet âge». Donc, la moitié ne s’y rendra pas OU le dépassera. Statistique Cana­da estime qu’un Canadien qui a 65 ans cette année vivra en moyenne 20 ans de plus.

    Tentez d’imaginer un instant votre vie, si à 75 ans vous êtes en parfaite santé, vous avez toute votre tête et... vous êtes cassé comme un clou! Quel cauchemar, n’est-ce pas? Survivre à ses économies sera le propre des malchanceux, mais également de ceux qui ont négligé de contribuer et de diversifier leurs sources de revenus de retraite.

    Comment gérer le risque de longévité ?

    La diversification reste un outil extraordinaire de gestion des risques. Avoir un fonds de pension au travail n’est pas suffisant. Il faut aussi cotiser au maximum de ses capacités à ses REER et CELI, mais, surtout, penser comme un régime de retraite responsable, c’est-à-dire détenir des obligations, des actions de sociétés canadiennes et internationales, de la liquidité et quelques produits offrant des revenus garantis prévisibles comme les rentes. Aussi, des couvertures d’assurance en cas de maladie grave et de soins de longue durée vous éviteront de puiser trop profondément dans votre bas de laine, si des ennuis de santé sérieux viennent à hypothéquer votre vie ou celle d’un de vos proches.

    LES RISQUES DE VIVRE VIEUX

    • La structure des régimes de retraite est à revoir
    • Les frais médicaux et de soins de santé augmentent sans cesse
    • L’inflation et l’impôt réduisent le pouvoir d’achat
    • Les gouvernements auront-ils les capitaux suffisants?
  • 04-08-2016 Les baby-boomers qui se défont de leur maison, de plus en plus nombreux

    ici-radio-canada.ca

    Autre conséquence du vieillissement de la population, les baby-boomers sont de plus en plus nombreux à se départir de leur résidence, souvent plus grande et plus luxueuse, pour acquérir une demeure plus modeste, près des services. Le phénomène se fait particulièrement sentir en banlieue et dans les zones de villégiature.

    Ginette Poitras et Régent Dumoulin font partie du lot. Leur magnifique maison canadienne sur le bord du Richelieu est à vendre. « Trop d'entretien, trop grand, trop vieux. Il est temps qu'on rapetisse un peu. Et c'est la seule et unique raison, parce que j'adore le bord [de la rivière] », explique Régent Dumoulin.

    Le couple n'est pas le seul à afficher « à vendre ».

    Les pancartes abondent sur le chemin qui borde la rivière. « Les maisons du bord de l'eau, c'est la troisième ou quatrième maison [qu'on achète], ce n'est pas la première maison parce qu'elles sont dispendieuses. Donc, quand les gens partent, c'est parce qu'ils sont plus âgés », explique Michel Robichaud, directeur d'agence et courtier immobilier à Saint-Denis-sur-Richelieu.

    Selon lui, la multiplication des propriétés mises en vente est en partie due aux répercussions de trois années difficiles. « Ce sont des propriétés qui ont été en vente et qui n'ont pas été vendues. Donc [elles sont] en vente encore l'année suivante avec celles qui se sont ajoutées pour différentes raisons : divorces, transferts, etc. »

    Toutefois, Michel Robichaud reconnaît que le facteur du vieillissement se fait sentir. « Ça commence à paraître, je pense, un peu plus; on voit des gens qui doivent vendre à cause de l'âge, pour se rapprocher des hôpitaux, des services de transport en commun », ajoute-t-il.

    « Dans les secteurs de villégiature, là où il y a une proportion plus élevée de ménages de 65 ans et plus, le ratio offres-demandes sur le marché de la revente est également plus élevé », explique Paul Cardinal, directeur du service Analyse du marché de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

    Une étude de cette fédération sur 10 zones de villégiature établit une corrélation entre le nombre de mois qu'une maison reste sur le marché de la revente et la proportion de ménages de 65 ans et plus. Résultat : plus la proportion de retraités est élevée, plus la résidence est longue à vendre.

    Par exemple, dans Charlevoix, où la proportion de ménages de 65 ans est de 38 %, les résidences restent près de quatre ans sur le marché.

    Selon les analystes, dans une dizaine d'années, le vieillissement de la population risque de bouleverser profondément le marché immobilier.

    D'après le reportage de Maxime Bertrand

  • 04-08-2016 Le tour du lac Saint-Jean à vélo à 90 ans

    LAURE GAGNON-TREMBLAY - Le Quotidien

    Âgé de 90 ans, le Robervalois Nelson Bonneau a entamé, jeudi, son troisième tour du lac Saint-Jean à vélo. Accompagné de plusieurs membres de sa famille, dont son arrière-petit-fils, l'homme a quitté Roberval au matin et est arrivé à Alma, deuxième étape de son parcours, en fin d'après-midi.

     «Tout s'est extrêmement bien passé. Notre père ne montre pas de signes de fatigue, il a parcouru tout le trajet sans problème. Maintenant, il prend une bière avec nous en attendant de manger de la tourtière», raconte son fils, Éric Bonneau, qui a été joint parLe Quotidien en début de soirée, jeudi.

    Il ajoute que la météo a été de leur côté, puisque les cyclistes n'ont pas été touchés par les orages, même s'ils ont reçu quelques petites gouttes de pluie.

    Éric Bonneau raconte que le projet de son père est une grande fierté pour toute la famille. Selon lui, Nelson Bonneau est un modèle et il donne un très bon exemple. «C'est un monsieur qui a toujours un projet, qui voit toujours une solution, raconte M. Bonneau. Il nous a toujours appris que l'activité physique c'était important. Il démontre vraiment bien ce qu'on entend dire sur l'importance de rester actif depuis quelques années. Vivre longtemps, c'est une chose, mais vieillir en santé, c'en est une autre.»

    En tout, les quinze cyclistes parcourront 240 kilomètres sur la Véloroute des Bleuets. Il y a des arrêts de prévus à Péribonka et à Normandin, en plus de celui d'Alma, pour que les sportifs passent la nuit. Ils sont attendus à Roberval dimanche soir.

    «Ce qu'on fait cette fin de semaine, ce n'est que la "cerise sur le sundae". Ce qui est vraiment impressionnant, c'est que mon père est actif chaque jour. Il n'arrête pas», mentionne Éric Bonneau.

    Il explique que l'homme de 90 ans fait du vélo chaque jour pendant la saison estivale, en plus de continuer à s'entraîner à l'intérieur pendant les mois les plus froids.

    «Il n'y a rien de plus puissant que de donner l'exemple quand on veut faire changer les choses, ajoute M. Bonneau. C'est sûr que c'est difficile de faire changer les habitudes de vie. Mais je crois que les jeunes qui le voient faire peuvent comprendre ce que c'est de vieillir en santé. Il est sans aucun doute un modèle et un exemple à suivre.»

    D'après son fils, Nelson Bonneau est une personnalité connue dans la communauté de Roberval, et encore plus dans l'immeuble pour personnes âgées dans lequel il demeure.

    «C'est le seul à Roberval qui fait ça, qui est comme ça. Tout le monde le connaît, tout le monde est au courant du phénomène Nelson Bonneau!», conclut-il.

  • 03-08-2016 Violence financière envers les aînés : des cas plus fréquents qu'on le soupçonne

    RENÉ-CHARLES QUIRION - La Tribune

    SHERBROOKE — Les interventions de l'organisme DIRA-Estrie auprès d'aînés victimes de maltraitance ont littéralement explosé au cours de la dernière année.

    La coordonnatrice du centre d'aide aux aînés victimes de maltraitance, LucieCaroline Bergeron, soutient que les cas de maltraitance financière d'enfants ou de petits-enfants qui soutirent de l'argent à un aîné ne sont pas exceptionnels.

    Les cas semblables à celui de Youri Blais-Skorvaga qui est accusé d'avoir soutiré plus de 70 000 $ à sa grand-mère en deux ans par la violence psychologique et physique à Sherbrooke se répèteraient à plusieurs endroits.

    «Certains aînés vont jusqu'à faire des faillites personnelles dans certains cas de maltraitance. Nous recevons des appels toutes les semaines pour des interventions. Nous avons répondu à plus d'une centaine de demandes lors de la dernière année complète. Nous avions un bureau à Asbestos qui a été fermé faute de financement. Je suis maintenant seule pour desservir l'Estrie, mais nous tentons de répondre à toutes les demandes », soutient LucieCaroline Bergeron.

    Elle explique que l'intervention auprès des aînés victimes de leurs proches peut être un travail à moyen et même à long terme. «II faut prendre le temps de bien évaluer la situation et de référer au besoin. Une personne aînée qui est souvent victime depuis plusieurs années ne passe pas à l'action immédiatement. Il faut changer des habitudes et apprendre à dire non. Prendre la situation en main ne veut pas dire nécessairement de porter plainte et judiciariser la situation.

    Il faut respecter ses limites et bien souvent travailler sur les comportements à risque», rappelle LucieCaroline Bergeron.

    SENTIMENT DE HONTE

    Les problèmes financiers, de santé mentale, de jeux compulsifs, d'alcoolisme ou de toxicomanie peuvent souvent expliquer la maltraitance de proches envers un aîné.

    Il faut travailler à faire accepter aux aînés victimes qu'ils ne sont pas responsables des difficultés de leur enfant. Ils sont souvent pris dans une même dynamique depuis plusieurs années », estime LucieCaroline Bergeron.

    DIRA-Estrie dont l'acronyme signifie dénoncer, informer, référer, accompagner fait aussi des confé- rences dans les centres d'hébergement ou les organismes.

    «Nous répondons aux questions des aînés lors de conférences ou de jeux interactifs. Il y a différentes façons d'aborder le sujet. Nous sommes aussi impliqués dans la campagne du ruban mauve lors de la Journée mondiale dénonçant la violence envers les aînés », mentionne Mme Bergeron.

    Selon elle, la médiatisation des cas de maltraitance envers les aînés aurait des conséquences plutôt négatives.

    «Les aînés développent un sentiment de honte à dénoncer et se sentent isolés. Ils n'ont pas nécessairement le réseau pour être appuyés », estime LucieCaroline Bergeron de DIRA-Estrie.

    Le dossier de Youri Blais-Skorvaga reviendra devant le tribunal, mercredi, pour fixer son enquête sur remise en liberté au palais de justice de Sherbrooke.

  • 28-07-2016 Une heure de marche pour contrer les dommages de la sédentarité

    ASSOCIATED PRESS

    Les personnes qui passent leurs journées assises auraient intérêt à mettre à leur horaire un peu de marche rapide. Elles doivent cependant s'assurer d'en faire pendant au moins une heure.

    Des scientifiques ont analysé des données récoltées auprès de plus d'un million de personnes et découvert qu'il faut de 60 à 75 minutes d'exercice « d'intensité modérée » pour contrer les dommages causés par l'adoption d'une position assise pendant au moins huit heures par jour. Ne pas faire d'exercice et demeurer assis toute la journée est aussi dangereux que l'obésité et la cigarette, ont-ils prévenu.

    Une soirée devant la télé

    Les risques associés au fait de s'asseoir devant le téléviseur pendant cinq heures ou plus chaque jour après une journée passée assis au bureau sont si élevés qu'une heure d'exercice n'est alors plus suffisante pour contrer les dommages.

    On soupçonne depuis longtemps que demeurer souvent assis, au travail ou à la maison, n'est pas sain. Des études ont découvert qu'une position assise prolongée pouvait faire augmenter les risques de maladies cardiaques et de divers cancers et causer une mort précoce.

    Dans le cadre de leur nouvelle recherche, des experts ont fait une méta-analyse de 16 études incluant des facteurs comme le nombre d'heures passées assis, le degré d'activité physique et les habitudes télévisuelles. La majorité des études incluait des gens de plus de 45 ans. Toutes sauf une avaient été menées aux États-Unis, en Europe occidentale et en Australie.

    Les chercheurs ont découvert que les gens présentant les plus hauts niveaux d'activité physique modérée – de 60 à 75 minutes par jour – contraient les risques de décès liés au fait d'être assis pendant plus de huit heures par jour. Mais même cette quantité d'exercice n'était pas suffisante pour contrer les risques associés à l'ajout de plus de cinq heures passées devant le téléviseur chaque jour.

    30 minutes ne suffisent pas

    Les experts ont conclu que les directives actuelles de l'Organisation mondiale de la Santé, qui recommande 30 minutes d'exercice modéré par jour, pourraient ne pas suffire pour contrer les dangers de la sédentarité.

    Les résultats de la méta-analyse ont été publiés mercredi par la revue médical britannique The Lancet.

  • 27-07-2016 Nestlé va s'inspirer de Solar Impulse pour l'alimentation des ainés

    Alors que le projet Solar Impulse 2 vient de prendre fin, après son tour du monde à l’énergie solaire, le géant agroalimentaire Nestlé, sponsor de cette grande aventure aérienne, va s’inspirer de cette expérience et de l’alimentation des pilotes, pour créer des produits alimentaires mieux adaptés aux personnes âgées.

    L’aventure de Solar Impulse 2 vient de prendre fin avec du retard certes, mais avec succès. En effet, cet avion fonctionnant uniquement à l’énergie solaire et imaginé par Bertrand Piccard et André Borschberg a réussi à effectuer son tour du monde en ne consommant que… la lumière du soleil. De jour comme de nuit. Une aventure qui offre à l’Homme de nouvelles perspectives dans le domaine de l’aérien. 
      
    Parmi les partenaires de ce projet de haut vol, Nestlé, le géant de l’agro-alimentaire suisse qui avait préparé pour les deux pilotes, des petits plats savoureux (risotto, poulet, gratins, etc.) et enrichis qui pourraient désormais donner lieu à des innovations pour l’alimentation des personnes âgées. 
      
    En effet, au cours de leur périple autour du globe, Piccard et Borschberg ont connu deux phénomènes qui généralement concernent les personnes âgées : d’une part la perte de l’appétit (alors même que les aventuriers avaient encore plus besoin de se nourrir) et d’autre part, une fonte de la masse musculaire. Nestlé a donc mis au point des aliments « bons » mais surtout « enrichis » et « adaptés » afin que les pilotes puissent rester en forme tout au long de cette aventure hors du commun.

    « Nous avons dû repousser les limites de la nutrition indique Stefan Catsicas, responsable Technologie chez Nestlé. Nous avons dû trouver le régime idéal pour subvenir aux besoins des deux pilotes. Pas seulement en termes d’apports énergétiques, mais également en termes de gouts et de santé. Nous sommes vraiment fiers d’avoir pu participer à cette aventure ».
     
    Si les personnes âgées ont moins besoin de calories en vieillissant, en revanche, elles nécessitent toujours autant de nutriments. Cela signifie qu’elles doivent donc consommer des produits « denses en nutriments » complétés de nombreuses vitamines et des minéraux, mais avec un faible niveau de calories. Cette expérience devrait également faire avancer les aliments pour seniors de demain grâce à la mise au point de nouveaux packagings qui permettent de conserver ces produits dans de parfaites conditions pendant trois mois sans l’ajout d’ingrédients artificiels.
     
    Cette donc à partir de cette expérience que désormais le géant agroalimentaire suisse va se pencher sur la mise au point d’aliments pour personnes âgées. Un domaine que Nestlé connait déjà très bien puisque depuis quelques années déjà, le groupe de Vevey propose des solutions nutritionnelles qui se trouvent à la frontière de l'agroalimentaire et de la pharmacie au sein de sa vision Nestlé Health Science.

  • 25-07-2016 Quelles mesures prendre face à la vague de boomers âgés?

    Gregory Huyer Étudiant à la maîtrise en systèmes de santé de l'école de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa, contributeur d'Évidence Network. Ça, Huffington Post Québec

    La population du Canada vieillit, on le sait. Parmi les nombreuses statistiques publiées en 2015, nous avons appris que le nombre de personnes de 65 ans et plus a damassé celui des jeunes de 14 ans et moins. Et le fossé continuera de s'élargir au cours des 20 prochaines années.

    De nombreuses discussions ont eu lieu sur les moyens à prendre pour se préparer à la vague de boomers âgés. En effet, les reportages et les rapports sur le sujet ne manquent pas. On y traite entre autres de stratégies en matière de vieillissement, de démence et de maintien à domicile; en matière de prestation des soins à domicile, des soins intégrés et des soins en fin de vie.

    Pour bien se préparer, si telle est notre volonté, il faudra prévoir des effectifs suffisants pour faire en sorte d'avoir la capacité requise pour répondre aux besoins.

    «Le transfert des soins de l'établissement au domicile risque d'accroître le fardeau des aidants naturels.»

    Aux tables de consultation sur les politiques de santé, la question des ressources humaines occupe tous les esprits, mais on évite malheureusement de l'aborder la plupart du temps. Le personnel de santé est l'un des piliers du système; à l'instar des fondations d'une maison, on oublie souvent qu'il existe. Or lorsqu'on envisage de réaménager une structure (c.-à-d. rénover la maison), il faut se demander si la charpente tiendra le coup. Par conséquent, si l'on néglige de tenir compte de la question fondamentale des effectifs, on risque de faire échouer des programmes qui, pour le reste, avaient été bien pensés.

    Un thème courant des politiques récentes concerne la promotion du maintien des personnes âgées à domicile afin de réduire la pression sur les établissements de soins de longue durée. Cette mesure correspond au désir de la population vieillissante en général, c'est-à-dire rester chez soi le plus longtemps possible. Même si l'objectif est louable, le fait de transférer la prestation des soins au domicile aura des implications notables sur le plan des ressources humaines: qui s'en occupera, dans quel cadre et combien de personnes faudra-t-il affecter à cette tâche ?

    Parmi les prestataires de soins en établissement et à domicile, on compte des infirmières, mais aussi pour une large part des travailleurs que l'on désigne par différents termes: préposés aux services de soutien à la personne, assistants en soins de santé et autres. Les aidants naturels ou soignants non rémunérés (conjoint, enfant, ami) jouent eux aussi un rôle notable, car ils comblent les lacunes du système. Rappelons que la grande majorité des personnes (rémunérées ou non) qui dispensent des soins aux aînés sont des femmes: du point de vue de l'égalité des sexes, il s'agit d'un enjeu dont il faut absolument tenir compte.

    Le transfert des soins de l'établissement au domicile risque d'accroître le fardeau des aidants naturels. Celui-ci est déjà lourd pour les membres de la «génération sandwich», c'est-à-dire les personnes qui prennent soin à la fois de leurs enfants et de leurs parents vieillissants. On ne reconnaît que trop rarement les implications sociales et économiques d'une telle situation, alors qu'il devrait s'agir d'une considération essentielle dans toute planification de la main-d'oeuvre appelée à travailler auprès de la population vieillissante.

    Qu'en est-il des prestataires de soins réguliers? Sont-ils en nombre suffisant et formés adéquatement pour répondre aux besoins de la collectivité? La prestation des soins aux personnes âgées se complique avec l'âge; comme les gens vivent plus longtemps, les cas de démence et de polypathologies chroniques augmentent. Nous avons donc besoin d'une main-d'oeuvre capable de s'ajuster à ce phénomène.

    Dans le domaine de la santé, la planification réfléchie des effectifs est compliquée par la pénurie de données, notamment sur les travailleuses et travailleurs non réglementés, qui dispensent la majorité de soins. Seules deux provinces - la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse - ont établi des registres destinés à répertorier des données sur l'emploi et la formation des travailleurs en question. L'Ontario a fermé son registre en début d'année en raison de préoccupations sur la qualité des données; l'Alberta prévoit instaurer le sien à l'automne.

    Par ailleurs, il faudra opérer un profond changement de culture chez les professionnels de la santé qui ne font pas aujourd'hui de visites à domicile, comme les médecins. Il faudra également songer à revoir le mode de rémunération pour les inciter à modifier leurs habitudes.

    Alors, comment s'y prendre pour amener les décisionnaires à aborder le problème de front et à tenir compte de toutes ces considérations au moment de définir et d'instaurer des changements?

    L'adoption d'un outil d'évaluation de l'incidence des ressources humaines qui serait applicable à toutes les nouvelles politiques en matière de santé compte parmi les solutions. On pourrait le structurer autour de deux questions principales: 1) La politique mentionne-t-elle les travailleurs de la santé, les professionnels et les prestataires de soins? 2) Tient-elle compte du recrutement, de la formation, de la répartition, de la fidélisation, de la motivation et de la gestion de la main-d'oeuvre?

    L'exemple de l'Australie pourrait constituer un précédent utile; son gouvernement a mis en place une liste de vérification applicable à l'élaboration de toutes les politiques en matière de santé. La Stratégie mondiale de l'OMS sur les ressources humaines pour la santé à l'horizon 2030, adoptée la semaine dernière par la 69e Assemblée mondiale de la Santé, préconise également une meilleure évaluation de l'incidence des ressources humaines dans le domaine.

    Si nous voulons vraiment nous préparer à répondre aux besoins de notre population vieillissante, nous n'aurons d'autre choix que de nous intéresser de près aux fondations de notre système de santé.

    Avec Ivy Lynn Bourgeault

  • 23-07-2016 Détection d’AVC : des chercheurs canadiens font une percée

    Agence QMI

    OTTAWA – Une technique de détection de personnes à risque de subir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC) a été découverte par des chercheurs de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa (ICUO).

    Les chercheurs se sont rendu compte que les cellules qui sont en train de mourir dans les accumulations de plaque artérielle pouvaient affaiblir les artères. Se faisant, elles pouvaient être utilisées comme marqueur pour les plaques qui pourraient se déchirer et par conséquent entrainer des incidents cardiovasculaires graves.

    Leur recherche a permis de constater qu’en installant un certain radiotraceur, les plaques problématiques pouvaient être détectées grâce à l'imagerie.

    «Comprendre ce processus et être capable de cibler ces cellules nous permettra de mieux diagnostiquer et traiter ces plaques dangereuses à l'avenir», a souligné Katey Rayner, la directrice du laboratoire des microARN cardiométaboliques et de l'épigénétique et professeure adjointe à l'Université d'Ottawa.

    Selon les chercheurs, cette technique a aussi l’avantage d’être non invasive.

    «Les résultats de cette recherche suscitent de l'enthousiasme parce qu'ils nous permettent de déceler les personnes qui courent un plus grand risque de développer une maladie coronarienne ou de subir une crise cardiaque», a ajouté Mme Rayner.

    L’étude de l’ICUO a été publiée dans la revue «Science Advances».

  • 22-07-2016 LES MÉFAITS DES RÉGIMES À COTISATIONS DÉTERMINÉES

    RUDY LE COURS - LA PRESSE

    La modeste bonification à venir du Régime de pensions du Canada (RPC) et, souhaitons-le-nous, du Régime de rentes du Québec (RRQ) ne pallie pas l’insuffisance des revenus espérés à la retraite pour un bon nombre de ceux et celles qui la prendront au cours des 20 prochaines années.

    La firme d’actuaires Willis Towers Watson (WTW) a publié hier un chiffre qui donnera le frisson à tous ceux qui participent à un régime de retraite à cotisations déterminées (CD).

    Selon son Indice de régimes de retraite CD, les fonds qu’on estimait requis pour prendre sa retraite à 66 ans en 2014 seraient maintenant suffisants seulement si on la reportait à 69 ans. Autrement dit, pour espérer ne pas manquer d’argent dans ses derniers jours, un participant à un régime CD devra s’astreindre à travailler trois ans de plus.

    Voilà une bien vilaine nouvelle, capable à elle seule de gâcher les vacances de ceux et celles qui comptent vivre prochainement d’une rente viagère que pourraient leur procurer les cotisations versées au cours de leur vie professionnelle.

    C’est aussi par ricochet une réalité amère pour bien des employeurs qui désirent renouveler leur personnel et qui offrent un régime CD : ils devront composer avec une proportion plus grande d’employés dont la seule motivation sera de s’assurer un revenu de retraite que leur régime n’a pu garantir.

    Cela pourra ravir les économistes qui souhaitent que les Québécois travaillent plus longtemps pour compenser l’insuffisance de relève. C’est pourtant un secret de Polichinelle qu’un grand nombre d’employeurs préfèrent un jeune plus féru de nouvelles technologies à un travailleur très expérimenté au sommet de l’échelle salariale.

    Historiquement, le système de retraite canadien faisait envie. Il repose sur trois piliers.

    Le premier est public et comprend trois volets : la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti (pour les moins nantis) et le RPC-RRQ dont les coûts sont partagés moitié-moitié entre employeurs et employés. C’est celui qu’on veut modifier à compter de 2019.

    Le deuxième est constitué des multiples formes d’épargne individuelle : REER, CELI, édifices à revenus, valeurs mobilières.

    Le troisième enfin est représenté par les régimes complémentaires de retraite. Ils sont de deux types : à prestations déterminées (PD) ou à cotisations déterminées (CD).

    Depuis le début du siècle, la chute des taux d’intérêt et l’augmentation de l’espérance de vie ont rendu les coûts des régimes PD souvent exorbitants pour les entreprises.

    Un régime PD garantit au retraité une prestation à vie, quels que soient les rendements de la caisse de retraite. En cas de déficit, l’employeur doit remettre le régime à flot par des contributions supplémentaires, parfois faramineuses au point de compromettre la survie de l’entreprise. (Il est attrayant en revanche pour l’employé qui peut planifier sa retraite, voire sa préretraite, en toute connaissance de cause.)

    Voilà pourquoi de plus en plus de promoteurs convertissent leurs régimes PD en régimes CD. Cela leur permet de prévoir ce qu’ils auront à dépenser. En revanche, le risque est désormais sur les épaules des employés qui devront planifier leur retraite en fonction du capital accumulé et de l’estimation de leur longévité. Choses difficiles à prévoir.

    L’indice de WTW fait ressortir le stress accru pour les prochains retraités de ce choix qui paraît avisé d’un point de vue d’entreprise.

    Un sondage de la firme mené auprès de 122 employeurs fait ressortir que cette réalité les préoccupe beaucoup désormais. Près de trois répondants sur cinq (58 %) qui offrent un régime CD considèrent que la suffisance des revenus de retraite de leurs employés est le risque le plus important de leur régime.

    Ce résultat vient confirmer un sondage mené par la firme Aon Hewitt qui indique que 43 % des promoteurs de tels régimes entendent mesurer la suffisance du revenu de retraite. En 2013, la proportion était de 25 % seulement.

    Du côté des employés, cotiser davantage pour s’assurer un revenu de retraite adéquat paraît souhaitable. Un autre sondage de WTW mené l’an dernier auprès de 2003 Canadiens montre que 62 % seraient prêts à cotiser davantage puisqu’un sur trois est déjà d’avis qu’il devra retarder l’âge de sa retraite.

    Cela montre bien qu’un régime complémentaire de retraite représente un avantage social de la plus haute importance pour qu’un employeur fidélise ses employés sans qu’ils deviennent un frein à l’innovation.