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  • 22-09-2016 Accompagner bénévolement des personnes en fin de vie

    Sophie Désautels - Radio-Canada

    Affronter la mort est une épreuve tant pour le malade que les proches. Un service à domicile pour permettre aux personnes en fin de vie et leurs proches d'être accompagnés est offert par des bénévoles dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

    Afin de mieux les préparer à faire ce travail d'accompagnement on leur offre une formation pour mieux les préparer à ce qui les attend. Durant ces quatre jours les futures bénévoles reçoivent des conseils sur la façon d'être présentes pour ces familles et peuvent échanger sur la façon dont elles envisagent leur travail d'accompagnement.

    Ce jour-là à Dieppe au Nouveau-Brunswick, on demande aux futures bénévoles assises autour de la table de réfléchir à ce que représente la mort pour elles. Comment elles envisagent leur mort afin de les amener à se projeter dans l'avenir lorsqu'elles auront à accompagner des mourants. « Moi je ne voudrais pas aller vite ou trop lentement. On est compliqués les humains! Parce que je voudrais avoir le temps de pouvoir parler à ma famille », partage une des futures bénévoles.

    Elles échangent également les raisons qui les ont amenées à s'intéresser à ce programme pour accompagner les mourants. « Moi, j'ai eu un appel intérieur après avoir aidé plusieurs personnes à franchir cette étape-là. J'ai vu à quel point j'avais une facilité à communiquer avec les gens qui sont vulnérables, moi aussi je suis vulnérable ayant déjà eu une étape proche de la mort je sentais le besoin, un appel », explique Carole Bourgault.

    Les femmes qui participent à la formation semblent toutes très à l'aise avec le fait de côtoyer la mort de près, comme Albertine qui affirme que la mort c'est l'étape normale de l'existence, qu'on le veuille ou non.

    Mais ces quelques jours partagés ensemble font parfois resurgir des événements et des émotions inattendues surtout quand on demande de se projeter dans l'avenir, après son décès. « Je sais qu'il y a un exercice qui a été fait où on demande de faire sa nécrologie. Laisse dans le deuil des enfants, ça brasse quand tu fais ça. Ça fait réfléchir quand tu fais ça. C'est vraiment intéressant », explique Monique Savoie, la coordonnatrice des services palliatifs communautaires Beauséjour.

    Reste que la formation touche à plusieurs aspects concernant la mort imminente, et le soutien à apporter au malade, mais également à l'appui envers les proches. Le conjoint ou les enfants se retrouvent souvent en première ligne pour soigner et accompagner le malade et gérer le quotidien. Le temps consacré par les bénévoles pour accompagner les proches dans leur cheminement, leur deuil et les soutenir en offrant des heures de répit est souvent précieux et apprécié.

    « Ils dorment mal la nuit. Moi, je vais visiter des familles et je leur dis que j'ai un bénévole qui peut venir. Les grosses larmes, ça coule parce qu'ils ne peuvent pas croire que quelqu'un qu'ils ne connaissent même pas va venir donner du temps, c'est très touchant », lance la coordonnatrice du programme.

    Une formation que les participantes estiment nécessaire et complète avant de se lancer dans l'aventure. « J'ai appris quoi faire, quoi pas faire, faire attention, communiquer, juste être présent avec la personne », lance avec une pointe d'humour, Léona Belliveau.

    Le service d'accompagnement à domicile aux personnes en phase terminale et soutien aux proches compte une trentaine de bénévoles qui offrent de leur temps dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

  • 21-09-2016 Frais accessoires: un dossier bâclé

    Source : Réseau FADOQ

    Malgré l’annonce de l’abolition des frais accessoires le 14 septembre dernier par le ministre Barrette, la bataille est loin d’être gagnée. Alors que se dessine un affrontement entre le fédéral et le provincial quant aux transferts fédéraux en santé, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : les droits des citoyens ne sont toujours pas respectés puisque le règlement entrera en vigueur uniquement en janvier 2017, ce qui entraînera d’ici là plus de 20 M$ supplémentaires facturés aux patients. Lire le communiqué

  • 19-09-2016 Insomnie, quand tu nous tiens…

    Valérie Borde - L’actualité

    Certaines personnes rêvent de gagner à la loterie ou de faire le tour du monde. Claude Loca, elle, paierait cher pour dormir huit heures d’affilée. «Ça ne m’est pas arrivé depuis au moins 40 ans!» raconte cette retraitée de Laval, qui a passé sa vie à être fatiguée. Au Québec, une personne sur dix souffre d’insomnie chronique et une sur trois traverse à l’occasion des crises de mauvais sommeil de plusieurs semaines. Les femmes et les personnes âgées sont les plus touchées, mais nul n’est à l’abri et les ennuis commencent parfois dès le berceau!

    Sans sa dose de repos, le cerveau se révolte. Les journées des insomniaques, ponctuées de problèmes de mémoire, de concentration, de vigilance, de maux de tête et d’humeur morose, sont bien pires que leurs nuits. À la longue, le manque de sommeil peut conduire à toutes sortes de maladies, comme la dépression, mais aussi l’obésité, le diabète, l’hypertension ou même des démences. L’insomnie coûterait 6,6 milliards de dollars par an au Québec en consultations médicales, médicaments et perte de productivité, estimait en 2009 le psychologue Charles Morin, professeur à l’Université Laval et un des chercheurs les plus réputés au monde en matière d’insomnie.

    On pourrait pourtant dormir beaucoup mieux si on mettait en pratique ce que savent les spécialistes comme lui. Actuellement, les idées reçues, les mauvaises habitudes et la piètre prise en charge des problèmes de sommeil par le système de santé font des ravages. Les insomniaques sont aussi une proie facile pour les vendeurs de miracles, qui font des affaires en or en incriminant une literie non adéquate, les ondes électromagnétiques ou un mauvais karma. C’est le temps de faire un grand ménage dans la chambre à coucher!

    Première étape: se débarrasser de l’idée qu’on devrait tous dormir plus. Nous ne sommes pas en pleine crise du sommeil, comme le prétend entre autres la chroniqueuse américaine Arianna Huffington dans The Sleep Revolution. Certes, nos journées trépidantes empiètent souvent sur nos nuits. Mais les études montrent qu’on ne dort pas moins qu’il y a 50 ans.

    Par contre, à force de parler du sommeil comme du Saint-Graal, on en est venu à l’idéaliser. Nos attentes sont démesurées et la peur de manquer de sommeil… est une des principales causes de l’insomnie!

    Dans l’imaginaire populaire, on se figure qu’on devrait dormir huit heures par nuit sans interruption et se réveiller frais et dispo quand on a sa dose de dodo. Or, les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre, et même d’une saison à l’autre… et d’excellents dormeurs ont le réveil laborieux. Quant à l’idée qu’on doit roupiller d’une traite, c’est aussi un mythe. En Andalousie, le sommeil fractionné en une petite nuit et une sieste est la norme, rappelle le psychiatre français Patrick Lemoine dans son livre Dormir sans médicaments… ou presque, et il n’y a pas plus d’insomniaques dans cette région qu’ailleurs.

    On croit aussi qu’on dort de la même manière tout au long de la vie, alors qu’à mesure qu’on vieillit, la capacité de trouver le sommeil se détériore presque toujours. Mais les personnes âgées n’ont pas moins besoin de repos que les plus jeunes, contrairement à une autre idée reçue. La plupart d’entre elles auraient une bien meilleure qualité de vie si on s’occupait mieux de leur sommeil capricieux.

    L’insomnie psychophysiologique est la plus courante. «C’est une forme d’anxiété conditionnée, dans laquelle la peur de manquer de sommeil tient éveillé», explique Charles Morin. Les personnes aux prises avec des troubles anxieux y sont particulièrement sujettes. Rien de pire pendant une mauvaise nuit que de regarder l’heure à tout bout de champ en appréhendant la fatigue du lendemain, ou de prendre un somnifère sur le tard par peur d’être trop fatigué. Mieux vaudrait se lever et se relaxer, en dehors du lit, en attendant le retour de Morphée.

    L’insomnie paradoxale est également fréquente chez les gens qui sont convaincus de passer des heures à chercher le sommeil ou à regarder le plafond. Elle se révèle dans les cliniques du sommeil, à l’issue d’un examen de polysomnographie qui enregistre les ondes cérébrales. Quand on leur annonce les résultats, bien des insomniaques en tombent à la renverse! «Certains sont persuadés de ne pas avoir fermé l’œil, alors qu’ils ont dormi plusieurs heures», raconte Charles Morin. Ils ne sont pourtant pas fous. «Il se peut que cet examen ne soit pas en mesure de repérer un trouble plus profond de l’architecture du sommeil que l’on ne s’explique pas encore», précise le neurologue Thanh Dang-Vu, de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, qui utilise l’imagerie par résonance magnétique pour tenter d’y voir plus clair.

    Afin de combattre l’insomnie, un Canadien sur dix prend des somnifères sur ordonnance, un sur quatre parmi les plus de 65 ans. On sait pourtant que ces médicaments ne sont pas une panacée, car aucun ne reproduit tous les cycles du sommeil dont le cerveau a vraiment besoin pour se reposer. Pire, à la longue, les benzodiazépines et les non-benzodiazépines engendrent d’innombrables effets secondaires, des pertes de mémoire aux troubles de vision en passant par des étourdissements ou des problèmes d’équilibre.

    En théorie, tous ces médicaments ne devraient être prescrits que pour quelques jours, car ils créent rapidement une accoutumance (ils perdent de leur efficacité) et une dépendance (ils provoquent un manque quand on arrête d’en prendre). «Il faut les voir comme des bouées de sauvetage», explique Charles Morin.

    Mais bien des médecins et pharmaciens en donnent pendant des années à leurs patients. Claude Loca avait 25 ans quand elle a commencé à en prendre. «J’ai mal dormi à coups de pilules toute ma vie. Malgré les somnifères, je me réveillais tout le temps et j’étais épuisée», raconte la retraitée, qui a vécu toute la gamme des effets secondaires des benzos. Les conséquences de ces abus peuvent être dramatiques. L’an dernier, Denise Blais, une femme de 59 ans de Sainte-Justine, dans Chaudière-Appalaches, s’est tuée au volant de sa voiture après être passée sans s’arrêter à une intersection. Selon la coroner, elle prenait depuis plus de trois ans le double de la dose de zopiclone recommandée par Santé Canada. Un médicament qui ne devrait pas être prescrit plus de 10 jours!

    Somnifères à la rescousse

    Par peur de leurs effets secondaires, beaucoup d’insomniaques refusent catégoriquement les somnifères que leur propose le médecin. Bien utilisés, ils peuvent pourtant amener un répit salvateur qui permettra de récupérer suffisamment pour être ensuite capable de rebondir, plutôt que de sombrer dans la dépression. «J’ai longtemps cru qu’on pourrait totalement se passer des somnifères pour aider les insomniaques, mais ce n’est plus le cas», explique le psychologue Charles Morin.

    De nouveaux médicaments laissent entrevoir quelques lueurs d’espoir. Le suvorexant, autorisé l’an dernier aux États-Unis, mais pas encore au Canada, n’agit pas du tout de la même manière que les autres somnifères. Alors que les benzodiazépines activent le neurotransmetteur GABA, un inhibiteur qui «freine» le cerveau, le suvorexant, lui, bloque l’orexine, qui active l’éveil. Il pourrait être moins dommageable, même s’il provoque aussi de multiples effets secondaires. La doxépine, un antidépresseur, est aussi reconnue depuis peu par Santé Canada comme un somnifère efficace lorsqu’elle est utilisée à faible dose. «Depuis cinq ans, on comprend beaucoup mieux les bases moléculaires du sommeil, et la recherche est en pleine ébullition», explique Valérie Mongrain, du Centre d’études avancées en médecine du sommeil, affilié à l’Université de Montréal.

    «Au Québec comme ailleurs, les professionnels de la santé sont mal formés aux troubles du sommeil», croit Diane Boivin, directrice du Centre d’étude et de traitement des rythmes circadiens de l’Institut Douglas, affilié à l’Université McGill. Consulter reste pourtant fondamental, car le mauvais sommeil peut être causé par des maladies sous-jacentes, de l’asthme à l’arthrite en passant par l’insuffisance cardiaque, la maladie de Parkinson, le reflux gastro-œsophagien ou l’hyperactivité, qu’un médecin peut repérer, voire traiter, ce qui rétablit parfois du même coup des nuits sereines. Il pourra aussi vérifier que les ennuis ne viennent pas d’un autre médicament, l’insomnie étant un effet secondaire de bien des traitements. D’autres maladies du sommeil, comme l’apnée, peuvent être confondues avec de l’insomnie.

    Pour traiter les problèmes de sommeil, les médecins dirigent leurs patients vers des cliniques spécialisées qui, du coup, affichent de longues listes d’attente. Dans l’intervalle, ils leur prescrivent encore des somnifères et leur conseillent d’adopter une bonne hygiène de sommeil… même si c’est plus facile à dire qu’à faire.

    «Le plus important, c’est de prendre le temps de ralentir en soirée», croit Lynda Bélanger, une psychologue de Québec spécialisée dans les troubles du sommeil. Tomber endormi ne se fait pas d’un coup de baguette magique, et bien des gens sautent l’étape de la relaxation. «La lumière bleue des appareils électroniques est une vraie plaie, parce qu’elle tient éveillé!» rappelle Diane Boivin. À la Clinique du sommeil de la Capitale, Lynda Bélanger reçoit souvent de jeunes professionnels qui, pour maximiser leurs performances, voudraient pouvoir fermer l’œil sur commande dès qu’ils se couchent. Mais c’est impossible!

    Le yoga, la méditation ou toute autre méthode de relaxation peut aider à contrer l’hyperactivation du cerveau qui cause les ruminations nocturnes. S’y mettre et, surtout, continuer de pratiquer demande une bonne dose de discipline. Du coup, les solutions plus faciles ont la cote, mais plusieurs ne font qu’empirer le mal.

    «Les médicaments en vente libre qui aident à dormir, comme les antihistaminiques ou les décongestionnants, donnent bien plus d’effets secondaires à court terme que les somnifères d’ordonnance», prévient Charles Morin. L’état second qu’ils engendrent se prolonge souvent le jour, ce qui cause des accidents et pousse les mauvais dormeurs à se stimuler avec du café ou d’autres excitants pour tenir le coup, et les enferme ainsi dans un cercle vicieux. Ces médicaments ont aussi des effets paradoxaux: parfois, ils excitent plutôt que d’assoupir! L’alcool ne fait pas mieux. Même à petite dose, le verre sur lequel certains comptent pour s’endormir perturbe les cycles du sommeil et ne permet pas de récupérer. Il conduit au même cercle vicieux!

    Même des stratégies en apparence inoffensives sont susceptibles d’exacerber l’insomnie. «Prenez la luminothérapie, qui peut être utile pour aider un ado aux prises avec un retard de phase, classique à cet âge, qui le fait s’endormir tard et se réveiller tard. Eh bien, si vous allumez la lampe un peu trop tôt le matin pour l’aider à émerger, vous pouvez au contraire aggraver son problème», explique Diane Boivin.

    La mélatonine, souvent vue comme la nouvelle pilule miracle, peut s’avérer bénéfique lorsque les ennuis de sommeil sont liés à un déréglage de l’horloge interne causé, par exemple, par le décalage horaire ou un travail de nuit. Mais les études scientifiques ne montrent, pour la plupart des insomniaques, qu’un effet très modeste de cette hormone vendue en comprimés comme produit naturel. On ne sait pas non plus comment doser ce produit, que le corps élimine en une vingtaine de minutes seulement. En donner aux enfants est aussi hasardeux, selon la Société canadienne de pédiatrie, car on ignore ses effets à long terme. Les autres produits naturels seraient aussi bien peu efficaces. Seule la valériane se distingue dans les études, montrant un effet modeste… mais également des effets secondaires. Et gare aux envies de pipi post-tisane!

    Le salut viendra-t-il de l’électronique? D’innombrables applications mobiles et de plus en plus de gadgets promettent le Graal du sommeil retrouvé. Le pharmacien Roger Simard, grand défenseur des technologies de «santé connectée», est persuadé que cette nouvelle approche a un véritable potentiel. Sur ses conseils, Chantal, une de ses clientes, a essayé le bonnet Sleep Shepherd, qui diffuse des sons entraînant les ondes cérébrales à ralentir. «J’ai l’impression qu’il aide à arrêter nos mille pensées», raconte cette retraitée aux prises avec des problèmes familiaux, qui a préféré garder l’anonymat. «Pour 150 dollars, je vais peut-être l’acheter, même si le yoga m’aide déjà beaucoup.»

    Pour l’instant, ce genre d’appareil n’a cependant pas fait la preuve de son efficacité et les spécialistes du sommeil s’en méfient. «De l’électronique dans la chambre à coucher, on n’aime pas trop ça, et on va vouloir des preuves solides avant d’en recommander», résume Charles Morin. Le chercheur craint aussi l’insomnie de performance qui peut être causée par les dispositifs, comme les bracelets électroniques, qui prétendent enregistrer la qualité du sommeil et peuvent inquiéter pour un rien. «La plupart marchent plus ou moins bien et confondent, par exemple, le temps passé devant la télé avec du vrai sommeil», reconnaît Roger Simard.

    La psychothérapie est de loin la stratégie la plus efficace et la moins risquée pour dire adieu aux mauvaises nuits. Le protocole mis au point par le psychologue Charles Morin et d’autres, validé par de nombreuses études, marche pour 60 % à 70 % des insomniaques! Pourtant, beaucoup hésitent à y recourir, par manque d’argent — il y a souvent des mois d’attente dans le système public —, mais aussi parce qu’elle est mal perçue. «Les gens ont peur de paraître faibles ou de perdre le contrôle s’ils confient à quelqu’un d’autre la détresse qu’engendre l’insomnie», affirme Lynda Bélanger.

    La première étape consiste à tenir un registre du sommeil. Pendant deux semaines au moins, les mauvais dormeurs doivent noter leurs heures de sommeil et d’éveil et tout ce qui peut interférer avec une bonne nuit: excitants, état de stress, siestes… Cette simple démarche aide à mettre le doigt sur le vrai bobo. Par la suite, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), comme son nom l’indique, s’attaque autant aux mécanismes cognitifs, comme la peur des conséquences du mauvais sommeil, qu’aux comportements qui entretiennent l’insomnie.

    Elle est particulièrement efficace pour contrer l’insomnie psychophysiologique. Parlez-en à Marie-Hélène Bérubé, une pharmacienne de Cap-Santé, dans la région de Québec, qui avait gardé une terrible peur de ne pas dormir même quand son syndrome des jambes sans repos a été soulagé. «En 10 séances, ma perception a complètement changé! J’ai arrêté de voir la fatigue comme une catastrophe et d’essayer de dormir dès que j’avais un peu de temps. Du coup, j’ai retrouvé assez d’énergie pour être capable de me remettre à la natation, ce qui m’a fait beaucoup de bien», raconte-t-elle. La méditation et l’hypnose l’ont ensuite aidée à consolider les acquis de la psychothérapie. «Je suis beaucoup plus positive depuis que l’insomnie ne fait plus partie de ma vie.»

    L’an dernier, Claude Loca a enfin décroché des somnifères, grâce au programme de sevrage basé sur la TCC mis sur pied par le docteur Thanh Dang-Vu. Pendant 19 semaines, elle a progressivement diminué ses doses de médicaments, tout en suivant cette thérapie en groupe. «Ç’a été difficile, mais ç’a valu la peine! Aujourd’hui, je ne dors pas plus qu’avant, mais je me sens nettement mieux et je sais que je suis plus en santé sans ces pilules», affirme la Lavalloise. Ses attentes sont aussi beaucoup plus réalistes. «Je reste nostalgique de mes nuits de huit heures, mais j’en ai fait mon deuil.»

    Claude Loca se couche désormais vers 23 h, deux heures plus tard qu’auparavant. «On a découvert que je passais trop de temps au lit et que ça entretenait mon insomnie», raconte-t-elle. Forcer les insomniaques à moins dormir est, bizarrement, souvent une stratégie gagnante pour attaquer le mal. Après quelques nuits écourtées sur commande, beaucoup se sentent mieux que d’habitude. «Ils ne sont plus inquiets d’être fatigués, car ils savent pourquoi ils sont fatigués, et ils dorment mieux, parce que des nuits courtes accroissent le besoin de dormir», explique Lynda Bélanger. Petit à petit, le patient est autorisé à passer un peu plus de temps au lit, juste assez pour se sentir bien le lendemain.

    «Quand elle fonctionne, la TCC accroît un peu la durée du sommeil, mais diminue beaucoup la détresse qu’engendre l’insomnie», dit Lynda Bélanger. Elle permet de lâcher prise. «C’est la clé. Ça peut sembler contre-intuitif, mais le meilleur sommeil est souvent celui dont on ne s’occupe pas!»

  • 19-09-2016 CHSLD : ça suffit les consultations! Le temps est venu de réinvestir

    Source : Réseau FADOQ

    Le Réseau FADOQ est exaspéré par l’annonce de la tenue d’un énième processus de visites et de consultations pour étudier les conditions de vie des personnes hébergées en CHSLD. Nous nous demandons sérieusement ce que le Ministère espère découvrir qui ne soit pas déjà su et archi-su. Lire le communiqué

  • 17-09-2016 Testez vos connaissances sur le RVER

    PAR NATHALIE VALLERAND - Les Affaires

    1. Toutes les entreprises québécoises qui n'offrent pas de régime de retraite sont désormais tenues de le faire.

    Faux. Cette exigence s'applique seulement aux PME de cinq employés visés (travailleurs adultes avec au moins un an de service) et plus. Cela comprend les entreprises étrangères ou d'ailleurs au Canada qui sont installées au Québec et emploient des résidents de la province. Toutefois, les entreprises de compétence fédérale, comme les banques ou les entreprises de télécommunications, ne sont pas assujetties à la loi.

    2. Les entreprises qui ont déjà un régime de retraite ne sont pas automatiquement exemptées.

    Vrai. Si le régime est accessible à tous les employés visés, l'entreprise est conforme. Par contre, si des catégories d'employés sont exclues, la loi s'applique. «Certaines grandes entreprises ainsi que des municipalités ont adhéré à notre régime volontaire d'épargne-retraite (RVER) pour des employés qui n'étaient pas admissibles à leur régime existant», donne en exemple Luc Grandchamp, associé chez Morneau Shepell. Les entreprises dans cette situation peuvent étendre le régime existant aux employés actuellement exclus ou en établir un autre exprès pour eux.

    3. Les PME qui franchissent cette année le cap des 20 employés visés doivent implanter un régime de retraite d'ici le 31 décembre 2016.

    Faux. Pour ces entreprises, le dénombrement des employés est fixé au 30 juin 2016. Seules celles qui avaient 20 employés visés à cette date doivent respecter l'échéance du 31 décembre prochain. Les PME qui ont atteint ce seuil après le 30 juin ont quant à elles jusqu'au 31 décembre 2017 pour souscrire à un régime, soit la même échéance que les entreprises de 10 à 19 employés. Par contre, si une entreprise avait 20 employés au 30 juin et que son effectif a diminué depuis, elle reste soumise à l'exigence d'adhérer à un régime avant la fin de l'année.

    4. Les travailleurs à temps partiel sont admissibles au régime de retraite.

    Vrai. Les entreprises sont dans l'obligation d'offrir un RVER ou un autre type de régime aux employés à temps partiel d'âge majeur comptant au moins un an de service continu. Il en est de même avec les travailleurs saisonniers. Toutefois, dans leur cas, l'année de service continu ne se calcule pas en mois. On prend plutôt en considération l'intention des parties. Si un employé travaille seulement l'hiver et revient chaque année, il doit avoir la possibilité de se prévaloir du régime.

    5. Même si aucun employé n'a l'intention de participer au régime, les entreprises doivent en établir un quand même.

    Vrai. Les entreprises sont tenues d'implanter un RVER, un régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ou un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) collectif avec retenues sur le salaire ou encore un régime de pension agréé. Et ce, même si cette mesure ne suscite aucun intérêt chez les travailleurs. Si l'entreprise opte pour un RVER, elle devra, tous les deux ans, relancer les employés qui ont renoncé à y participer.

    6. Avec le RVER, les cotisations patronales sont obligatoires.

    Faux. C'est facultatif. «Dans un marché du travail concurrentiel, la participation de l'employeur au régime de retraite favorise toutefois le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre», affirme Gaétan Veillette, du Groupe Investors. Les entreprises qui cotisent peuvent établir le taux de leur choix. Les employés également, mais ils peuvent aussi opter pour le taux par défaut : 2 % du salaire brut jusqu'à la fin de 2017, 3 % en 2018 et 4 % en 2019.

    7 Les entreprises qui ne se seront pas conformées à la loi à temps seront passibles d'une amende.

    Vrai. Elles s'exposent à une amende de 500 à 10 000 $ et devront régulariser leur situation en adhérant à un régime d'épargne-retraite. «Si votre échéance est le 31 décembre, ne tardez pas à vous pencher sur la question, recommande Gaétan Veillette. En décembre, il faudra attendre son tour pour être accompagné par un conseiller. Les retardataires risquent de manquer de temps pour analyser leurs besoins et devront se replier sur le RVER en y adhérant par Internet, sans conseil.»

    8. Certains regroupements d'entreprises ont leur propre RVER.

    Faux. Les associations peuvent suggérer le RVER d'un gestionnaire de régime à leurs membres. Mais il est impossible de le personnaliser, car les gestionnaires doivent offrir le même RVER aux mêmes conditions à tous leurs clients. «Il est interdit notamment de consentir un rabais sur les frais de gestion, indique Frédéric Lizotte, porte-parole de Retraite Québec. Par contre, le gestionnaire peut offrir des mesures incitatives accessoires au RVER en y jumelant d'autres services ou d'autres produits.» Par exemple, Morneau Shepell offre aux entreprises membres de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes son RVER, combiné à un REER et à un CELI. «Une fois l'an, les employés pourront transférer leurs épargnes du RVER vers le REER ou le CELI afin de bénéficier de frais de gestion plus bas, explique Luc Grandchamp. Ils pourront aussi, en tout temps, épargner dans le CELI pour faire fructifier leur argent à l'abri de l'impôt.»

  • 15-09-2016 Le plus vieil homme du monde célébrera sa Bar Mitzvah avec 100 ans de retard

    Agence France-Presse

    Yisrael Kristal, un juif observant qui coule des jours paisibles à Haïfa, dans le nord d’Israël, est né le 15 septembre 1903, trois mois avant que les frères Wright n’effectuent le premier vol avec un avion motorisé.

    Jérusalem — L’homme le plus vieux du monde, un survivant de l’Holocauste vivant en Israël, a atteint 113 ans jeudi, mais fêtera dans quelques semaines selon le calendrier juif et en profitera pour célébrer la grande fête religieuse de la Bar Mitzvah dont il a été privé il y a un siècle.

    Yisrael Kristal, un juif observant qui coule des jours paisibles à Haïfa, dans le nord d’Israël, est né le 15 septembre 1903, trois mois avant que les frères Wright n’effectuent le premier vol avec un avion motorisé. 

    Reconnu en mars plus vieil homme au monde par le Guinness des records, il avait 113 ans jeudi en vertu du calendrier grégorien. Mais il fêtera son 113e anniversaire à la fin du mois, suivant le calendrier hébraïque, a indiqué à l’AFP sa fille Shula Kuperstoch, jointe par téléphone. 

    Il fera coïncider ces réjouissances, avec 100 ans de retard, avec sa Bar Mitzvah. 

    La Bar Mitzvah, solennelle et joyeuse, est l’une des cérémonies les plus importantes de la vie d’un juif. Célébrée à 12 ou 13 ans pour les filles (la Bat Mitzvah) et à 13 pour les garçons, elle marque le passage des adolescents à la majorité religieuse. C’est l’âge où ils assument de nouveaux devoirs. Le rite est bien plus traditionnel pour les garçons. 

    «Mon père est religieux et prie tous les matins depuis 100 ans, mais il n’a jamais effectué sa Bar Mitzvah », a expliqué Mme Kuperstoch. 

    Nombre de juifs n’ont pas fait leur Bar Mitzvah à cause des tumultes de l’histoire. Yisrael Kristal n’a pu célébrer la sienne en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, car sa mère était décédée trois ans plus tôt et son père était soldat dans l’armée russe. 

    M. Kristal est né en 1903 à Zarnow, en Pologne actuelle, alors sous domination russe. 

    Une centaine de membres de la famille seront présents à la fête dont ils tiennent la date et le lieu secrets pour préserver M. Kristal du « tumulte des journalistes », a dit Shula Kuperstoch. 

    Interrogée sur sa santé, elle s’est contentée de répondre : « Il vieillit ». 

    M. Kristal a survécu à la Première Guerre mondiale et vécu à Lodz, en Pologne nouvellement indépendante, jusqu’à l’invasion nazie en 1939. Il a été déplacé avec sa famille dans le ghetto de la ville. Quatre ans plus tard, il était envoyé au camp de concentration d’Auschwitz. 

    Il a perdu sa femme et leurs deux enfants dans l’Holocauste, mais lui a survécu. Il ne pesait plus que 37 kg, selon le Guinness, quand les Alliés ont libéré les camps. 

    Seul rescapé de sa famille, M. Kristal a émigré pour Haïfa avec sa seconde femme et leur fils en 1950. Il y a tenu une entreprise de confiserie prospère jusqu’à sa retraite. 

    Yisrael Kristal a quatre ans de moins que la plus vieille femme vivante au monde, l’Italienne Emma Morano, qui aura 117 ans en novembre et qui est née au XIXe siècle.

  • 14-09-2016 L'offensive anti frais accessoires a fonctionné

    Source : Réseau FADOQ

    À court de délai et après avoir usé à la corde la tolérance des patients, le ministre Barrette a enfin annoncé l'abolition des frais accessoires d'ici janvier 2017. Le cabinet Ménard Martin et avocats et le Réseau FADOQ se félicitent d'avoir réussi à acculer le ministre au pied du mur, le forçant à enfin respecter sa promesse annoncée en mai dernier. Lire le communiqué

  • 14-09-2016 Cancer localisé de la prostate: pas de différence avec ou sans traitement

    Les hommes atteints d'un cancer localisé de la prostate ont peu de risque d'en décéder dans les dix années qui suivent le diagnostic, qu'ils aient ou non subi une intervention chirurgicale ou une radiothérapie, démontre une étude publiée mercredi aux États-Unis.

    Elle a été menée auprès de 1643 patients âgés de 50 à 69 ans qui ont participé à cet essai clinique dont les résultats paraissent dans la dernière édition du New England Journal of Medicine.

    Ils ont été choisis au hasard pour subir l'ablation chirurgicale de la tumeur, une radiothérapie ou être soumis à une surveillance active.

    Cette dernière possibilité consiste en des visites régulières en clinique avec un examen de la prostate, des biopsies et un test PSA (Prostate Specific Antigen) pour mesurer le taux d'un antigène qui peut indiquer l'état d'avancement de la maladie.

    Dix-sept des participants sont décédés dans les dix ans après le diagnostic, dont huit dans le groupe de surveillance, cinq parmi ceux qui ont subi une opération et quatre dans le groupe de la radiothérapie.

    Ceux qui étaient dans le groupe de surveillance avaient plus de risque de voir leur tumeur faire des métastases.

    Mais cette propagation du cancer n'a pas fait de différence notable pour le risque de mortalité dû à cette tumeur ou à toute autre cause, ont déterminé les chercheurs.

    «Cette étude semble montrer que pour les hommes avec un cancer localisé de la prostate, une surveillance active ne présente pas beaucoup plus de danger et évite les effets potentiels néfastes pouvant résulter de la chirurgie sur l'activité sexuelle et les intestins», a jugé John Burn, professeur de génétique à l'Université de Newcastle au Royaume-Uni, qui n'a pas participé à l'étude.

    De 40 à 50% des hommes diagnostiqués aux États-Unis choisissent désormais une surveillance médicale active, selon une étude publiée cette année.

    La plupart des hommes atteints de ce cancer n'en meurent pas, selon l'American Cancer Society.

    Cette maladie évolue le plus souvent très lentement. Mais dans certains cas, elle peut être fatale.

    En 2012, un groupe consultatif d'experts indépendants choisi par le gouvernement fédéral faisant autorité a recommandé de ne plus procéder à un dépistage de routine du cancer de la prostate avec le test PSA.

    Ce groupe a conclu que de nombreuses tumeurs n'évoluent jamais suffisamment pour menacer la vie des patients et qu'un traitement chirurgical ou radiologique est souvent inutile, mais produit des effets secondaires néfastes pour ces hommes.

    Aux États-Unis, environ 181 000 cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués annuellement et 26 000 décès sont attendus en 2016.

    L'âge moyen du diagnostic est 66 ans et la maladie frappe rarement des hommes de moins de 40 ans.

  • 14-09-2016 Québec annonce l'abolition des frais accessoires

    Tommy Chouinard - La Presse

    (Québec) Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, abolit les frais accessoires facturés aux patients pour des services assurés, une pratique qui était «extrêmement lucrative» pour les médecins. Ils n'auront droit à aucune compensation, «pas un sou supplémentaire», pour cette perte de revenus évaluée à plus de 80 millions de dollars.

    En réalité, le prix coûtant des services ou des produits qui étaient facturés aux patients se situe entre 10 et 13 millions de dollars «au maximum», selon le ministre. Les médecins faisaient des «profits que d'aucuns pourraient qualifier d'indus», a-t-il ajouté en conférence de presse mercredi.

    Le conseil des ministres venait d'entériner le projet de règlement du ministre Barrette qui consacre la disparition des frais accessoires pour des services assurés. Le règlement sera rendu public uniquement le 28 septembre. Il entrera en vigueur au plus tard en janvier, selon le ministre.

    C'est «la résolution d'un problème, d'un irritant qui a été nombre de fois, nombre de fois mis sur la table, sur la place publique», a fait valoir M. Barrette. «Lorsque vous irez chez le médecin pour un service pour lequel vous présentez ceci, une carte d'assurance maladie, il sera interdit pour le médecin de vous demander un paiement de quelque nature que ce soit», a-t-il ajouté, brandissant sa propre carte.

    «Pour être clair et donner des exemples concrets, la personne de 70 ans qui va voir l'ophtalmologue pour un examen oculaire qui nécessite des gouttes, il n'y aura pas de gouttes ni à 200 $, ni à 1 $, ni à 0,50 $, il n'y aura pas de frais. Lorsqu'un citoyen ira voir un médecin de famille pour une infiltration pour une tendinite, il n'y aura pas de frais de 50 $, de 70 $, de 25 $, de 10 $, il n'y aura pas de frais, point. C'est donc, ici, l'abolition complète des frais accessoires.»

    Les médecins devront absorber ces frais à même l'enveloppe actuelle de rémunération, qui atteint environ sept milliards de dollars cette année - environ neuf milliards dans cinq ans en vertu d'augmentations déjà convenues.

    «On comprendra tous et toutes que le rattrapage en termes de rémunération des médecins étant fait avec les autres provinces, et que compte tenu du fait que, dans les autres provinces, ces frais sont inclus dans la rémunération des médecins, il est tout à fait légitime pour le gouvernement de considérer que la rémunération des médecins permet de couvrir les faibles coûts associés à ces actes-là pour lesquels il y avait des frais accessoires», a plaidé M. Barrette.

    «Pour la majorité des frais accessoires» en cause, la FMSQ «a annoncé confidentiellement qu'elle allait prendre en charge ces frais-là». La FMOQ «est encore dans un débat interne».

    Le ministre Barrette doit négocier de nouvelles ententes de rémunération avec les médecins; les précédentes sont échues depuis plus d'un an. Le printemps dernier, il martelait qu'il n'a pas l'intention de donner davantage aux médecins que les hausses salariales de 5,25% consenties aux employés de l'État, en vertu d'une clause remorque qu'il a déjà accordée aux fédérations médicales lors de précédents pourparlers. Il n'a toutefois pas voulu réitérer cet engagement mercredi. Il a répondu que le sujet n'a rien à voir avec son annonce.

    Les médecins plaident que les frais accessoires sont nécessaires pour payer les coûts de fonctionnement de leur cabinet ou de leur clinique parce que l'État ne les couvre pas suffisamment. Les fédérations médicales ont déjà demandé au gouvernement de compenser leurs membres. Elles laissaient planer la possibilité que des services ne soient plus offerts si les frais accessoires sont abolis.

    «Nous ne voyons aucune raison pour qu'il y ait quelque obstruction que ce soit à la délivrance des services de la part des médecins sur la base qu'ils doivent absorber ces coûts-là.» S'ils le faisaient, ce serait de la «mauvaise foi», selon le ministre Barrette. Les médecins qui continueraient de facturer les patients pour des services assurés seraient sanctionnés, a-t-il ajouté.

    Seule exception, le règlement vient encadrer les frais de transport des échantillons biologiques prélevés dans un cabinet ou une clinique. Ce sera un maximum de 15$ pour un échantillon sanguin, cinq dollars dans les autres cas (pour une analyse d'urine, par exemple). Il s'agit d'un service non assuré, a indiqué M. Barrette.

    La Presse révélait le 3 mai la volte-face du gouvernement dans le dossier des frais accessoires. M. Barrette voulait au départ encadrer les frais accessoires, en vertu de la loi 20 adoptée à l'automne 2015. Il disait clairement que l'État n'a pas les moyens de les abolir. Il estimait ces frais à environ 50 millions de dollars par année.

    M. Barrette a indiqué mercredi que les évaluations faites par la FMSQ et la FMOQ chiffrent les revenus tirés des frais accessoires à 65 millions chez les spécialistes et à 18 millions chez les médecins de famille (donc 83 millions).

    Le même jour, le 3 mai, l'avocat en droit de la santé, Jean-Pierre Ménard, allait de l'avant avec le dépôt d'un recours judiciaire pour faire cesser «la pratique illégale des frais accessoires». Il interpelle Ottawa, puisque les frais accessoires contreviennent selon lui à la loi canadienne sur la santé.

    Toujours en mai, le Vérificateur général avait dénoncé que la facturation des frais accessoires aux patients échappe à tout contrôle.

  • 12-09-2016 Les 25es finales provinciales des Jeux FADOQ à Lévis, du 13 au 15 septembre

    Source : Réseau FADOQ

    Le Réseau FADOQ et Josée Lavigueur, ambassadrice des Jeux FADOQ, donneront le coup d'envoi des 25es finales provinciales des Jeux FADOQ, qui se tiendront du 13 au 15 septembre 2016, à Lévis. Une délégation composée de 1500 personnes de 50 ans et plus de toutes les régions du Québec prend part à ce grand rassemblement après s'être qualifiée lors des Jeux régionaux qui se sont majoritairement déroulés en mai et juin derniers. Lire le communiqué

  • 09-09-2016 Seniors et sexe : bon pour les dames, pas pour les messieurs...

    Senioractu.com

    Selon une récente étude réalisée récemment sur plus de deux mille personnes de plus de 57 ans par l’Université du Michigan (Etats-Unis), le sexe pourrait s’avérer dangereux pour les hommes (au niveau cardiaque), en revanche, l’orgasme serait bénéfique pour la santé des femmes plus âgées !

    Apparemment l’égalité homme/femme n’est pas de mise dans cette étude. En effet, selon ces chercheurs américains de l’Université du Michigan, les relations sexuelles chez les seniors seraient bénéfiques aux femmes mais pourraient s’avérer dangereuses pour les messieurs ! 
      
    De nos jours on le sait, les seniors ont une vie sexuelle… Or, jusqu’à maintenant, on a toujours considéré que continuer à avoir des rapports en prenant de l’âge était une bonne chose pour notre santé. Une saine activité physique. Pour le corps et pour l’esprit ! Bref, il n’y a pas de mal à se faire du bien… 
      
    Mais cette nouvelle étude américaine vient bousculer nos idées reçues. En effet, ces chercheurs ont étudié la vie sexuelle et la santé de 2.204 personnes âgées de 57 à 85 ans et plus des deux sexes pendant plusieurs années.    
      
    Globalement, les messieurs qui avaient des rapports sexuels une fois par semaine (ou plus) doublent pratiquement le risque de subir un accident cardiovasculaire dans les cinq ans contrairement à ceux qui sont sexuellement inactifs. Ce risque n'a pas été constaté chez les femmes. 
      
    « Parce que les hommes seniors pour des raisons médicales ou émotionnelles, ont plus de difficultés à atteindre l’orgasme que les plus jeunes, ils peuvent se créer un niveau de stress plus élevé et d’épuisement » indique le Pr Hui Liu, principal auteur de ce travail. « Certains médicaments pour améliorer les performances peuvent aussi jouer un rôle au niveau cardiaque ». 
      
    En revanche, chez les femmes seniors, des relations sexuelles satisfaisantes (avec orgasme) pourraient réduire le risque d'hypertension. Cela pourrait s’expliquer par l’hormone sexuelle libérée par les femmes lors d’un orgasme, qui serait bonne pour la santé. 
      
    Les scientifiques encouragent donc les hommes, passé un certain âge à évoquer le sujet avec leur médecin traitant. Ces travaux de l’Université du Michigan ont été publiés dans la revue scientique Journal of Health and Social Behavior. 

  • 09-09-2016 Conseils pour réduire l'impôt sur le legs

    ANNICK POITRAS - Protégez-vous

    Vos biens et vos dettes vous survivent, d’où l’importance de bien planifier votre succession. Mais que vous le vouliez ou non, le fisc aura droit à sa part.

    Travailleur autonome dans le domaine des communications, Alex (prénom fictif) a rédigé son premier testament il y a 10 ans devant un notaire. Sans conjoint ni enfants, il avait alors désigné un ami de longue date comme liquidateur de sa succession. « Comme on s’est brouillés, j’ai refait mon testament et choisi ma sœur pour s’occuper de mes affaires à mon décès », raconte le quinquagénaire.

    Faire son testament, c’est décider non seulement qui liquidera votre succession, mais aussi qui seront vos héritiers, les tuteurs de vos enfants s’il y a lieu, et comment vous souhaitez que vos avoirs soient distribués quand vous ne serez plus là, résume Me Denise Archambault, notaire en pratique privée : « C’est un exercice important qui exige de réfléchir à ce qui compte pour vous, car en l’absence de testament, c’est la loi qui décidera. »

    Choisir à qui léguer ses avoirs est une chose, mais peu de gens songent à la facture fiscale qui suivra leur dernier soupir. « Plus une personne a d’actifs, plus l’impôt sur sa succession sera élevé », explique Me Caroline Ouellet, notaire et spécialiste en vulgarisation juridique chez Éducaloi.

    En effet, à votre décès, les autorités fiscales considèrent vos biens (chalet, terrain, placements non enregistrés, œuvres d’art, etc.) comme ayant été vendus à leur juste valeur marchande. S’ils ont pris de la valeur depuis leur acquisition, il en résulte un gain en capital imposable à 50 %. Le même principe s’applique si vous donnez des biens de valeur de votre vivant. « C’est toujours la personne qui donne, et non celle qui reçoit, qui acquitte la note fiscale », précise Me Archambault.

    Qu’elles affectent votre portefeuille de votre vivant ou votre future succession, ces ponctions du fisc peuvent vite avoir raison d’un héritage, voire le transformer en une dette importante envers les gouvernements. Car, oui, Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada prennent leur part en premier, et les héritiers se partagent le reste – si reste il y a.

    Et vous, connaissez-vous l’héritage que vous laisserez au fisc ?

    LEGS ET RÈGLES FISCALES

    L’unique façon de réduire à néant l’impôt sur votre succession est de léguer tous vos avoirs (biens immobiliers, REER, FEER, CELI) à votre époux ou à votre conjoint de fait, à condition que ce dernier soit dûment nommé comme bénéficiaire dans votre testament.

    « Tant qu’il restera propriétaire des biens, votre conjoint n’aura pas d’impôt à payer avant son décès. La facture fiscale sera donc reportée à la succession du conjoint : on appelle cela le « roulement au conjoint », explique Me Caroline Marion, notaire et experte en conseil fiscal chez Trust Banque Nationale.

    Si vous êtes séparé, divorcé, veuf ou célibataire, les choses se compliquent, selon les biens que vous léguez. Voici un survol des principales règles fiscales qui s’appliquent aux legs les plus courants chez le commun des mortels.

    • Votre résidence principale

    Votre domicile est le seul bien immobilier pour lequel le gain en capital n’est pas imposable. Vous pouvez donc léguer votre nid à qui vous voulez, et ce, sans frais fiscaux.

    Si vous songez plutôt à donner votre demeure de votre vivant, pensez-y bien, surtout si vous ne jouissez pas d’un solide régime de retraite à prestations déterminées vous promettant une rente jusqu’à votre mort. « Comme la maison est souvent votre principal actif financier et que vous ignorez jusqu’à quel âge vous vivrez, vous en départir trop tôt peut vous mettre dans le pétrin », signale Me Marion.

    • Votre véhicule personnel

    Comme les successions sont imposées sur les gains en capital, et qu’il est plutôt rare qu’une voiture prenne de la valeur, celle-ci peut être laissée en héritage sans frais fiscaux. Le don d’un véhicule personnel dans ce cadre est aussi exempté de TPS et de TVQ.

    • Votre argent (placements enregistrés ou valeurs mobilières)

    Lors de l’entrevue avec Protégez-Vous, Alex s’est rendu compte que son REER sera amputé par le fisc lorsque son frère et sa sœur en hériteront en partie. En effet, un legs de fonds enregistrés est imposé comme un revenu supplémentaire du défunt. Autrement dit, si vous donnez votre REER de 150 000 $ à un proche, cette somme sera imposée comme si vous l’aviez gagnée au cours de l’année de votre décès, selon les taux d’imposition qui s’appliquent aux particuliers.

    Une exception : si vos enfants ou petits-enfants sont mineurs et à votre charge, votre REER peut être utilisé pour acquérir une rente qui leur sera versée jusqu’à leur majorité. Cette stratégie permet de réduire les ponctions fiscales sur votre épargne, car ce sont les revenus annuels des jeunes rentiers qui deviennent alors imposables et non la totalité de votre REER.

    Quant aux placements non enregistrés (actions, obligations et autres valeurs mobilières), ils sont considérés comme des biens. Ainsi, si votre coussin a fructifié au fil des ans, 50 % du gain en capital s’ajoutera aux revenus de votre dernière déclaration. Par exemple, si vous aviez acheté il y a cinq ans 100 actions à 10 $ chacune (1 000 $) et qu’à votre décès, elles valent 12 $ chacune (1 200 $), le gain en capital à déclarer est de 200 $. Vous serez donc imposé sur 100 $ (50 % du gain).

    • Votre chalet et autres biens immobiliers

    Marc (prénom fictif), 62 ans, sait très bien que le fisc viendra un jour se servir à son buffet. Divorcé, père de deux enfants, il est propriétaire de trois immeubles locatifs, d’un condo en location, d’un chalet, de sa résidence et de placements. Il sait que son parc immobilier à lui seul vaudra à ses héritiers une facture fiscale d’environ 500 000 $. Il cotise donc depuis longtemps à une police d’assurance vie pour couvrir cet impôt.

    L’immobilier, c’est là où ça fait mal, confirment les notaires consultées, car la valeur des biens immeubles peut exploser avec le temps. Par exemple, si vous avez acquis un chalet 60 000 $ il y a 15 ans et qu’il vaut 140 000 $ l’année de votre décès, votre succession devra déclarer un gain en capital de 80 000 $ (140 000 $ – 60 000 $). Comme ce montant est imposable à 50 %, la moitié du gain (40 000 $) devra être ajoutée à votre revenu imposable l’année de votre décès.

    La même règle s’applique aux immeubles locatifs, terrains et autres biens immobiliers, et ce, que vous les cédiez à votre mort ou avant. « Une personne qui songe à donner son chalet de son vivant doit s’assurer d’avoir les liquidités nécessaires pour couvrir l’impôt sur le gain en capital. Faire ce calcul peut changer bien des plans ! » prévient Me Marion.

    • Une prestation d’assurance vie

    Souscrire une assurance vie est une stratégie efficace pour laisser à ses proches un héritage substantiel. En effet, comme le capital-décès versé par l’assureur est non imposable, le liquidateur de votre succession peut l’utiliser pour rembourser la dette fiscale, entre autres. La somme restante peut ensuite être répartie entre vos bénéficiaires. Les successions qui ne peuvent compter sur ces revenus peuvent plus facilement se retrouver le bec à l’eau, avec un héritage criblé de dettes.

    • Un don de bienfaisance

    Dans son testament, Alex donne la moitié de son argent à cinq organismes de bienfaisance. Appelés « dons planifiés », ces legs charitables peuvent être de l’argent sonnant, des biens immobiliers, des objets de valeur ou des placements. « Ils sont de plus en plus populaires chez les gens âgés et chez les célibataires sans enfants », note Me Archambault.

    Selon les crédits d’impôt en vigueur, les dons d’Alex vaudront à sa succession une économie d’impôt d’environ 45 % du montant légué. Par exemple, un don de 1 000 $ lui vaudra une réduction fiscale d’environ 450 $, selon Éducaloi. Par conséquent, la part du REER léguée à sa fratrie sera moins imposée.

    • Des œuvres d’art reconnues ou objets de valeur

    À 75 ans, Liliane (prénom fictif) vit seule dans sa maison. Cette mère de trois enfants, divorcée, a créé une fondation pour venir en aide aux femmes victimes de violence et prévoit léguer une part de son héritage à cet organisme. Cette femme d’affaires est également fière d’avoir acquis « quelques bonnes toiles », qui ont aujourd’hui une valeur intéressante. « Je donnerai de mon vivant un tableau à chacun de mes enfants et vendrai ensuite les autres », explique-t-elle.

    Attention  : si les toiles de Liliane ont pris de la valeur depuis leur achat, le gain en capital sera imposable à 50 %, et ce, qu’elle les donne de son vivant ou après sa mort. « Tous les legs de biens physiques susceptibles de prendre de la valeur avec le temps et qui ont une valeur marchande de plus de 1 000 $ au moment du décès doivent être déclarés au fisc – antiquités, toiles, sculptures, bijoux ou collections d’objets (bouteilles de vin, œuvres d’art, etc.) », rappelle Me Marion.

    • Une fiducie testamentaire

    Si vous avez des enfants à charge ou handicapés, ou si vous craignez que vos proches dilapident leur héritage d’un coup (dépendance aux drogues, au jeu, etc.), la fiducie testamentaire peut vous intéresser. « Le legs n’appartient pas alors aux héritiers, mais à une fiducie, dont les bénéficiaires sont les héritiers », explique Me Marion.

    « La fiducie est créée dès qu’une tierce personne (le fiduciaire ; un proche, un ami, etc.) est nommée au testament. C’est elle qui détient les fonds en fiducie au bénéfice d’une autre », ajoute Me Archambault.

    C’est le choix qu’a fait Marie*, 40 ans, mère de trois jeunes enfants et récemment séparée. Si elle décédait, son héritage serait géré par un fiduciaire et ses enfants ne toucheraient qu’un tiers de ce qui leur revient à 18 ans, et les autres tiers à 21 et à 25 ans.

    Pourquoi ne pas désigner simplement un tuteur dans le testament et lui confier la gestion de l’argent ? « Il est possible d’avoir une clause d’administration prolongée », précise Me Marion. Les enfants sont alors propriétaires des biens que quelqu’un gère pour eux. Mais si un des enfants décède, sa succession va par défaut à sa fratrie et à son autre parent. Pour un parent séparé, la fiducie garantit que l’ex-conjoint ne touchera pas l’héritage qu’il destine à ses enfants.

    Les parents d’une famille recomposée peuvent aussi recourir à la fiducie pour diviser un legs entre leurs enfants issus d’une précédente union et leur nouveau conjoint.

    Enfin, la fiducie peut servir à léguer un bien, comme un immeuble locatif, à des héritiers trop jeunes ou incapables de s’en occuper. Par exemple, si vous avez deux enfants et que les revenus de location annuels de votre immeuble sont de 30 000 $, chacun recevra 15 000 $ par an en revenus imposables.

    Attention, toutefois : depuis 2016, le taux d’imposition des sommes gardées en fiducie a bondi d’un taux moyen de 32 à 53 %.

    • Des dettes

    Personne ne souhaite se retrouver avec les dettes d’un défunt sur les bras. Or, étant donné la popularité du crédit à la consommation, de plus en plus de personnes décèdent dans le rouge, observent les notaires consultées. Sans compter qu’une dette fiscale post-mortem peut venir saler la facture finale d’une succession.

    Heureusement, les héritiers désignés ont six mois à partir du décès pour faire l’inventaire d’une succession : actifs, épargnes, dettes, facture fiscale liée à la succession. Si le total plonge dans le négatif, ils peuvent y renoncer officiellement devant un notaire.

    « Mais pour se dégager de toute responsabilité envers les créanciers du défunt, les héritiers doivent renoncer à tout ce qui leur était légué », indique Me Ouellet. Les seuls biens dont ils peuvent prendre possession sont ceux qui ont une valeur sentimentale (vêtements, diplômes, souvenirs de famille, etc.).

  • 09-09-2016 Soins à domicile : Québec accusé de favoriser les entreprises à but lucratif

    Thomas Gerbet - ici.radio-canada.ca

    Au lendemain de l'annonce d'une subvention gouvernementale de 22 millions de dollars pour former des milliers de préposés aux bénéficiaires dans les entreprises d'économie sociale, un important contrat public d'un million vient d'être octroyé au secteur privé qui casse les prix en offrant des conditions de travail et des salaires moindres. Quand il s'agit de donner des bains aux personnes âgées, la politique du plus bas soumissionnaire doit-elle encore s'appliquer ?

    Le sujet est épineux, en plein Forum mondial de l'économie sociale, à Montréal. « Au moment où on fait la promotion de cette formule-là, c'est le contraire qui se passe sur le terrain », se désole Benoit Caron, directeur général du Réseau des entreprises d'économie sociale en aide à domicile.

    Le contrat qui suscite l'ire de M. Caron a été octroyé par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval pour 50 000 heures de soins à domicile auprès de 200 clients, pendant trois ans.

    Les entreprises d'économie sociale, sans but lucratif, qui ont perdu l'appel d'offres ne sont pas contentes et l'ont fait savoir au ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette.

    C'est la loi du marché, rétorque le ministre Barrette

    En entrevue sur ICI RDI vendredi, Gaétan Barrette affirme que toutes les règles relatives à l'attribution d'un contrat à la suite d'un appel d'offres ont été respectées, dans cette situation.

    Et, à ceux qui protestent, le ministre de la Santé rétorque que c'est en accord avec les règles du marché. Les contrats vont « au meilleur, en termes de qualité et de prix », dit-il. 

    « Si moi, demain matin, je donnais des contrats à une sorte d'entreprises, ou à un regroupement, écoutez je serais illégal, explique M. Barrette. Tout le monde me pourfendrait sur la place publique parce que ce serait quasiment un ''gré à gré''. »

    Le ministre de la Santé ne voit pas de contradiction dans le fait de subventionner une partie des coûts de formation des employés d'entreprises d'économie sociale et d'accorder, par ailleurs, des contrats au secteur privé. « Quand on aide une entreprise, ça ne veut pas dire qu'on va donner tous les contrats à cette entreprise-là », affirme M. Barrette.

    Enfin le ministre dit que ce « petit contrat d'un million de dollars » doit être considéré dans une perspective plus vaste, soit celle que Québec investit 1,3 milliard de dollars dans les soins à domicile, dans le réseau public.

    Le point de vue du CISSS

    Le CISSS de Laval rappelle que les entreprises privées ont tout à fait le droit de déposer des soumissions pour des services de soins à domicile. Les contrats doivent être accordés « sans discrimination liée à la nature de l'organisation », précise l'agente d'information Paula Beaudoin.

    Mme Beaudoin affirme par ailleurs que le prix proposé n'a pas été le seul critère de sélection à la fin du mois d'août. Il y avait aussi la qualité des services.

    Des préposés qui ne gagnent guère plus que le salaire minimum dans le privé

    En 2015, le gouvernement s'est engagé à améliorer l'accès aux marchés publics pour les entreprises d'économie sociale, des organisations administrées par des citoyens pour les citoyens, sans but lucratif.  Dans le Plan d'action de Québec, on peut lire : « Le gouvernement encouragera une meilleure participation des entreprises d'économie sociale aux appels d'offres des marchés publics. »

    Le contrat du CISSS de Laval a été octroyé à une compagnie privée pour un coût de service de 18 $ de l'heure. À ce prix là, une fois les charges retirées, les préposés aux bénéficiaires, principalement des femmes, gagnent aux alentours du salaire minimum.

    « Nous, on a la responsabilité d'offrir des services de qualité avec des emplois convenables et des conditions de travail convenables. 18 $ de l'heure, pour nous, c'est impossible », explique Benoit Caron. Les entreprises d'économie sociale en soins à domicile se situent entre 22 $ et 26 $ de l'heure. 

    Dans ce contexte, le monde de l'économie sociale demande à Québec d'ajouter des critères sociaux dans les appels d'offres, sous forme de pointage supplémentaire, afin que le plus bas coût ne soit pas le critère déterminant. Dans son Plan d'action, le gouvernement évoque cette idée, sans s'y engager. 

    La qualité des soins en question

    L'entreprise qui a remporté le contrat s'appelle L'Agence. Elle se spécialise dans le placement de personnel de la santé. Sa directrice des opérations, Chantal Hubert, assure que L'Agence « fait de la qualité et respecte toutes les normes ». Impossible toutefois de savoir quel salaire est versé aux employés qui offrent des soins à domicile : « information privilégiée ». Impossible aussi de savoir s'ils bénéficient d'avantages sociaux.

    « La compétition est très féroce », explique Chantal Hubert pour justifier le prix bas proposé. Elle mentionne que des entreprises ont même remporté des contrats en soin à domicile à Montréal avec une soumission à 16 $ de l'heure. « On se demande comment ils paient leurs employés », s'interroge-t-elle à son tour. 

    Le vieillissement de la population fait miroiter d'alléchants contrats publics de plusieurs millions de dollars dans le domaine des soins à domicile, le réseau public n'étant pas suffisant pour répondre à la demande.

    « C'est toujours la question d'argent », déplorait Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN dans un récent reportage de Radio-Canada. « Le gouvernement y voit un coût financier moindre étant donné que les conditions de travail [et les conditions salariales sont moindres dans le privé. »

  • 26-08-2016 Faire du bénévolat pour bien vieillir

     

    senioractu.com

    Ce n’est clairement pas la première étude à montrer que le bénévolat est bon pour le bien-vieillir. Mais incontestablement, ces chercheurs britanniques enfoncent le clou : donner de son temps pour les autres favorise le bien-vieillir autant mentalement que physiquement ! A bon entendeur…

    Cela fait des années que scientifiques, psychologues et sociologues savent que donner de son temps pour les autres est bon pour la santé mentale et physique des seniors et des personnes âgées. Il suffit pour s’en convaincre de suivre l’exemple de Mary Cotter, 103 ans, qui vient en aide, bénévolement, aux résidents âgés d’un hôpital américain depuis un quart de siècle ! 
      
    Cette nouvelle étude réalisée par des chercheurs britanniques des Universités de Southampton et de Birmingham ne fait donc que confirmer ce que l’on sait déjà… Mais il est toujours bon de le rappeler ! 

    Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques analysé les informations et dossiers médicaux d’une cohorte de 66.343 personnes comprenant 47% d’hommes*. 
      
    Dans un premier temps, les chercheurs ont noté qu’une large majorité des personnes (80%) n’était pas impliquée dans des actions bénévoles. Sur ceux qui restent, seul un quart des individus de 60/74 ans donnent de leur temps et de leur énergie pour les autres (17% chez les plus jeunes). Comme souvent, les scientifiques ont également constaté que les femmes étaient plus impliquées que les hommes : 22% vs 17%. 
      
    Parmi tous les répondants, le score GHQ (bien-être émotionnel) était meilleur (donc plus bas) chez ceux qui effectuaient régulièrement des actions de volontariat et le moins bon (donc plus élevé) au sein du groupe qui ne se portait jamais volontaire. Autre point important, les bénéfices du bénévolat n’apparaissent pas avant la quarantaine mais pourrait durer jusqu’à 80 ans ! Le fait d’être marié, le niveau d’instruction et la classe sociale ne semblent pas avoir d’effet sur les résultats. 
      
    Il semblerait que ces bienfaits viennent du contact humain qui renforce l’équilibre mental et physique. Cette étude a paru dans la revue médicale BMJ Open. 

  • 24-08-2016 Maintien à domicile des personnes âgées: Québec ajoute 22 millions

    La Presse Canadienne

    Quelques milliers de personnes âgées souhaitant demeurer dans leur maison le plus longtemps possible auront droit à un coup de pouce du gouvernement, qui vient d'annoncer un investissement global de 22,2 millions de dollars destiné au maintien à domicile.

    L'annonce a été faite mercredi à Lévis par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, entouré de quatre autres ministres.

    Il est cependant difficile de dire dans quelle mesure l'annonce de mercredi viendra compenser les importantes compressions budgétaires ayant affecté ce secteur d'activités au cours des dernières années.

    Dans un premier rapport en 2012, puis dans un second en 2015, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, avait dénoncé l'impact grandissant de la diminution des services de maintien à domicile offerts aux personnes âgées, fustigeant les délais d'attente, l'épuisement des proches aidants et les trop grandes disparités régionales. Elle concluait qu'il fallait remédier à la situation de toute urgence.

    En fait, la contribution additionnelle annoncée mercredi par le ministère de la Santé atteint 8 millions, un montant qui vient compléter l'investissement de 52 millions précédemment annoncé en juillet pour l'année en cours.

    Le gouvernement Couillard s'est engagé à injecter 150 millions en cinq ans pour assurer l'autonomie des personnes âgées, en renforçant les services de soutien à domicile, notamment pour les aider à accomplir des tâches domestiques, préparer des repas et faire les courses, et ainsi retarder le déménagement en centre d'hébergement.

    L'annonce de mercredi représente environ 600 000 heures de services supplémentaires à offrir. Théoriquement, 5400 personnes additionnelles pourraient en bénéficier. Ou encore, celles qui reçoivent déjà de l'aide pourraient voir le nombre d'heures auxquelles elles ont droit augmenter.

    Par exemple, certaines personnes qui reçoivent actuellement deux heures de services par semaine pourront éventuellement en recevoir trois, « ce qui n'est pas banal », selon le ministre Barrette.

    Actuellement, 91 000 personnes âgées reçoivent un peu d'aide gouvernementale à domicile chaque semaine.

    En conférence de presse, M. Barrette n'a pas voulu s'aventurer à évaluer quel pourcentage des besoins était comblé, grâce à cette annonce.

    « Chose certaine, le nombre de personnes qui auront besoin de ces services-là ira en augmentant », a-t-il dit, constatant que 18 % de la population québécoise avait plus de 65 ans.

    Le ministre Barrette a rappelé que le Québec n'arriverait jamais tout seul à répondre à l'explosion de la demande à venir, exhortant Ottawa à faire sa part.

    Le gouvernement Trudeau s'est engagé à consacrer 3 milliards en quatre ans au soutien à domicile, a-t-il commenté, mais il n'y a toujours « pas un seul sou d'investi » jusqu'à maintenant dans ce secteur.

    De son côté, la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a fait un lien entre ce type de services et l'expansion de l'économie sociale. Elle a annoncé un soutien financier à hauteur de 12 millions pour mener à bien un programme de formation de 4500 préposés à l'aide à domicile d'ici un an. Ce programme sera géré par la Fédération des coopératives de services d'aide à domicile.

    « L'économie sociale est un trait d'union fondamental », a-t-elle indiqué, en cette époque de changements démographiques et de vieillissement de la population.