Hébergement d’aînés vulnérables en RPA : un changement de culture s’impose

À la lumière des informations révélées par La Presse faisant état de « dizaines de places dans des résidences pour aînés de Montréal achetées par le réseau de la santé afin de libérer des lits d’hôpitaux occupés par des individus en attente d’une place dans un CHSLD », le Réseau FADOQ se questionne sur les critères choisis par les établissements publics de santé au moment de signer des ententes avec des résidences privées pour aînés (RPA).

« À la lumière des cas de résidents négligés et de manque de personnel qui sont évoqués, on est en droit de se demander sur quelles grandes lignes directrices se fient les autorités gouvernementales lorsqu’elles approchent une résidence privée pour aînés afin de lui confier des patients dont l’état de santé peut être très lourd », s’inquiète le président du Réseau FADOQ, Maurice Dupont.

Ce phénomène traduit le véritable problème de fond, à savoir que le gouvernement éprouve beaucoup de difficulté à composer avec le manque de places en CHSLD.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le Réseau FADOQ ne comprend pas pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) paie le plein prix pour des places dans des RPA qui ne sont pas adaptées à la lourdeur des cas. Au final, il en résulte un envoi du personnel des Centres intégrés universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) et des Centres intégrés de santé et services sociaux (CISSS) dans ces résidences afin de pallier le manque de ressources pour répondre aux besoins de ces aînés qui sont parmi les plus vulnérables de la société.

« Les familles font confiance aux recommandations des CIUSS quand vient le temps de placer leurs proches dans une RPA. Elles sont en droit de s’attendre à ce que la qualité des services reçus dans ces établissements soit adéquate », soutient M. Dupont.

La ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a laissé savoir qu’elle travaillait avec sa collègue et ministre de la Santé, Danielle McCann, à changer une culture qualifiée d’inacceptable. Le Réseau FADOQ s’attend donc à un changement concret, et ce, très rapidement.