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Lettre ouverte : Et si le Québec devenait la nation la plus active au monde?
Voici une lettre ouverte que nous avons cosignée avec des personnalités des milieu...
Voici une lettre ouverte que nous avons cosignée avec des personnalités des milieux du sport, de la médecine, de la santé publique, des arts, des affaires, de l’éducation, du développement des communautés ainsi que des Premières Nations.
Nous sommes issus des milieux du sport, de la médecine, de la santé publique, des arts, des affaires, de l’éducation, du développement des communautés ainsi que des Premières Nations. Nos parcours diffèrent, mais nous partageons tous une même conviction : le Québec doit faire du sport, de l’activité physique et du plein air un véritable projet de société. Et ce projet doit commencer maintenant.
Nos modes de vie ont changé. Les écrans occupent une place immense, les occasions de bouger spontanément se raréfient, les familles courent après le temps et l’accès aux activités varie fortement d’un milieu à l’autre. Notre population vieillit et le poids des maladies chroniques s’accroît, pendant que notre système de santé est soumis à une pression toujours plus grande.

Les données québécoises sont pourtant frappantes. Selon l’INSPQ, près d’un adulte sur deux demeure sous le seuil recommandé de 150 minutes d’activité physique modérée ou vigoureuse par semaine. Chez les jeunes, le constat est tout aussi préoccupant : seulement 18 % des 12 à 17 ans atteignent le niveau recommandé d’activité physique – 23 % des garçons et 13 % des filles.
Ces chiffres parlent de prévention, de santé mentale, d’autonomie, de socialisation, de plaisir et de qualité de vie, mais aussi de notre défi collectif à prévenir la maladie et à préserver notre système de santé. Investir dans la prévention, ce n’est pas seulement améliorer le bien-être de la population : c’est choisir dès aujourd’hui de bâtir le Québec de demain.
Un écosystème favorisant l’activité physique
Nous avons longtemps demandé aux individus de faire le choix de bouger. Nous devons maintenant nous demander si notre écosystème rend ce choix simple, accessible et attrayant à chaque étape de la vie.
Faire bouger le Québec, c’est permettre à un enfant de découvrir le plaisir de courir, lancer, sauter, nager, patiner, de découvrir le territoire et de développer ses compétences de base. C’est offrir davantage de choix à un jeune de 15 ans qui aime encore son sport pour continuer à le pratiquer dans un environnement sain et rester actif à long terme.
C’est aussi tirer pleinement avantage de l’immense terrain de jeu que nous offre le Québec. Une famille peut vivre à proximité d’un parc, d’un lac, d’une infrastructure sportive ou d’un espace naturel sans avoir facilement accès à celui-ci. Faire bouger le Québec, c’est rendre plus simple le fait de se promener, pagayer, skier ou simplement aller jouer dehors, dans toutes les régions et dans tous les milieux.
C’est enlever les obstacles et permettre à une personne de 70 ans de continuer à marcher, à faire du vélo, à suivre un cours d’aquaforme ou à participer à une activité de groupe, afin de rester active, autonome et bien entourée.
C’est aussi mieux soutenir les personnes qui rendent cette pratique possible. Trop souvent, un entraîneur bénévole commence par donner quelques heures aux jeunes et finit par gérer les horaires, les inscriptions, les parents, les officiels et l’administration. Lorsqu’il quitte, une partie du programme vacille.
Nous disposons pourtant d’atouts extraordinaires : des écoles, des municipalités engagées, des installations et organisations sportives, des parcs, des lacs, un immense territoire et des milliers de personnes passionnées. Nous avons aussi des athlètes d’exception qui inspirent le Québec. Participation, plaisir et performance peuvent avancer ensemble.
Un modèle qui doit évoluer
Ce qui doit évoluer, c’est le modèle qui relie tout cela. Il s’est construit au fil des cinquante dernières années. Les réalités familiales, scolaires, professionnelles et démographiques de 2026 commandent maintenant une nouvelle ambition.
Nous devons nous demander collectivement comment transformer ce modèle à partir des besoins d’aujourd’hui et de demain. Quelle place donnerions-nous à l’école, aux municipalités, au plein air, à la pratique libre, à l’éducation physique, au sport organisé et à la prévention? Comment assurerions-nous que la population reste active de l’enfance jusqu’au vieillissement? Comment utiliserions-nous mieux les infrastructures et le territoire que nous possédons déjà?
La discussion amorcée ces derniers jours dans les médias par le milieu du sport, de l’activité physique et du plein air doit maintenant s’élargir. Nous souhaitons y voir participer les médecins, les chercheurs, les écoles, les municipalités, les Premières Nations, les Inuits ainsi que les employeurs, les familles, les jeunes, les personnes aînées et les décideurs politiques.
Nous consacrons collectivement des milliards au traitement de la maladie. Donnons-nous une ambition tout aussi grande pour prévenir celle-ci et créer les moyens concrets qui permettent à la population de rester en santé.
Devenir la nation la plus active est le projet de société le plus rassembleur, le plus économique et le plus porteur d’espoir que nous puissions offrir à toute la population au Québec. Les réseaux sont prêts, les acteurs sont unis, il ne manque plus qu’un signal politique!
Faire bouger le Québec relève de nous tous. Faisons-en maintenant une priorité nationale et un véritable projet de société.
Signataires