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Trouver sa vérité dans les airs : un membre FADOQ adepte de sport extrême

Quand la voiture démarra et prit la direction de la Gaspésie, il y avait deux Québécois et deux Ontariens à bord. Les intentions du quatuor étaient claires : gravir le mythique Rocher Percé et sauter en parachute à partir de son point le plus élevé, à 88 mètres de hauteur pour ainsi dire. Ce n’est pas, vous en conviendrez, une activité du dimanche pour le commun des mortels que nous sommes.

C’est que Bert et ses amis sont des spécialistes d’un sport extrême qui s’appelle le base jump, et qui consiste à sauter avec un parachute depuis des structures fixes comme le sommet d’une tour, et non à partir d’un avion. Dans cette discipline, qui selon ses dires, mêle à la fois sensations fortes, concentration, logique, philosophie, peur et même chance, chaque saut peut être le dernier. Que réserve le destin aux quatre comparses engagés dans cette aventure périlleuse?

Bertrand Cloutier, Bert pour les intimes, est un membre FADOQ de 72 ans, d’ailleurs médaillé d’argent aux Jeux FADOQ de 2025 à l’épreuve du 10 km dans sa catégorie. Du plus loin qu’il s’en souvienne, il a toujours voulu voler dans les airs comme un oiseau. « Tu vois les quatre éléments, le feu, l’air, l’eau et la terre? Mon truc à moi, c’est l’air. », avoue-t-il candidement.

Pour ce natif de Normandin au Lac-St-Jean, le déclic est arrivé déjà vers l’âge de 4 ans alors qu’il regardait ses émissions d’enfance préférées à la télévision : CF-RCK et Les Hommes volants. Mais si on en croit son père, sauter en parachute et piloter des avions ont toujours été les obsessions du petit Bertrand.

Des années plus tard, quand ce dernier deviendra un parachutiste dans la vingtaine, il réussira même à convaincre toute sa famille d’essayer sa passion. « Nous étions 8 enfants chez nous, plus mes deux parents. C’est qui ai donné le cours à tout le monde, et nous avons tous sauté. Ce qui nous donnait à l’époque le record du plus grand nombre de membres d’une même famille à sauter ensemble. », confie le résident de Lévis. Sa mère avait alors 63 ans et son père 77.

Tout au long de sa carrière, Bert Cloutier a accumulé un solide actif de 5000 sauts en parachute, 1700 sauts en base jump et 2500 heures comme pilote d’avion. C’est donc à juste titre que certains sur le circuit le surnomme « Papa Oiseau ».

Une histoire de chimie et de coup de foudre

La Gaspésie, donc. Cette histoire est importante parce qu’elle résume assez bien la passion de Bert pour l’apesanteur. Sur le chemin vers Percé, le groupe croisa une structure qui semblait plus imposante que leur première cible. Par un coup de regard, et sans trop de bavardage la mission venait de changer : adieu Rocher Percé, et bonjour Éole, la plus haute éolienne à axe vertical au monde.

Depuis le début, vous vous demandez sans doute pourquoi quelqu’un de raisonnable irait se lancer depuis des hauteurs inimaginables, qu’est-ce qui différencie Bertrand et ses amis du commun des mortels?

Pour Bertrand, ancien fonctionnaire à la ville de Québec, c’est d’abord et avant tout une question de chimie. « Certaines personnes qui ont tendance à prendre des risques présentent un taux inhabituellement faible en monoamines-oxydases (MAO). C’est ce qui leur permet de penser en dehors du cadre et de faire montre de bravoure. Ce sont des créatifs, des inventeurs qui n’ont pas peur de tester leurs propres limites. », soutient-il.

Bert raconte que devant un danger, les individus réagissent de trois façons différentes, les 3F : Figer, Fuir ou Foncer. Pour les gens avec un MAO très bas, il s’agira toujours de foncer. « Je pense d’ailleurs que nos prisons sont remplies de gens comme ça. De gens audacieux capables d’être de grands inventeurs, de grands poètes, de grands compositeurs, de gens dont on n’a pas su canaliser la bravoure et qui se sont retrouvés à l’exploiter pour les mauvaises raisons. », avance-t-il.

Ce n’est pas tout. Un faible MAO vous permet peut-être de sauter une première fois mais ce n’est pas nécessairement ce qui pousse à continuer. « Au moment du premier saut, vous vivez une décharge émotionnelle. Des hormones appelées phényléthylamines (PEA) sont produites par le cerveau. Ces mêmes hormones sont observées quand une personne vit un couper de foudre. Donc sauter, c’est tomber en amour à chaque fois. », affirme Bert.

Prendre plus de risque avec le base jump

Le quatuor arriva à grimper de peine et de misère la structure éolienne entre désillusion et espoir parce qu’elle ne leur semblait pas assez haute, ou au contraire qu’elle leur semblait suffisamment élevée selon où les quatre amis se trouvaient dans la montée.

D’une hauteur de 110 mètres, Éole, avec sa structure verticale et son allure en forme d’œuf, est né d’un projet d’Hydro Québec à Cap-Chat en Gaspésie. À l’arrêt depuis des années, elle est devenue un site touristique majeur dans la région.

Le problème avec la molécule de l’amour, c’est qu’on prend de plus en plus de risque pour le ressentir. Et c’est justement ce qu’offre le base jump. « Dans un saut en parachute, à partir d’un avion, il y a un moment où tu dois absolument sauter, tu es sous pression. Au base jump, c’est plus difficile parce que tu es seul au monde, c’est toi qui choisis le moment, et parfois, tu peux rester au sommet pendant une heure avant de prendre la décision de sauter. C’est à ce moment-là que tu deviens philosophe malgré toi. », d’expliquer Papa Oiseau.

Des sauts, il en aura réussi de magnifiques tout au long de sa carrière. Que ce soit du haut d’une falaise ou d’un pont, en Norvège, en France, en Chine, en Suisse aux États-Unis ou au Canada avec son saut du haut du Stade olympique, le Québécois a toujours su impressionner ses pairs auprès de qui il jouit d’une belle réputation.

L’amour de la vérité

Une fois au sommet d’Éole en Gaspésie, les Québécois sont invités à sauter en premier parce qu’ils étaient chez eux. Pour se préparer, chaque sauteur rentre dans sa bulle, personne ne parle vraiment. Chacun a sa propre technique pour dominer sa peur.

Dans sa tête, chaque sauteur doit se demander s’il a le courage d’aller de l’avant mais par-dessus tout, il doit faire la paix avec la mort. Un saut, c’est un moment de vérité, une fois qu’on l’a vécu, on ne peut plus retourner en arrière. C’est cet amour de la vérité qui par définition transforme les sauteurs en philosophes.

C’est le meilleur ami de Bert qui se lança le premier. Des années plus tard, lors d’un autre périple, il perdra la vie pendant un saut. Est-ce que Bertrand a songé arrêter le base jump à ce moment-là? C’est comme demander à un oiseau d’arrêter de voler, impossible.

Cette fois-là, depuis le sommet d’Éole, le premier Québécois réussit son saut, ce qui inspira Bert qui passait en deuxième. « J’ai eu une idée, je me suis dit que je vais non seulement sauter mais essayer de passer entre les bras de la structure, et comme ici on parle d’Éole, je pourrais dire que je suis passé dans les bras du dieu du vent. »

Bert sauta. Son courage nous confronte, nous pousse à questionner nos propres peurs. Bert réussit un saut magnifique, comme il l’avait imaginé. C’est la bombe atomique émotionnelle. Son cerveau est bombardé d’amour. C’est de l’amour pur, de la plénitude, une épiphanie qui laisse entre les mains du vent : un homme et sa vérité.

Source: FADOQ